lundi 13 avril 2026
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    Centres d’affaires
    Un business florissant ?

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    De nombreuses entreprises monégasques ont choisi de domicilier leur activité professionnelle en centres d’affaires.

    Pourquoi ces espaces de travail partagés proposant des tarifs réduits et un bail locatif sur-mesure se sont multipliés à Monaco ? Qui sont les entrepreneurs hébergés dans ces business centers ? L’Obs’ fait le point

    On entend souvent parler à Monaco de pénurie de logements… Mais dans le discours politique, une autre pénurie a longtemps occupé les débats : celle relative aux bureaux. Ce manque de locaux professionnels a longtemps été considéré comme un frein au développement entrepreneurial et économique de Monaco. « Les bureaux sont le b.a-ba de notre activité économique. Le poumon indispensable pour doper notre chiffre d’affaires. Non seulement pour accueillir de nouvelles activités, mais aussi pour permettre à celles déjà existantes de croître », note un observateur. Or, force est de constater que la Principauté possède assez peu d’immeubles de bureaux stricto sensu. A savoir, spécifiquement crées ou aménagés pour cela. L’essentiel de l’offre réside en ce que l’on appelle “les appartements à usage mixte”. Ce sont en réalité des logements classiques dans lesquels il n’est pas rare de voir, par exemple, des salles de bain transformées en… salle de photocopieurs. Autre constat : la plupart des chantiers monégasques en cours et à venir, publics ou privés, sont plutôt destinés à créer des logements. « Aucun grand immeuble à usage de bureaux n’a réellement été construit par le privé depuis très longtemps », note d’ailleurs Michel Dotta, président de la chambre immobilière monégasque. « A Monaco il n’y a donc pas, comme à New York, des immeubles de 50 étages entièrement dédiés à des bureaux où à chaque étage on va trouver trois à quatre entreprises différentes », note un autre observateur.

    Business centers : des bureaux clé en main

    Pour palier à ce manque d’espace, tout en continuant à accueillir de nouveaux entrepreneurs, la Principauté a donc développé plusieurs autres formules : il y a notamment les pépinières d’entreprises comme Monaco Tech et prochainement MC Boost, mais aussi les business centers. Dans les faits, ces espaces de travail partagés sont tous, peu ou prou, configurés de la même manière : on y trouve dans chacun d’eux un open space comprenant plusieurs dizaines de postes de travail, une salle de réunion, des bureaux exclusifs et enfin un espace cuisine/cafétéria. Le tout, généralement, dans une décoration moderne et épurée tout droit sortie des catalogues. Aujourd’hui, une vingtaine de centre d’affaires sont actifs à Monaco. L’avantage de ces bureaux équipés et meublés livrés clés en main ? Au-delà des coûts mensuels beaucoup plus réduits qu’un bail traditionnel, ces centres d’affaires proposent plusieurs prestations de services. Entre autres : l’accueil et la réception de la clientèle, un standard téléphonique commun, la réception du courrier, ou encore le nettoyage quotidien des bureaux. « Changement d’ampoules, remplacement d’une standardiste en arrêt maladie, nettoyage des bureaux, papier pour l’imprimante… En centre d’affaires, nous n’avons plus à nous soucier de tout cela. Nous pouvons nous concentrer uniquement sur notre business », nous confie un entrepreneur hébergé en centre d’affaires.

    Mathieu Magara, directeur général du Monte-Carlo Business Center au Métropole
    Mathieu Magara, directeur général du Monte-Carlo Business Center au Métropole. © Photo DR

    « Avec de bons outils, on peut désormais travailler de manière mobile de chez soi, depuis un aéroport, ou dans un bar. Les locaux de votre entreprise doivent être considérés comme un plus et non simplement comme une charge locative ».

    Premier rôle : la domiciliation d’activité

    Mais au-delà de ces prestations, les business centers permettent d’abord et avant tout d’octroyer une adresse professionnelle à ces entrepreneurs qui veulent exercer à Monaco. Un préalable indispensable. « Le cœur de métier des centres d’affaires est effectivement la domiciliation d’activité. Si vous avez un projet de création d’entreprise, une fois validé par les autorités monégasques, vous avez trois mois pour fournir une adresse professionnelle », note Mathieu Magara qui a créé, il y a quelques mois le Monte-Carlo Business Center au Métropole dans les anciens locaux de l’AJM.

    Les besoins des entrepreneurs ont changé

    Si ce modèle séduit autant les entrepreneurs c’est aussi car désormais, leurs besoins ont évolué. La possibilité de se connecter partout grâce aux outils technologiques, permet souvent d’exercer une activité professionnelle en dehors de la sphère traditionnelle du bureau. « Avec de bons outils, on peut désormais travailler de manière mobile de chez soi, depuis un aéroport, ou dans un bar. Les locaux de votre entreprise doivent être considérés comme un plus et non simplement comme une charge locative, note encore Mathieu Magara. Les entrepreneurs qui créent une société en nom propre ou bien une SARL avec ou sans employés, n’ont plus intérêt à devoir gérer de grands locaux, avec des salles de réunion. Ils ont besoin de rationaliser leur équipement et leur temps en déléguant la gestion de leur poste de travail. C’est ce que proposent les business center. »

    Une activité surreprésentée

    Ces centres d’affaires vont-ils pour autant se multiplier encore et encore à l’avenir à Monaco ? « Pas nécessairement, car les centres d’affaires sont considérés depuis quelques années comme une activité surreprésentée en principauté, répond Mélanie Espagnol qui dirige ABC business center à la Condamine. Désormais, un business center ne peut donc être ouvert que par une personne de nationalité monégasque. Nous avons connu récemment un grand essor dans la création de notre type d’activité et étant donné la crise sanitaire, je pense qu’il faudra attendre pour avoir un peu plus de recul sur la situation mondiale, et voir si la demande reste d’actualité dans les mois qui viennent, ce que j’espère sincèrement. »

    Mélanie Espagnol, directrice de ABC business center à la Condamine? centres d'affaires Monaco
    Mélanie Espagnol, directrice de ABC business center à la Condamine. © Photo DR

    Qui sont les entrepreneurs des business centers ?

    Les entrepreneurs qui ont décidé de poser leurs valises, ou plutôt, leurs statuts professionnels dans un centre d’affaires à Monaco, ont un profil et un parcours extrêmement variés. Il y a aussi bien des résidents (Monégasques, conjoints de Monégasques et étrangers) que des non-résidents. Certains vivent par exemple à Beaulieu-sur-Mer ou à Beausoleil et ont une clientèle monégasque. Même variété en ce qui concerne le type d’activité. « Nous hébergerons aussi bien des coaches sportifs, que du consulting, de l’évènementiel, ou encore du yachting. Cela peut être également de la domiciliation de SCI, de SCP, de SARL, de sociétés en nom personnel, ou encore de SAM », explique Mélanie Espagnol, qui dirige le ABC business center à la Condamine. Même diversité des profils pour Mathieu Magara, directeur général du Monte-Carlo Business center au Métropole : « Nous avons par exemple une entreprise de conciergerie pour sportifs, une entreprise de formation dans le domaine de l’environnement, un cabinet d’assurance, ou encore une société de communication haut de gamme ». Quid des professions exercées au domicile de la clientèle, comme jardinier, coach ou cuisinier privé. Ces entrepreneurs peuvent bénéficier d’une formule intitulée “hébergement administratif” au sein d’un business center qui leur octroiera une adresse professionnelle. En revanche, les professions médicales comme dentiste, ou médecin ne pourront évidemment pas s’installer en centre d’affaires pour des raisons évidentes de mesures règlementaires. « De même, tout ce qui touche au commerce direct. Très concrètement, on ne peut pas vendre des produits directement aux clients dans un business center », résume Mélanie Espagnol. Les sociétés qui vendent en ligne des produits, ont, elles, en revanche, toute leur place. Dans tous les cas, les business center ne peuvent héberger une société qu’avec l’accord officiel des autorités monégasques en amont… « Tant que le dossier n’est pas validé en amont par l’expansion économique et les services fiscaux, on ne peut pas l’accepter. Nous sommes également assujettis à la lutte anti-blanchiment. Cela nous demande un protocole comptable très précis », conclut Mélanie Espagnol.

    Pour retrouver notre interview d’Odile Quéré, présidente de la Chambre Patronale Monégasque des Centres d’Affaires (CPMCA), cliquez ici

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