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    « L’industrie du yachting a besoin de trouver de jeunes acheteurs »

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    Après un arrêt total pendant la crise du Covid-19, l’industrie du yachting connaît aujourd’hui un boom fulgurant. Du 28 septembre au 1er octobre 2022, plus de 20 000 visiteurs sont attendus sur le port Hercule pour découvrir ce qui se fait de mieux, et désormais de plus écologique. Les éclairages avec la directrice de l’événement, Gaëlle Tallarida.

     

    En quoi cette nouvelle saison est-elle différente des autres ? 

    On réfléchit sans cesse à renouveler l’offre du Yacht Show. Je me mets énormément de pression. Dès que l’événement est terminé, je me dis qu’on doit faire mieux l’année d’après. Nous avons par exemple créé un hub dédié au design et à l’innovation dans lequel des conférences auront lieu sur les quatre jours. L’objectif est de donner envie aux futures générations d’acheter des bateaux. 

    Pourquoi cibler les jeunes ? 

    La problématique, c’est qu’une large majorité des clients propriétaires de grands yachts ont plus de 50 ans. L’industrie du yachting a un véritable besoin de trouver de nouveaux acheteurs. Sauf qu’à l’ère du zapping, un jeune ne va pas avoir envie d’attendre trois ou quatre ans pour avoir son yacht, le temps de la construction. L’idée est de créer des coques pour gagner du temps, comme c’est le cas pour les plus petits bateaux. Aussi, il faut bien se rendre compte que c’est une industrie de niche. Même si à Monaco et sur la Côte d’Azur elle est très visible, ce n’est pas le cas à l’échelle du monde. 

    Monaco Yacht Show
    © MYS

    Pour séduire les jeunes, faut-il aussi être plus vert ?

    Indéniablement. Nous avons créé cette année le Sustainability Hub. C’est une zone qui va regrouper sur 200m² des sociétés qui fabriquent des bateaux ou accessoires plus respectueux de l’environnement en intégrant des technologies solaires, hydrogènes ou électriques. C’est clairement le deuxième gros enjeu de cette industrie. Il n’y a pas d’exception avec le yachting, il faut être plus durable. Tous les constructeurs aujourd’hui travaillent sur ce point-là. Ceux qui ne se seront pas inquiété du sujet, verront d’ici quelques années leurs clients se détourner d’eux. Mais on ne devient pas vert en un an. Beaucoup de bateaux ont encore besoin de fuel pour se déplacer.

    Qui sont les visiteurs du Yacht Show ?

    Ce sont majoritairement des personnes qui souhaitent acheter ou louer un yacht. Il n’y a plus de curieux depuis plusieurs années. Au fur et à mesure des éditions, nous avons réduit le nombre d’invitations et augmenté le prix des billets d’entrée pour éviter le client lambda, dans lequel je m’inclus moi-même. Je n’ai pas de yacht (rires), c’est un marché totalement inatteignable. Un ticket visiteur d’une journée coûte 500 euros. Mais on a appliqué cette politique parce que les exposants nous l’ont demandé. Concernant la localisation, nos visiteurs viennent du monde entier. Et parmi les 500 exposants, on compte une cinquantaine de sociétés monégasques.

    Combien coûte un yacht ? 

    Les prix démarrent à quelques millions d’euros et peuvent aller jusqu’à 100 millions ou plus. Un propriétaire de bateau, même de 25 mètres (dimension la plus petite du salon), a une assise financière hors norme.

    Le secteur du yachting est-il toujours impacté par le Covid-19 ? 

    Comme tous les secteurs ou presque, celui du yachting a été totalement à l’arrêt au printemps 2020. Ça a été la grosse panique pour tout le monde. Mais depuis l’assouplissement des règles sanitaires, le secteur connaît un boom extraordinaire, du jamais vu dans la vente de yachts.

    Monaco Yacht Show
    © MYS

    Comment expliquer cet engouement ?

    D’une part, tout le monde a moins dépensé pendant cette période de pandémie. D’autre part, beaucoup de fortunes se sont crées à ce moment-là, parce qu’il y a toujours les gagnants et les perdants.

    Le Cannes Yachting Festival vous fait-il concurrence ? 

    Non, car nous sommes complémentaires. Cannes est centré sur la petite et moyenne plaisance, c’est-à-dire les moins de 25 mètres, tandis que le Yacht Show est tourné vers les yachts supérieurs à 25 mètres. La moyenne est même de 50 mètres. D’année en année, les bateaux sont de plus en plus grands. Récemment, un yacht de 115 mètres a été enregistré pour être présenté en première mondiale à Monaco. Dans ces catégories-là, les bateaux sont construits majoritairement sur demande.

    Les bateaux présentés à Monaco sont-ils des pièces uniques ? 

    On attend entre 100 et 120 yachts et la majorité d’entre eux sont des pièces uniques présentées pour la première fois. Pour convaincre les potentiels acheteurs, les constructeurs demandent à un client pour qui ils ont construit un bateau de leur prêter pour le salon. L’objectif est de montrer ce qu’ils sont capables de faire.

    À quoi devez-vous le succès du Yacht Show ? 

    Le Yacht Show s’est transformé en un événement social hors norme. Au-delà de venir pour découvrir le yachting, les visiteurs savent qu’ils vont retrouver des amis, rencontrer de nouvelles personnes et potentiellement faire du business avec elles. Durant cette période, il y a beaucoup de soirées autour du Yacht Show dans les hôtels et les restaurants.

    Monaco Yacht Show
    © MYS

    Le fait qu’il soit organisé à Monaco est-il un argument de vente ? 

    Évidemment, le succès du Yacht Show s’explique par son emplacement. Monaco reste un pays qui attire cette clientèle fortunée. C’est sécurisé, agréable et il est certain qu’un événement à Gênes attire moins le client privé qu’à Monaco. Mais dire que tout le succès de l’événement repose uniquement ce point serait mentir. Le salon a 31 ans, et un travail conséquent a été entrepris au fil des années.

    Quelles sont les tendances du moment ? 

    Les clients plus jeunes cherchent à s’amuser. Ils sont très friands des tenders et des toys qui peuvent s’ajouter à bord. Le classique c’est le jetski, mais maintenant il y a aussi les seabob et jetsurf. Ce sont de petits éléments motorisés qui permettent l’aventure. Certains bateaux sont même équipés de motoneiges pour explorer les pôles. Une zone dédiée aux tenders et toys sera donc installée sur le quai Antoine 1er.

    Et en termes de design ? 

    Les bateaux sont plus ouverts sur la mer. La technologie permet de faire de grandes baies vitrées sécurisées qui offrent une vue imprenable à 180°. C’est juste magnifique. On a aussi des Beach clubs. Ce sont des espaces au ras de l’eau sur lesquels peuvent être installés des canapés ou des transats. Ils se déploient et se referment au gré des envies… Ça fait rêver, non ?

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