jeudi 16 avril 2026
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    Chantiers : « Le gouvernement a tiré des leçons »

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    POLITIQUE/Chantiers à l’arrêt ou cumulant de gros retards, défauts de construction… S’ils sont le signe d’une bonne santé économique, les nombreux chantiers publics actuellement menés à Monaco connaissent aussi de lourds dysfonctionnements. En séance publique, élus et gouvernement ont énuméré les solutions pour éviter que les catastrophes d’Apolline et Hélios se reproduisent.

     

    S’il y a un service qui ne chôme pas actuellement au sein de l’administration, c’est bien celui des travaux publics… Il faut dire que les chantiers actuellement menés en Principauté cumulent un nombre infini de problèmes et de dysfonctionnements. Si les exemples les plus symptomatiques sont les immeubles domaniaux Apolline et Hélios, on peut citer également les 35 mois de retard prévus pour la construction du nouveau CHPG, ou encore la suspension de l’opération Pasteur. Chantier devant accueillir, entre autres, le nouveau collège. Au-delà des retards et des dysfonctionnements de construction, c’est aussi la multiplicité des chantiers qui est pointée du doigt. Pour les élus, pas de doute. Ces « chantiers à problème » et leur surnombre provoquent une dégradation nette de la qualité de vie à Monaco. Et portent forcément un coup dur aux deniers publics : « Les retards s’accumulent. Les surcoûts aussi », déplore la majorité au conseil national. « Trop de chantiers ! Pas de phasage de ces chantier ! Trop de bruit ! Trop de dérogations ! Trop de trafic ! Trop de crises de la construction ! a énuméré en séance publique l’élu Primo ! Fabrice Notari, également président de la commission environnement et qualité de vie. Les Monégasques et les résidents ont le droit à la tranquillité. Ils la réclament ! » Le conseil national a donc demandé au gouvernement de revoir totalement la copie. Et de remettre à plat toutes les procédures dans ce domaine.

    Encadrement de la sous-traitance

    « Les problèmes rencontrés à Hélios et aux Jardins d’Apolline nous amènent à demander au gouvernement de revoir très sérieusement les procédures d’appels d’offres, les conditions de suivi de chantiers, l’encadrement de la sous-traitance et surtout le choix des entreprises avec lesquelles il travaille, a énuméré le président de la commission des finances, Balthazar Seydoux. Tous les enseignements utiles doivent être tirés de cette catastrophe Que ce soit sur ses origines, ses responsabilités, la gestion de crise y afférente ou encore la communication publique, qui, sur ces sujets sensibles, n’a pas été à la hauteur. » La majorité a également pointé du doigt le nombre jugé « excessif » de marchés qui sont conclus de gré à gré, sans appel à concurrence, « pour des montants très importants, ce qui ne peut être accepté. Si l’on peut comprendre que dans des situations tout à fait exceptionnelles, ce procédé de passation des marchés puisse être envisagé, la règle doit demeurer l’appel à concurrence pour la préservation des deniers publics et de l’impartialité de l’État. »

    « L’heure est venue de moderniser nos procédures »

    Face à cette avalanche de dysfonctionnements, le gouvernement assure ne pas être resté les bras croisés. « Nous en avons tiré les leçons », estimé Marie-Pierre Gramaglia, conseiller-ministre à l’équipement et à l’urbanisme. « L’heure est venue de moderniser nos procédures, à la lumière des défaillances constatées », a rajouté de son côté le ministre d’État, Serge Telle, selon qui, le gouvernement et les travaux publics ont opéré un « exercice utile d’introspection ». Concrètement, qu’est-ce qui va changer ? Premièrement, les entreprises qui ont fauté seront à l’avenir quasi blacklistées par le gouvernement : « Les entreprises dont les défaillances auront été démontrées ne seront plus bénéficiaires de commandes publiques et se verront déclassées dans nos procédures », a indiqué le ministre d’État. Pour ce faire, la direction des travaux publics devra mener une évaluation des entreprises et des prestataires. « Au mois de juin, nous avons informé l’ordre des architectes et la chambre patronale du bâtiment qu’une évaluation des maîtres d’œuvre et des entreprises va désormais être pratiquée. Cette évaluation aura une incidence sur les futurs appels d’offres pour les prestataires qui n’auraient pas donné satisfaction, avec soit, un abaissement de leur seuil, soit une non-consultation suivant le degré de mécontentement du maitre d’ouvrage », a précisé Marie-Pierre Gramaglia en séance publique.

    Professionnalisation des métiers du bâtiment

    Aure changement : le gouvernement assure que l’attribution des marchés ne se fera plus au moins-disant, mais au mieux- disant. « C’est la feuille de route que madame Gramaglia a fixée au nouveau directeur des travaux publics, Jean-Luc N’Guyen », a précisé Serge Telle. Quelle est la différence entre ces deux notions ? En clair, pour le moins-disant, le seul critère financier est retenu (en faisant parfois l’impasse sur les critères de qualité, d’efficacité et de pérennité), alors que dans le mieux-disant, c’est la notion de rapport qualité/prix qui est priorisée. Dit autrement : le prix n’est qu’une composante d’un ensemble d’autres critères (techniques, qualitatifs ou encore environnementaux) pris en compte. Autre annonce : une ordonnance souveraine a été mise au point « pour renforcer la professionnalisation des métiers du bâtiment. »

    « Responsabiliser » les architectes

    Quant aux architectes, ils n’ont pas été exclus de la boucle. Ces derniers ainsi que leur bureaux d’études devront à leur tour « se responsabiliser » davantage. « Pour les architectes et leurs bureaux d’études : il faut une direction de chantier proactive et présente sur site. Si les architectes n’arrivent pas à attirer de solides compétences en direction de chantier, nous ferons appel aux prestataires de qualité qui sauront y parvenir. » Concernant enfin les marchés passés de gré à gré, ils ne seraient pas, selon Serge Telle, aussi nombreux que le conseil national le dit : « Les rares opérations de ce type engagées dernièrement comme le Portier et la surélévation des Jardins d’Apolline n’ont pas vocation à se reproduire, ni à se généraliser. » Reste à savoir si toutes ces mesures permettront à l’avenir de ne plus jamais revivre un Apolline ou un Hélios bis.

    _Sabrina Bonarrigo.

     

    RETARD/

    La livraison du nouveau collège prévue fin 2022/début 2023

     

    Il fait partie des chantiers publics dont la livraison a dû être retardée… L’opération Pasteur a été momentanément arrêtée. Situé à l’ouest de la principauté, ce chantier construit sur les terrains de l’ancienne voie ferrée, doit accueillir le nouveau collège, une nouvelle médiathèque, ainsi qu’un immeuble de bureaux. « Le gouvernement a pris la décision de relancer un appel d’offres avant la fin de l’année, suite à un dépassement de près de 25 millions d’euros lors de l’ouverture des plis d’un seul lot : celui de génie civil concernant les fondations. C’est une décision de bon sens, que le gouvernement assume, car il en va de la préservation des deniers publics », a indiqué Serge Telle, le ministre d’État. Côté calendrier, le gouvernement a annoncé que la livraison du nouveau collège, est donc prévue fin 2022/début 2023.

     

    CENTRE COMMERCIAL DE FONTVIEILLE/

    « Un complexe cinématographique de 3 à 5 salles »

     

    Lors des séances budgétaires, le ministre d’État a donné quelques précisions sur le futur centre commercial. Selon le gouvernement, le projet n’est pas encore finalisé. « Le contenu du projet présélectionné n’est pas figé et des adaptations pourront être envisagées pour tenir compte des observations du conseil national », a indiqué Serge Telle. Parmi les requêtes de l’hémicycle figure la construction d’un immeuble domanial pour loger les Monégasques : « Nous avons d’ores et déjà demandé à l’opérateur d’examiner la faisabilité de construire en toiture du futur centre commercial des immeubles à usage d’habitation », a précisé Serge Telle. Côté cinéma, un complexe cinématographique de dernière génération avec une capacité de 3 à 5 salles devrait être construit. Autre annonce : l’hypermarché actuel sera conservé avec « les surfaces qui lui paraitront les plus adaptées ». Et le relogement de tous les commerçants actuels est également prévu. Avec la volonté de maintenir leur activité pendant les travaux.

     

     

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