Dans la ville très cosmopolite de Beausoleil, de nombreux habitants ne maîtrisent pas la langue française. Pour aider ces populations étrangères à mieux s’intégrer et à trouver plus facilement un emploi, le CCAS propose un programme d’accompagnement linguistique depuis plusieurs années. Dans les écoles beausoleilloises, où 80 % des enfants scolarisés n’ont pas le français comme langue maternelle, une mise à niveau est aussi progressivement effectuée.
Beausoleil a une singularité démographique. Souvent qualifiée de ville la plus cosmopolite de France, elle réunit un très large éventail de nationalités différentes. Cette diversité culturelle est le fruit de nombreuses vagues migratoires, attirées depuis des décennies par les opportunités professionnelles offertes par la Principauté. Des populations que la ville et la municipalité cherchent à intégrer au mieux dans la cité. « De nombreuses personnes du monde entier viennent effectivement travailler à Monaco, principalement des ouvriers, des employés, et beaucoup résident à Beausoleil. Il est donc essentiel de créer du lien social pour éviter notamment tout effet de communautarisme, nous indique Céline Tavares, directrice du Centre communal d’action social (CCAS). Pour ces habitants, l’une des priorités est évidemment de maîtriser la langue française afin de s’intégrer pleinement dans leur ville, leur quartier et la société. Cela passe par l’éducation, la culture et le soutien à la parentalité. »
Des cours de français et d’alphabétisation
Dans cette ville multiculturelle, une aide linguistique a donc été mise en place. En 2018, le CCAS et la ville de Beausoleil ont en effet initié le Projet Voltaire. Ce programme d’accompagnement comprend à la fois des entretiens individuels, des cours collectifs et des interactions numériques. Pour la partie numérique, le CCAS a collaboré avec la société AG2V Management qui propose une solution d’apprentissage en ligne. Ce programme permet aux personnes ne maîtrisant pas la langue de s’entraîner quand elles le peuvent avec une application sur tablette. Le CCAS et AG2V suivent les progrès des participants et effectuent un bilan mensuel. À la fin du programme, un examen leur est proposé, menant à une certification qu’ils peuvent mettre en avant sur leur CV. Tout ceci a une visée clairement professionnelle. « À l’origine, ce dispositif était notre seule offre. Cependant, au fil des années, nous avons constaté que certains rencontraient des difficultés de lecture et d’écriture dans leur langue maternelle. Aujourd’hui, nous proposons donc trois niveaux de cours : alphabétisation, français langue étrangère (FLE), et le niveau Voltaire. Cette formation permet un vrai retour à l’emploi pour les personnes en situation d’exclusion ou de décrochage », rajoute Céline Tavares. En 2023, 54 personnes ont été accompagnées par ce programme. En général, il s’agit d’étrangers qui travaillent à Monaco ou qui souhaitent y travailler. « Ce que l’on constate c’est que ces personnes qui apprennent le français s’investissent ensuite de plus en plus dans la ville, sur le territoire, notamment dans les ateliers que l’on propose. En termes d’enjeu d’intégration, c’est donc essentiel. »
22 élèves, 22 nationalités différentes
Qu’en est-il des plus jeunes ? Le CCAS a dressé un constat assez marquant : « 80 % des enfants scolarisés à Beausoleil n’ont pas le français comme langue maternelle », précise la directrice. Pour la petite anecdote, le maire Gérard Spinelli a souhaité aller à la rencontre des classes de CM1 et CM2 pour présenter le futur Village Charlot. Dans une des classes, il y avait 22 élèves au total, et les 22 avaient chacun une nationalité différente. « C’était la première fois qu’une telle diversité était observée, rajoute Céline Tavares. Les élèves provenaient de pays comme le Mali, la Lituanie, l’Estonie, la Bulgarie ou encore la Pologne, l’Ukraine, l’Espagne, ou bien le Portugal. Tous cohabitent parfaitement. Nous avons beaucoup misé sur la co-éducation avec l’Éducation nationale, les parents et les enfants. Dès l’enfance, tous ces jeunes sont donc habitués à cette diversité. » Comment se passe alors l’apprentissage du français pour ces élèves ? « Une mise à niveau en français est progressivement effectuée dans nos écoles », explique tout simplement la directrice du CCASS. Pour mieux intégrer les enfants et leurs familles dès la petite enfance, les parents sont également associés aux actions et aux divers projets. Des programmes encourageant la créativité et l’expression artistique tout en facilitant l’apprentissage de la langue française sont également mis en place.

