Les ports de plaisance sont exposés à des risques de pollutions, souvent accidentelles. Elles peuvent être d’origine et de nature très variées. Comment la Société d’exploitation des ports de Monaco (SEPM) lutte-t-elle contre ces rejets marins ?
Lorsqu’on parcourt la charte de bonne conduite édictée par la SEPM (1) à destination des plaisanciers de la Principauté, on comprend que la liste des pollutions qui peuvent émaner des navires est longue… Eaux noires, eaux grises, hydrocarbures, et autres produits toxiques peuvent en effet venir troubler les eaux marines. Voilà pourquoi, dans cette charte, des règles élémentaires ont été édictées. Pêle-mêle, on peut lire notamment : « ne rien jeter dans les ports », « aucun dépôt sauvage ne sera toléré sur les pontons et en bord de quai », ou encore « les rejets d’eaux usées dans les ports sont formellement interdits ». Le parfait plaisancier doit aussi ne déverser « aucun produit toxique dans le milieu aquatique » mais aussi déposer ses déchets spéciaux ou dangereux dans des containers prévus à cet effet. Il doit bien sûr également contrôler quotidiennement son embarcation par rapport à d’éventuelles fuites, notamment d’hydrocarbures.

« Nos agents sont nos yeux et surveillent »
Pour que les ports monégasques soient le plus propre possible, la SEPM veille donc quotidiennement au grain et multiplie les initiatives. « Tous nos agents, et notamment ceux dédiés à l’environnement sont nos yeux et surveillent quotidiennement que les plaisanciers respectent bel et bien ces consignes », assure Olivier Lavagna, directeur général de la SEPM. Au-delà du tri sélectif, la collecte des ordures ménagères est effectuée jusqu’à 3 fois par jour en saison sur le périmètre portuaire. Quant aux eaux usées provenant soit des installations sanitaires embarquées (eaux noires), soit des eaux ménagères de vaisselle ou de lavage (eaux grises), elles sont également récupérées. Des containers pour récupérer les batteries, les huiles usagées et autres filtres à huile sont également à la disposition des plaisanciers. « Nous récupérons aussi les fusées de détresse », rajoute Olivier Lavagna. Annuellement, des campagnes de nettoyage des ports sont également effectuées auxquelles viennent se rajouter des actions de sensibilisation. Des plongeurs effectuent notamment des plongées pour ramasser les macro-déchets. « Il peut nous arriver de faire appel à des sociétés spécialisées prestataires lorsque nous sommes confrontés à des pollutions d’une certaine ampleur ou nécessitant des moyens particuliers ». Selon Olivier Lavagna, la qualité des eaux des ports monégasques est donc « bonne ».

En cas de pollutions accidentelles voire intentionnelles, des sanctions existent. « La division de la police maritime et aéroportuaire de la Sûreté Publique ainsi que la direction des affaires maritimes sont saisies. Des agents assermentés interviennent, constatent et ouvrent un dossier judiciaire si l’infraction le requiert »
Conscience écologique des plaisanciers ?
Quant aux plaisanciers, est-ce que tous respectent ces consignes ? « Globalement oui, répond encore le directeur général de la SEPM. On sent bien que la protection de l’environnement est devenue une cause faisant évidence. Il faut, bien sûr, être présent et surveiller, mais il y a une prise de conscience, une sensibilité et un sens des responsabilités écologiques de plus en plus forts chez les plaisanciers. » Et si ces derniers sont à l’origine de pollutions accidentelles voire intentionnelles, des sanctions existent-elles ? « Bien sûr, la division de la police maritime et aéroportuaire de la Sûreté Publique ainsi que la direction des affaires maritimes sont saisies. Des agents assermentés interviennent, constatent et ouvrent un dossier judiciaire si l’infraction le requiert », rajoute Olivier Lavagna. Autant d’actions qui ont permis aux ports de Monaco d’être notamment certifiés “Ports propres dès 2011” et “Ports propres actifs en biodiversité” depuis fin 2020.
1) Accessible en ligne sur le site internet de la SEPM
