L’hôpital monégasque est coincé entre deux chantiers d’envergure : le nouveau CHPG en cours de construction, et le futur immeuble domanial Le Bel Air positionné plus haut, dont la démolition commencera prochainement. Comment limiter les nuisances sonores face à ces travaux gargantuesques ? Les réponses du gouvernement
Décidément, le CHPG n’en finit pas de cohabiter avec des engins de construction… Alors que l’établissement hospitalier subit déjà depuis plusieurs années le chantier du nouvel hôpital (situé à proximité immédiate), voilà qu’une deuxième opération immobilière d’envergure est sur le point de commencer : la démolition/reconstruction de l’immeuble domanial Le Bel Air situé plus haut, au 64 boulevard du Jardin exotique « Ce chantier a une position très délicate puisqu’il est situé à l’arrière de l’hôpital », avait expliqué il y a quelques mois, Pierre Dartout, le ministre d’État. Pour faire en sorte de limiter au maximum les nuisances sonores, les vibrations et la poussière, un comité « spécialisé et indépendant » d’experts, a été créé et a rencontré à plusieurs reprises les entreprises chargées de la construction, mais aussi le service des travaux publics ainsi que la Commission médicale d’établissement (CME) du CHPG. Objectif : s’assurer que les protections envisagées et les contraintes acoustiques imposées aux constructeurs soient suffisantes pour ne pas perturber le bon fonctionnement des services hospitaliers et la quiétude des malades. Pas une mince affaire… En tout cas, le gouvernement l’assure, le maximum a été fait.
« Un axe fort de l’appel d’offres que nous avons lancé est justement l’interdiction formelle de pénétrer dans l’emprise de l’hôpital. Les camions et autres installations de chantier se situeront au-dessus, au niveau du boulevard du Jardin exotique »
Des écrans acoustiques et des fenêtres de protection
Selon Céline Caron-Dagioni, plusieurs protections sont d’ores et déjà opérationnelles. « Des sur-fenêtres de protection avaient déjà été posées sur une partie de la façade de l’hôpital lors du démarrage du chantier du nouveau CHPG. D’autres ont été installées sur les zones exposées au chantier du Bel Air », a indiqué ce membre du gouvernement lors des récentes séances budgétaires. Des capteurs ont également été posés à l’intérieur de nombreux services sensibles. Objectif : « pouvoir analyser ce que l’on appelle “le point zéro” », a encore indiqué Céline Caron-Dagioni. En clair, si l’entreprise chargée de la démolition de l’immeuble dépasse un certain seuil de nuisance, le chantier doit être interrompu et de nouvelles mesures instaurées pour diminuer la pollution sonore. « Lors de la consultation, nous avons également demandé aux entreprises de nous proposer toutes les mesures les moins impactantes possibles. Notamment l’utilisation de certains outillages électriques, mais aussi une destruction à la pince mécanique et non pas aux brise-roches hydrauliques (BRH) », a détaillé Céline Caron-Dagioni. Bien sûr, des bâches et des écrans acoustiques seront également installés.
Des sas de dépollution
Car au-delà des nuisances sonores, la qualité de l’air devra également être scrutée au peigne fin dans cette zone sensible. C’est la raison pour laquelle, les centrales de traitement d’air (CTA) positionnées sur les toits de l’hôpital auront un rôle important. « Des filtres plus performants ont été posés. Cela permet de détecter tout risque environnemental », a rajouté de son côté le conseiller-ministre aux affaires sociales et à la santé, Christophe Robino. Des arrosages seront également effectués pour éviter que les poussières ne s’envolent dans l’air. Autre mesure mise en place dans ce domaine : des sas, entre deux portes d’accueil, ont été installés pour que lorsqu’un visiteur vient de l’extérieur, il puisse se nettoyer les pieds et ne pas drainer de la pollution à l’intérieur. « Ces sas permettent de créer un secteur intermédiaire isolant entre l’intérieur et l’extérieur. C’est une manière de dépolluer ou en tout cas de faire en sorte de limiter au maximum l’entrée de poussière dans les services », a rajouté Christophe Robino. Le gouvernement a également assuré que le chantier du Bel Air ne va pas freiner l’accessibilité des visiteurs et des secours au CHPG et au Centre Rainier III. « Un axe fort de l’appel d’offres que nous avons lancé est justement l’interdiction formelle de pénétrer dans l’emprise de l’hôpital. Les camions et autres installations de chantier se situeront au-dessus, au niveau du boulevard du Jardin exotique. Il n’y aura rien sur les voies d’accès principales qui sont situées plus bas, sur l’avenue Pasteur », a assuré Céline Caron-Dagioni.
Lire aussi l’article : « Immeuble domanial Le Bel Air : un nouveau projet version XXL »
