A la tête de deux business centers à Monaco, Odile Quéré, préside également la Chambre Patronale Monégasque des Centres d’Affaires (CPMCA).
Au début des années 90, elle est l’une des premières à Monaco à avoir eu l’idée de développer les bureaux partagés en Principauté.
Aujourd’hui, il y a de nombreux business centers à Monaco, mais il a été, semble-t-il, difficile d’amener cette formule en Principauté…
Effectivement, pendant longtemps, les formules de bureaux partagés n’étaient pas du tout envisagées par les autorités monégasques qui ne souhaitaient que des bureaux à usage exclusif. Ce n’était pas dans l’esprit de l’époque. J’avais pourtant déjà senti que le besoin était réel à Monaco. Voilà pourquoi, avec un autre collaborateur, nous avons mené un long combat pendant de nombreuses années pour faire accepter ces espaces de travail partagés.
Vous êtes donc l’une des premières à avoir lancé un centre d’affaires à Monaco ?
Cela remonte au début des années 90. J’ai créé effectivement Cats business center en 1993. Nous sommes restés longtemps uniquement trois sur le marché. Par la suite, le gouvernement a pleinement mesuré l’utilité de ce type d’activité. Les business centers se sont ensuite multipliés.
Sauriez-vous nous dire combien d’entreprises sont aujourd’hui hébergées dans des business centers à Monaco ?
11 % des entreprises de Monaco sont hébergées dans des centres d’affaires. C’est donc un pôle important de l’activité entrepreneuriale et économique de la Principauté.
En théorie, tous les business centers sont censés proposer les mêmes formules et les mêmes tarifs : est-ce réellement le cas ?
Globalement oui. Pour être certain que cet engagement soit respecté, je souhaiterais qu’une charte soit signée par tous les business centers à travers laquelle les dirigeants s’engagent à respecter ces tarifications. Je souhaite également qu’ils signent une charte d’intégrité dans laquelle ils s’engagent à respecter l’identité et la confidentialité des clients.
Comment expliquez-vous que les tarifs soient ainsi uniformisés dans les business centers ?
C’est pour éviter qu’il y ait une concurrence trop dure entre les différents centres d’affaires. En revanche, cette uniformisation des prix n’est pas forcément justifiée car certains sont propriétaires des murs, d’autres ne le sont pas. Pour ma part par exemple, je vais subir une augmentation importante de loyer à partir d’avril prochain. Comment puis-je répercuter ce coût supplémentaire si je ne peux pas augmenter les prix ? La seule formule sur laquelle je peux avoir une marge ce sont les loyers appliqués aux bureaux à usage exclusif. Mais si j’augmente mes prix, cela va forcément me pénaliser car mes locaux seront peut-être plus chers par rapport à d’autres.
Les business centers sont très similaires entres eux. Comment faites-vous pour vous démarquer ?
Pour attirer et fidéliser ma clientèle, j’ai développé toute une série de prestations autour de la qualité de vie au travail avec des espaces de relaxation dans lesquels mes clients peuvent dormir, se relaxer ou encore se faire masser. Je propose également un programme de sophrologie. C’est ainsi que je me démarque par rapport à d’autres business centers.
Quels sont les principaux concurrents aujourd’hui à Monaco des centres d’affaires ?
Il n’y a pas vraiment de concurrence entre les différents centres d’affaires monégasques car il y a du travail pour tout le monde. En revanche, ce qui peut être difficile pour nous ce sont les incubateurs d’entreprises comme Monaco Tech ou, prochainement, MC Boost qui, de fait, captent une clientèle qui aurait pu être hébergée dans les business centers. Depuis peu, les Monégasques peuvent également domicilier gratuitement leur activité professionnelle chez eux (1). Tout ceci représente une concurrence plus forte pour nous que la multiplication des business centers en Principauté.
On a tendance à croire que seules des entreprises naissantes sont hébergées en business center : est-ce le cas ?
Pas du tout. Il n’y a pas que des créations d’entreprises. J’ai par exemple un client qui est chez nous depuis 25 ans. Plusieurs vieilles sociétés ont établi leur siège en centres d’affaires car cette solution était, tout simplement, plus adaptée à leur besoin.
(1) Loi n° 1.490 du 23 juin 2020 relative à la domiciliation d’une activité professionnelle dans un local à usage d’habitation dont l’État est propriétaire.
