mercredi 15 avril 2026
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    CULTURE /

    Par Raphaël Brun

    Oslo, 31 août

    de Joachim Trier

    Bresson. Anders sort de cure de désintox. C’est le dernier jour de l’été et il va à un entretien d’embauche à Oslo. Mélancolie, rêve, espoirs, pulsions… Avec la fin de l’été, c’est aussi une existence qui menace de s’achever. Fan de Robert Bresson (1901-1999), Trier adapte librement le roman Le Feu follet (1931) de Pierre Drieu La Rochelle, dont Louis Malle avait déjà signé un joli film en 1963. Déjà vu dans le très bon Nouvelle donne (2006) le premier film de Trier avec New Order comme BO, Anders Danielsen Lie impressionne. Cette fois, Trier estime avoir fait un pas en arrière. Vers Joy Division.
    Oslo, 31 août de Joachim Trier, avec Anders Danielsen Lie, Hans Olav Brenner, Ingrid Olava (NOR, 2012, 1h36), 19,90 euros (DVD), 24,90 euros (blu-ray).

     

    Pulsions

    de Brian de Palma

    Merci. Oui, merci à l’éditeur Carlotta qui nous fait l’énorme plaisir de sortir en version blu-ray remasterisée, à partir d’un nouveau master restauré en haute définition (HD), deux grands films de Brian de Palma : Pulsions (1981) et Blow Out (1982). Dans Pulsions, de Palma s’offre une relecture du Psychose (1960) d’Hitchcock. Mais aussi de Vertigo (1958), avec notamment la fameuse scène du musée. Pas question de réaliser une copie de ces grands films bien sûr. En signant un thriller très personnel, à la fois fascinant et œdipien, de Palma régne alors en maître sur les années 1980.
    Pulsions de Brian de Palma, avec Michael Caine, Angie Dickinson, Nancy Allen (USA, 1981, 1h46), 16,99 euros (DVD), 19,99 euros (blu-ray).

     

    Hara Kiri 3D : mort d’un samourai

    de Takashi Miike

    Sobriété. Prix du jury au Festival de Cannes 1963, Hara Kiri de Masaki Kobayashiré réadapté par Takashi Miike en 3D pouvait laisser sceptique. Pourtant, le pari est réussi. Délaissant l’action pure et dure vue dans Ichi the Killer (2001) ou Crows Zero (2007), Miike signe un film d’une grande sobriété. Pas si étonnant, quand on se souvient qu’en 2010, il avait réussi le remake de 13 Assassins, un film de Eiichi Kudo de 1963. Avec plus de 70 films en 20 ans de carrière, l’hyperactif Miike démontre qu’il est aussi capable de classicisme et de sensibilité.
    Hara Kiri 3D : mort d’un samourai de Takashi Miike, avec Ebizô Ichikawa, Eita, Koji Yakusho (GB-JAP, 2011, 2h05), 19,99 euros (DVD 2D uniquement), 24,99 euros (blu-ray 3D, compatible 2D).

     

    La Servante

    de Kim Ki-young

    Maîtresse. Après avoir emménagé, la femme d’un professeur de musique le pousse à embaucher une servante. Tout se complique lorsque cette domestique se transforme en maîtresse. Ce fabuleux et trop méconnu huis clos coréen arrive enfin en blu-ray. Sorti en 1960, ce film revient de loin, puisque les bandes endommagées ont été retravaillées pour une sortie en HD par la Korean Film Archive et la World Cinema Foundation, une organisation créée par Martin Scorsese. Kim Ki-young (1919-1998) a réalisé une trentaine de films en 40 ans de carrière. Mais La Servante reste sans doute l’un des ses films les plus marquants.
    La Servante de Kim Ki-young, avec Eun-shim Lee, Jeung-nyeo Ju, Jin Kyu Kim (COR, 1960,1h51), 16,99 euros (DVD), 19,99 euros (blu-ray).

     

    Un pouvoir invisible. Les mafias et la société démocratique (XIXème-XXIème siècles)

    de Jacques de Saint Victor

    Historien. Le coup de cœur de L’Obs’ pour cette fin d’année et début 2013, c’est le dernier livre signé par l’historien Jacques de Saint Victor. Un ouvrage passionnant dans lequel on a la confirmation que tous les système mafieux continuent de tourner à plein régime. Née au XIXème siècle, la Mafia a pourtant dû se replier en 1912, alors que la mise en place du suffrage universel permet à la gauche d’arriver au pouvoir. Une gauche qui écarte alors pas mal de notables conservateurs flirtant avec les mafieux. Mais à partir de 1947, la Mafia renaît et diversifie ses activités. On connait la suite.
    Un pouvoir invisible. Les mafias et la société démocratique (XIXème-XXIème siècles) de Jacques de Saint Victor, (Gallimard), 432 pages, 23,50 euros.

     

    Nécrologie

    de Paul Cleave

    Polar. Des corps flottent à la surface d’un petit lac, pas loin d’un cimetière. Pourquoi ces corps ont-ils été sortis de leurs cercueils ? Et par qui ? Est-ce que le serial killer appelé le boucher de Christchurch est impliqué ? Ou bien ne s’agit-il que d’une fausse piste ? Après Un employé modèle (2010) et Un père idéal (2011), l’écrivain néo-zélandais Paul Cleave revient en 2013 avec un nouveau polar, Nécrologie. Encore une occasion de passer du temps du côté de Christchurch (Nouvelle-Zélande) où Cleave est né en 1974. En compagnie, cette fois, de Théodore Tate, un ancien flic reconverti en détective privé. Un polar bien noir à ne pas rater.
    Nécrologie de Paul Cleave (Sonatine), 417 pages, 20 euros. Sortie le 10 janvier.

     

    Œuvres complètes et Lettres retrouvées

    de Raymond Radiguet

    Mythe. Emporté par la fièvre typhoïde à seulement 20 ans, Raymond Radiguet (1903-1923) est surtout connu pour avoir écrit Le Diable au corps (1923) et Le Bal du comte d’Orgel (1924). Pourtant, Radiguet a écrit bien d’autres textes qu’Omnibus a décidé de publier sur plus de 1 300 pages. L’occasion de se plonger dans des articles, des correspondances et des poèmes, avec quelques textes inédits. Notamment des lettres envoyées à Breton, Apollinaire, Aragon, Cocteau ou Tzara par exemple. Sa liaison, réelle ou pas, avec Jean Cocteau et sa mort prématurée, le 12 décembre 1923 ont rajouté au mythe.
    Œuvres complètes et Lettres retrouvées de Raymond Radiguet (Editions Omnibus), 896 pages, 25 euros, 450 pages, 21 euros.

     

    Duncan, le chien prodige

    d’Adam Hines

    Animaux. Dans le petit monde imaginé par Adam Hines, les animaux parlent. Non seulement ça mais en plus, ils réfléchissent et s’interrogent. Notamment sur la nature de leurs relations avec les hommes. Lorsque le groupe terroriste Orapost commet un attentat, la tension monte d’un cran. Surtout qu’une loi destinée à brider les libertés des animaux est en préparation. Duncan, le chien prodige est le premier tome d’une série de 9. Prometteur, alors que Hines n’hésite pas à repousser les limites graphiques, en mélangeant par exemple texte, image et collages. Un premier volume extrêmement riche et hyper créatif.
    Duncan, le chien prodige (Editions Ça et Là), traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Fanny Soubiran, 400 pages, 32 euros.

     

    Notre Dame de Paris, Volume 2

    de Benjamin Lacombe

    Moyenâgeux. Bien sûr, impossible de considérer que ce Notre Dame de Paris est une véritable BD. Mais cette édition revue par le dessinateur Benjamin Lacombe mérite le détour. A L’Obs’, on avait déjà aimé la sortie du volume 1. La continuité est assurée sans problème avec la sortie du volume 2, toujours aussi soigné. Le célèbre roman de Victor Hugo est véritablement magnifié par le talent de Lacombe. Esmeralda, Frollo et Quasimodo sont tous là, à travers plus d’une cinquantaine de magnifiques dessins moyenâgeux du plus bel effet. L’univers graphique de Lacombe fait le reste.
    Notre Dame de Paris, Volume 2 de Benjamin Lacombe (Soleil Productions), 384 pages, 39,95 euros. Disponible en coffret spécial avec les 2 volumes réunis : 69,95 euros.

     

    Lux

    Brian Eno

    Ambient. Ceux qui ont acheté Before and After Science (1977) ou Music for Airports (1978) seront ravis d’apprendre que Lux, le dernier album de Brian Eno renoue avec l’ambient. Découpé en quatre grandes parties, de Lux 1 à Lux 4, ce disque est épuré à l’extrême. C’est à un véritable voyage, d’une incroyable beauté, qu’Eno nous invite. Lux diffuse une musique lumineuse construite autour de nappes synthétiques, avec pianos et cordes pour compagnon de route. Après avoir travaillé avec Roxy Music, David Bowie, Depeche Mode ou U2, Brian Eno poursuit donc sa carrière solo qu’il avait mise entre parenthèses depuis 2005 avec Another Day on Earth.
    On adore.
    Lux, Brian Eno
    (Warp/Differ-ant), 14 euros.

     

    Order of Noise

    Vessel

    Bristol. Sebastian Gainsborough. Retenez bien ce nom. A seulement 22 ans, ce musicien et producteur venu de Bristol vient de frapper un grand coup avec son album Order of Noise. Après Massive Attack et Portishead, Bristol n’a donc pas fini de nous étonner avec ses artistes électro. Attention, ce disque est froid, difficile parfois, mais d’une jolie diversité. La techno et la house de Sebastian Gainsborough sont d’une belle efficacité. Son électro lugubre construit un nouvel ordre où la lumière n’a pas sa place. On pense notamment à des titres comme Lache ou Plane Curves qui frappent fort. Et juste.

    Order of Noise, Vessel (Tri Angle Records/La Baleine), 9,99 euros.

     

    Stubborn Heart

    Stubborn Heart

    Soul. Sûrement la claque de cette fin d’année. La rencontre entre Luca Santucci et Ben Fitzgerald accouche d’un premier album sexy et groovy. Un disque qui fait aussi la part belle au rêve avec des synthés planants, des beats parfaits et la magnifique voix de Luca Santucci. Le très efficace Need Someone convoque une soul vaporeuse et irrésistible mise en images par Elaine Constantine, une célèbre photographe britannique, qui signe un très beau clip. Depuis Like Weather (1998) le premier album de Leila sur lequel on retrouvait déjà Santucci, beaucoup de temps a passé. Mais ça valait vraiment la peine d’attendre.
    Stubborn Heart, Stubborn Heart (One Little Indian/La Baleine), 14 euros.

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