mercredi 15 avril 2026
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    Le Prince Albert II : une vie portée par le sport 

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    Le sport est l’un des fondements identitaires du prince Albert II. Outil d’émancipation puis moyen de lâcher prise, il est un vecteur de valeur mais aussi un levier diplomatique. Le chef d’État monégasque est un athlète, un passionné, et un inlassable ambassadeur du sport et de ses valeurs, en Principauté comme sur la scène internationale.

    Impossible de parler du lien profond qui unit le Prince Albert II au sport sans évoquer ses racines familiales. Du côté maternel, l’ADN olympique coule dans les veines : son grand-père John B. Kelly Sr. fut double champion d’aviron aux JO 1920 et 1924 et son oncle John B. Kelly Jr. médaillé de bronze dans la même discipline à Melbourne en 1956. Côté paternel, son grand-père, Pierre de Polignac, siégea au Comité international olympique. Son père le Prince Rainier III a lui aussi goûté à plusieurs disciplines sportives, principalement au football, au rugby et à la boxe mais aussi au tennis, au golf ou encore au squash. « Mon père croyait beaucoup aux bienfaits du sport-santé et du sport à l’école. Il a encouragé le développement des associations sportives en Principauté et de la pratique du sport de haut-niveau à travers la construction de nouvelles infrastructures et l’adoption de plusieurs réformes », avait déclaré le Prince Albert dans un entretien pour le magazine Codes Sport Monaco. « Nos parents nous ont toujours encouragés à faire du sport. Je me souviens que mon père nous sondait avant chaque rentrée scolaire sur la discipline que nous souhaitions pratiquer », avait-il par ailleurs raconté.

    Prince Albert II Monaco
    © Photo Comité olympique monégasque

    Le football comme première passion

    Le prince Albert est donc sportif depuis sa plus tendre enfance et a multiplié les disciplines : tennis, judo (ceinture noire en 1985), aviron, natation, voile, squash, ski, pentathlon moderne… Mais sa toute première passion fut le football, avait-il confié au Figaro. Cette dernière aurait été déclenchée à l’âge de cinq ans lors d’un match de l’AS Monaco regardé aux côtés de son père. Le Prince a été licencié du club durant son enfance, évoluant dans les catégories de jeunes pendant quatre ans. Lorsqu’il entre à l’Amherst College dans le Massachusetts (Etats-Unis), il intègre l’équipe de football américain (et la chorale) de l’université. Au tournant des années 1980, de retour à Monaco, il fonde, avec sa bande de copains, l’équipe Munegu Aoto, qui deviendra par la suite les Barbagiuans. Avant de devenir une équipe de football caritative reconnue, il s’agissait d’une aventure humaine et sportive née de l’amitié entre un futur Prince et quelques amis passionnés, portée par des valeurs de camaraderie, de sport et de simplicité.

    Prince Albert II Monaco
    © Photo DR

    L’histoire d’une équipe de copains

    « Tout a commencé sur le terrain de volley-ball du Beach où on avait l’habitude de se retrouver. Ce jour-là, Georges Bertellotti, qui était journaliste, a lancé l’idée qui a tout de suite été suivie par tous », raconte l’un membres fondateurs qui tient à rester anonyme. Parmi eux il y avait aussi Aleco Keusseoglou, camarade de lycée du Prince au lycée Albert Ier, Jean-Pierre Siri, Gérard Brianti, Marco Ravano, Bruno de Pasquale, Claude Costaglioli ou encore les anciens joueurs professionnels Henri Biancheri et Armand Forcario. L’équipe s’entraîne modestement au stade des Moneghetti, parfois à La Turbie. « Une fois par semaine entre midi et deux, et le samedi matin », précise Aleco Keusseoglou. Les entraînements s’accompagnent de moments de convivialité : « On allait toujours manger à Saint-Martin-de-Peille chez Madame Penichou après. C’était à la bonne franquette, on chantait, on faisait la fête », se remémore l’autre joueur et ami qui préfère ne pas être cité. L’équipe fait ses premiers déplacements à l’international : le premier à Barcelone puis en Tunisie, au Mexique, en Autriche… Le Prince Albert, alors arrière droit, impressionne ses partenaires. « Il avait un physique incroyable et un très bon cardio. Il était perfectionniste, même plutôt dur avec lui-même, toujours prêt à se sacrifier pour l’équipe et très compétitif, mais toujours dans un bel esprit sportif », témoigne Aleco Keusseoglou. Ce que confirme son autre coéquipier : « C’était un formidable joueur. Il était physique, et mettait beaucoup de coups, mais personne n’osait lui en mettre… », se souvient-il amusé. C’est lors d’une réunion à la pizzeria monégasque qu’un tournant s’opère. Michel Pastor, moins porté sur le jeu que sur la gestion, est nommé président et l’équipe est rebaptisée les Barbagiuans. Les déplacements continuent : Strasbourg, Paris, Suisse… Mais l’esprit change un peu. « Des nouveaux sont arrivés, pas toujours pour de bonnes raisons. Certains voulaient se rapprocher du Prince pour pouvoir lui demander des services », regrette notre source anonyme. « Le drame de sa vie, c’est de savoir qui est là pour les bonnes ou pour les mauvaises raisons… », affirme-t-il. Peu à peu, les membres fondateurs sont happés par leurs carrières et obligations. Le Prince, lui, se lance dans le bobsleigh.

    Prince Albert II Monaco Bobsleigh
    © Photo Stéphan Maggi / Comité Olympique Monégasque

    L’aventure olympique en bobsleigh

    C’est cette discipline inattendue qui marquera le parcours sportif du prince. « J’avais assisté aux épreuves de bob aux Jeux de Lake Placid, en 1980. J’avais été intrigué par ce sport », s’était-il souvenu dans les colonnes de Paris Match en 2012. Dès 1984, le prince Albert s’initie au bobsleigh à Saint Moritz. Quatre ans plus tard, il se lance dans la discipline et devient pilote pour la Principauté. « Je l’ai pris comme un défi, sportif bien sûr, mais aussi personnel : je n’étais pas sûr d’être fait pour cela. Se lancer dans un mur de glace à une vitesse dépassant largement les 100 km/h, tout en ayant la responsabilité de ses équipiers est une expérience unique », avait-il raconté, toujours à Paris Match. Membre du Comité international olympique depuis 1985, il mène l’équipe nationale de bobsleigh en 1988 à Calgary. Il se place à la 25ème place, mais n’en démord pas et retente sa chance en 1992, 1994, 1998 et 2002. Et s’il n’atteindra pas les podiums, son expérience olympique forgera indéniablement sa renommée et inspirera le film Royal Ice. En parallèle de sa pratique, il devient membre du Comité international olympique dès 1985 et défend sans relâche les valeurs de l’olympisme : respect, dépassement de soi, solidarité. Il milite activement pour des Jeux durables et inclusifs, comme en témoigne son engagement en faveur de l’environnement et des athlètes paralympiques.

    © Photo DR

    Un amoureux de la mer

    Interrogé par le Figaro en 2009 sur les moments de compétition qui l’ont le plus marquées, le Prince Albert évoque un souvenir « fabuleux » de natation pendant son adolescence, alors qu’il était en camp de vacances dans le New Hampshire. « Une compétition omnisports nous opposait à un autre camp, une sorte de derby ! Aligné au départ d’un 100 yards papillon, je n’étais pas donné favori. À mi-course, j’étais parmi les derniers, mais j’ai comblé mon retard, je suis revenu, pour finalement remporter la course. Le souvenir de mes camarades et de notre entraîneur qui m’encourageaient le long de la ligne d’eau, la joie que nous avons partagé ce jour-là, voilà ce qu’est le sport », avait-il raconté. Albert II est par ailleurs « un très bon marin », amoureux de la mer et passionné de voile selon son ami d’enfance Aleco Keusseoglou, avec qui il a partagé plusieurs croisières. « Le sport a toujours fait partie de notre identité, en tout cas dans l’histoire contemporaine de la Principauté. On a essayé toujours d’être une terre de sport engagée sur les valeurs du sport et que le sport doit avoir une place importante », a récemment déclaré le Prince Albert à la presse locale. Il a par ailleurs fièrement souligné la richesse de l’écosystème sportif monégasque : « Il y a quelque 190 clubs intégrés, 51 fédérations nationales. Il y a pratiquement 10 000 licenciés, c’est énorme. »

    © Photo Collection privée Jean Paul Bascoul

    Routine sportive

    À la question plus personnelle de Monaco Tribune sur ses habitudes quotidiennes, le Prince Albert II a confié : « Les premières choses que je fais le matin, c’est de faire au moins un petit peu de stretching. Vous savez, quand on prend de l’âge, il faut soigner ses articulations ». Le Souverain a expliqué utiliser la salle de gymnastique du Palais une à deux fois par semaine et profiter de la piscine située dans l’enceinte princière : « Je l’utilise quelquefois en vitesse entre deux rendez-vous. Mais je crois que c’est essentiel de pouvoir, non seulement penser à autre chose, mais aussi veiller à sa santé et faire un exercice régulier ». Même s’il n’a pas poursuivi de carrière professionnelle, le Prince Albert II n’a jamais cessé d’être un fervent supporter de l’AS Monaco. Il assiste aux matchs au Stade Louis II, soutient les grandes décisions et participe activement aux moments forts du club national.

    Prince Albert II Monaco
    © Photo Manuel Vitali / Direction de la Communication

    Outil diplomatique

    Depuis son accession au trône en 2005, le Prince Albert II a perpétué l’importance du sport à Monaco en soutenant l’organisation d’événements d’envergure, comme le Grand Prix de F1 — « patrimoine de la Principauté » selon ses mots —, le Meeting Herculis d’athlétisme, ou encore le Rolex Monte-Carlo Masters. Appui infatigable du sport local, il veille à ce que les jeunes Monégasques aient accès à la pratique sportive dès le plus jeune âge, tout en valorisant les talents de haut niveau. Son action s’étend aussi à l’international, comme le montre son rôle dans le développement du Sport for Climate Action Framework de l’ONU. Il soutient par ailleurs l’engagement de Peace and Sport, qui utilise la pratique sportive comme vecteur de paix et d’inclusion sociale à travers le monde. En définitive, le sport apparaît comme un véritable fil rouge dans la vie du Prince Albert II, façonnant non seulement son parcours personnel mais aussi son règne et son engagement public.

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