Dès 2020, les 88 foyers de l’immeuble Le Bel air seront relogés temporairement. Ils bénéficieront des mêmes conditions de relogement que les résidents des Jardins d’Apolline : notamment une exonération du loyer pendant toute la durée des travaux, et un déménagement pris en charge par l’Etat.
Déménager et reloger en un temps record 237 familles monégasques : sur le papier, cette situation totalement inédite qui s’est produite aux Jardins d’Apolline ressemblait à un énorme casse-tête insurmontable… Au final, à en croire le gouvernement, l’opération s’est déroulée sans trop d’accrocs, et a même été une franche « réussite ». Au point que cette “méthode de relogement” mise en place par l’administration des domaines, et orchestrée sur le terrain par Albert Croesi, va être dupliquée pour les résidents du Bel air. « Les leçons tirées des Jardins d’Apolline ont en effet démontré qu’avec un accompagnement humain, au cas par cas, il est possible de déménager provisoirement les foyers d’un immeuble domanial entier tout en préservant le bien-être de ses occupants, a indiqué Serge Telle, le ministre d’Etat en conférence de presse. Nous savons désormais que cela est possible grâce à une assistance sur-mesure des personnes amenées à quitter leur appartement, et ce à un coût raisonnable pour l’Etat. » Même satisfaction pour le président du Conseil national : « Nous avons su transformer une situation de crise en opportunité, en tirant de cette expérience une leçon importante, a expliqué Stéphane Valeri. L’Etat sait désormais reloger temporairement les résidents d’appartements domaniaux, quand il s’agit de lancer des opérations de reconstruction. »
« Conscients des désagréments causés »
C’est donc cette méthode de relogement qui va être à nouveau appliquée pour les résidents de l’immeuble le Bel air, détruit dès 2020. Puis, à partir de 2024 pour ceux de l’Herculis, et dès 2027 pour ceux des Cèdres et des Mélezes. Pour que la pilule passe mieux auprès de ces résidents contraints d’effectuer un déménagement qu’ils n’ont pas choisi, l’Etat va tout leur payer, et proposer un accompagnement personnalisé : « Nous sommes conscients des désagréments que nous allons leur causer, et je sais qu’il n’est jamais agréable de déménager. Mais nous allons faire en sorte que chacun puisse y trouver son compte tout en contribuant à servir l’intérêt général. C’est pourquoi nous accorderons, comme pour les Jardins d’Apolline, la gratuité des loyers de relogement pendant cette phase, ainsi que la prise en charge de tous les frais liés aux déménagements, tout en garantissant une assistance sur mesure assurée par Albert Croesi », a indiqué Serge Telle. Et si certains locataires expriment des réticences ou refusent tout bonnement de déménager ? « Évidemment, ce déménagement ne se fera pas sous la contrainte mais, comme pour Apolline, par l’explication et par la possibilité qui sera offerte aux résidents de choisir leur appartement dans le privé », a répondu le ministre d’Etat convaincu, « qu’au bout du compte, l’intérêt général devrait rencontrer l’intérêt individuel. Les avantages pour les résidents concernés sont nombreux. »
« Une belle opportunité pour les familles »
« Je ne suis pas inquiet, a ajouté à son tour Stéphane Valeri. Au début, il y a toujours une peur du changement. C’est normal. Mais j’ai toute confiance, et le Conseil national demeure à l’écoute des résidents. C’est tout de même une belle opportunité pour les familles. Les résidents du Bel air n’auront pas de loyer à payer pendant les trois ou quatre années de chantier, et ils pourront de surcroît réintégrer un appartement entièrement neuf et de meilleure qualité de celui occupé précédemment. » A priori, trouver des appartements libres pour reloger les résidents du Bel air ne sera pas un nouveau casse-tête. En effet, en 2020, les 237 foyers des Jardins d’Apolline, temporairement relogés dans le secteur libre, auront retrouvé leurs appartements d’origine. Une fois libéré, ce réservoir de logements sera donc réutilisé pour les résident du Bel air et les autres domaniaux démolis et reconstruits.
Sabrina Bonarrigo
