Parmi les outils utilisés par la police monégasque pour assurer la sécurité du territoire, le drone a une place centrale… Opérationnelle depuis 2020, une unité drone et lutte anti-drone a été créée en Principauté. A quoi sert-elle concrètement au quotidien ?
Monaco est connu pour être un territoire ultra sécurisé avec plus de 1050 caméras de vidéosurveillance et un effectif de près de 600 personnels. Mais en mars 2019, la police monégasque a décidé de monter encore d’un cran son arsenal sécuritaire en créant une unité de drone et de lutte anti-drone. Opérationnelle depuis 2020, elle compte aujourd’hui sept télépilotes (1). « Concernant le matériel, notre choix s’est porté sur des drones de taille moyenne pour faciliter leur mise en œuvre et leur transport », nous indique Richard Marangoni, contrôleur général en charge de la Direction de la Sûreté Publique. Concrètement à quoi servent-ils au quotidien ? La police monégasque nous indique que les drones sont utilisés en particulier lors d’évènements d’envergure comme les Grands prix ou les matches de football classés à risque. Ils peuvent également être employés à la demande, pour des missions spécifiques, comme les accidents du travail, la reconstitution d’un évènement, ou bien les deux derniers exercices du plan de secours RAMOGEPOL (2021-2022).
« Une vision différente et complémentaire »
Quelle est alors la plus-value amenée par ces engins au niveau sécuritaire ? « Le drone offre une vision différente et complémentaire des images de vidéo-protection retransmises par les caméras de ville. Ils complètent notre dotation technologique. Les images transmises peuvent être exploitées au Centre de Supervision et de Commandement Opérationnel (C.S.C.O) ou au PC Stade suivant le cas », rajoute Richard Marangoni. La police monégasque assure également que l’utilisation des drones s’est accompagnée de mesures destinées à protéger la vie privée. « Ainsi, à ce jour, l’emploi des drones pour des missions d’identification des personnes est proscrite. Il est également interdit de filmer les intérieurs privatifs ou des entrées d’immeuble. Il est aussi défendu aux opérateurs de faire voler les drones à une altitude inférieure à 60 mètres ce qui, compte tenu du matériel utilisé, empêche toute identification de personne, assure encore Richard Marangoni. Ces mesures permettent ainsi de concilier le développement des technologies de la sécurité et le respect de la vie privée. » Aujourd’hui, outre la Direction de la Sûreté publique, la Force publique dispose également d’unités drone créées dans le même esprit.
(1) Cette unité s’inscrit dans une réflexion engagée en amont par le département de l’Intérieur avec la création d’un groupe de travail drone (GT drone) et lutte anti-drone (LAD). Le but étant de recentrer les besoins des services opérationnels de l’État placés sous l’autorité de ce département (Compagnie des Sapeurs-Pompiers, Compagnie des carabiniers du Prince, Direction de la Sûreté Publique) avec la création d’une flotte mutualisable permettant d’optimiser à la fois l’efficacité opérationnelle et le déploiement des ressources.
