Sur l’extension en mer comme dans quelques immeubles et appartements iconiques du Carré d’Or, les prix atteignent désormais des sommets… Plus de 100 000 euros le m2. Mais selon les professionnels, ces montants records restent encore l’apanage d’une poignée de biens d’exception.
À Monaco, les prix dépassant les 100 000 euros le mètre carré existent bel et bien. Mais ces montants vertigineux restent-ils réservés à une poignée de biens d’exception dans quelques immeubles emblématiques, ou une tendance qui se généralise de plus en plus ? D’après les professionnels interrogés par l’Obs’, cela relève encore de l’exceptionnel. « Au sein du projet Mareterra, c’est effectivement le niveau de prix, mais ailleurs, cela reste rare. Dans le Carré d’Or, certains immeubles très exclusifs, comme le 26 Carré d’Or, Le Mirabeau, La Petite Afrique, en étages élevés, peuvent aussi atteindre ou dépasser les 100 000 euros, mais cela reste limité à des appartements spécifiques », assure Kate Dorfman, directrice de l’agence Caroli Real Estate. Florian Valeri, gérant de BARNES Valeri Agency fait le même constate et cite également d’autres biens qui atteignent potentiellement ces niveaux de prix, notamment la résidence Villa de Rome située sur le boulevard de Suisse, qui propose de très grandes surfaces (plusieurs centaines de m2) avec une vue panoramique sur la mer, le port Hercule et le Rocher. Autre exemple, la Villa Hermosa également située au boulevard de Suisse. L’immeuble les Floralies, localisé tout près de la place du Casino, peut aussi dépasser le cap des 100 000 euros le m2, affirment d’autres professionnels, mais uniquement pour les appartements « du bon côté, en étage élevé, et avec vue sur les jardins des Boulingrins. »
Des biens qui cumulent tous les superlatifs
Des biens rares donc, qui, en dehors de l’extension en mer, se comptent « encore sur les doigts des deux mains », assurent les agents immobiliers, et dont les caractéristiques doivent cumuler tous les superlatifs : « Ces prix ne concernent que des biens exceptionnels, où plusieurs critères se cumulent : un emplacement privilégié, un immeuble de très haut standing, un niveau de rénovation et de finition irréprochable. Il faut vraiment que tous ces éléments soient réunis pour atteindre de tels montants », résume Sébastien Segond, co-gérant du groupe Segond Immobilier. D’autres professionnels travaillant dans le quartier de Monte-Carlo constatent toutefois que d’autres immeubles commencent peu à peu à flirter avec ces niveaux de prix. « Certains appartements du Park Palace ou du Sun Tower s’en rapprochent progressivement. En revanche, il faut préciser que certains biens sont affichés à 110 000 ou 120 000 euros le mètre carré, mais qu’ils ne trouvent pas forcément preneur à ces niveaux de prix. Le prix de vente réel de vente est plus bas », nuance Eugenia Petrini, directrice de l’agence Petrini Exclusive Real Estate Monaco.
Appartements XXL et politique d’attractivité
Comment en est-on arrivé à ces niveaux stratosphérique de prix ? Pour séduire une clientèle internationale fortunée, aux budgets parfois illimités et souvent déçue par la taille des biens à Monaco et le niveau des prestations, les promoteurs immobiliers ont revu leur stratégie. Exit les petites ou moyennes surfaces et les prestations standards : place à des biens hors norme, conçus pour répondre aux exigences les plus élevées. Les programmes de très grand standing se sont ainsi multipliés en Principauté : appartements XXL, penthouses, duplex, triplex ou villas contemporaines ont afflué sur le marché monégasque. « Il y a quelques années, Monaco manquait de grands appartements de très haut standing. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Des programmes comme 26 Carré d’Or, Petite Afrique, One Monte-Carlo, Mareterra ou Bay House ont comblé ce manque », complète Sébastien Segond. Une logique de construction qui s’accompagne d’une politique d’attractivité décidée par l’Etat. « Cela s’inscrit aussi dans la politique du gouvernement monégasque qui a mis en place des programmes comme le Monaco Private Label visant à attirer les plus grandes fortunes du monde, ajoute Ilona Blanchi, négociatrice chez Miells Christie’s. Désormais, la Principauté peut enfin proposer des biens très haut de gamme que cette clientèle recherche. »
L’ultra-luxe, un nouveau segment du marché monégasque
Les records de prix ne concernent pas seulement les ventes. Côté locations, les montants aussi atteignent parfois les 100 000 euros par mois, voir bien au-delà. Là encore, seuls les biens d’exceptions sont concernés, notamment au One Monte-Carlo, où par exemple un duplex de six pièces de 527 m², situé aux 3ème et 4ème étages est proposé à la location pour 170 000 euros par mois. Non meublé, le bien dispose de trois emplacements de parking, d’une cave, et donne accès à un service de voiturier, une piscine, une salle de fitness ainsi qu’un service de ménage. Pour Éric Cancemi, négociateur chez Miells Christie’s, ces biens à ces tarifs astronomiques marquent la naissance d’un nouveau segment sur le marché immobilier monégasque, celui de l’ultra-luxe. Et selon lui, ces niveaux de prix, dans ce segment, deviennent une « normalité ». « C’est clairement une nouvelle tranche du marché monégasque », indique-t-il Une vision partagée par Gilles Graille, responsable de Pacific Agency : « C’est comparable au marché automobile : il y a les voitures grand public, les sportives, et les hypercars. Ces biens-là, ce sont les hypercars de l’immobilier. »
