dimanche 12 avril 2026
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    Des résultats bancaires solides à Monaco malgré la liste grise ?

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    Selon l’AMAF, la machine bancaire monégasque ne s’est pas enrayée… En dépit du placement de Monaco sur la liste grise du GAFI en juin 2024, la place affiche des résultats en progression.

    On redoutait une onde de choc, visiblement, elle n’a pas eu lieu. Du moins, pas à ce stade selon l’Autorité monégasque des activités financières (AMAF). Malgré l’inscription de Monaco sur la liste grise du GAFI en juin 2024, la place bancaire tiendrait bon et déjouerait les scénarios les plus alarmistes. « Beaucoup redoutaient un effondrement du secteur, une fuite des capitaux, voire une perte de confiance généralisée. Or, force est de constater que ce scénario ne s’est pas produit », estime Robert Laure, le président. Pour étayer ses propos, il s’appuie sur les données récemment présentées à Monaco par Philippe Billard, directeur départemental de la Banque de France, qui a souligné la bonne santé du secteur bancaire monégasque. Avec un total d’actifs de 176 milliards d’euros, l’année 2024 est en progression d’un peu plus de 10% par rapport à la fin de l’année 2023. « Cette hausse s’explique d’une part par un effet mécanique lié à la réévaluation des marchés financiers, d’autre part par des apports de nouveaux capitaux », commente l’AMAF. Autre chiffre important : la place totalise en 2024, 30 milliards d’euros d’encours de crédits (+4,1 %). Quant au Produit net bancaire (PNB), il s’élève à 1,5 milliard d’euros. Bien sûr, ces résultats n’effacent pas le fait que la situation est devenue nettement plus complexe pour les acteurs locaux depuis le placement sur la liste grise : les compliance officers subissent davantage de pression, le traitement des flux financiers prend plus de temps et les correspondants bancaires se montrent plus intrusifs (entre autre problématiques.) 

    Des salariés et des établissements financiers en plus ?

    Côtés salariés, pas d’effondrement non plus. Leur nombre a même augmenté en 2024. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces effectifs supplémentaires ne sont pas liés à la conformité. « Il est vrai que le passage sur la liste grise a entraîné des demandes de vigilances supplémentaires. Il y a eu des ajustements internes, avec une concentration accrue sur certains types d’opérations (transferts internationaux, procédures KYC etc). Mais les compliance officers qui étaient déjà en poste ont absorbé ce travail », rajoute Robert Laure. À en croire, les professionnels du secteur, les recrutements ont davantage porté sur des fonctions commerciales.  Qu’en est-il des établissements bancaires et des sociétés de gestion ? Leur nombre a-t-il diminué avec les récents évènements ?   Sur le papier, oui, on dénombre un établissement bancaire en moins. Mais il ne s’agit pas d’un départ mais d’une fusion interne. « Une banque qui était représentée à la fois par une succursale et une société monégasque (SAM) a simplement regroupé ses structures. Il n’y a donc pas eu de retrait du marché », commente l’AMAF qui précise également que quatre nouvelles sociétés de gestion ont demandé un agrément en Principauté sur la période 2024–2025. Parmi elles, Millennium, un grand nom mondial de la gestion alternative.

    « On n’investit pas de telles sommes si l’on pense que la place est en péril »

    Selon l’AMAF, leur choix d’établir leur présence à Monaco, malgré le contexte de la liste grise, est d’ailleurs un indicateur fort. « Ces acteurs ne se déplacent pas à la légère. Ils savent exactement ce qu’ils font, disposent de moyens conséquents pour s’informer, et s’entourent des meilleurs experts. Leur choix témoigne d’une réelle confiance dans la place monégasque, estime Robert Laure. Trois établissements ont même lancé d’importants projets immobiliers pour construire ou agrandir leur siège social. Prenons l’exemple d’UBS — largement relayé dans la presse — qui investit des dizaines de millions d’euros à Monaco. Ce type de décision n’a rien d’anodin. On n’investit pas de telles sommes si l’on pense que la place est en péril. »  Toutefois, ces nouveaux acteurs de la finance et ceux qui ont investi massivement en Principauté reconsidéreront-ils leur avis en juin 2026, si Monaco restait encore sur la liste grise ? « C’est en effet un sujet de vigilance, reconnaît le président de l’AMAF.  Si en juin 2026, Monaco ne parvenait pas à sortir de cette liste, il faudrait s’interroger sérieusement : pourquoi n’avons-nous pas été en mesure de répondre à toutes nos obligations ?  Ce n’est pas l’option que nous privilégions. L’hypothèse de travail aujourd’hui, soutenue par tous les acteurs concernés, reste celle d’une sortie de la liste grise en juin 2026. Tous les efforts vont dans ce sens. »

    Place bancaire : les chiffres 2024 à retenir

    – Avec un total d’actifs de 176 milliards d’euros, l’année 2024 est en progression d’un peu plus de 10% par rapport à la fin de l’année 2023.
    – La place totalise en 2024, 30 milliards d’euros d’encours de crédits (+4,1 %).
    – Le Produit net bancaire (PNB) s’élève à 1,5 milliard d’euros.
    – La Commission de Contrôle des Activités Financières (CCAF) supervise au 31 décembre 2024, 94 entités agréées, comprenant 24 établissements bancaires, et 70 sociétés de gestion.

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