« La Principauté doit demeurer attractive en matière d’emploi. C’est un défi extrêmement important que nous devons relever. » Le gouvernement monégasque souhaite que Monaco reste un bassin d’emplois attractif pour les travailleurs maralpins et italiens. Mais en raison des problèmes de logement et de transport que subissent les pendulaires au quotidien, cette attractivité bat sérieusement de l’aile.
La Principauté de Monaco est-elle encore considérée comme l’eldorado des travailleurs maralpins ou italiens comme cela a été souvent dit ? Pas si certain… Tout d’abord, comme son voisin français, le territoire monégasque est également confronté à un problème de main d’œuvre. Celle-ci se fait de plus en plus rare dans plusieurs professions. « Des chefs d’entreprise nous signalent effectivement des problèmes de recrutement dans certains secteurs », a indiqué lors d’une conférence de presse à la mi-avril le ministre d’État, Pierre Dartout. C’est particulièrement vrai dans l’hôtellerie/restauration, mais également les métiers du soin, ou encore de la sécurité. Autres problématiques, cette fois-ci inhérentes à la Principauté : plus de 50 000 salariés vivant en France ou en Italie viennent quotidiennement travailler à Monaco. Mais les trajets domicile/travail, que ce soit par la voie ferroviaire ou les routes, sont souvent chaotiques, et pèsent toujours plus sur le moral des travailleurs. Et sur ce point, la Principauté semble clairement de moins en moins attractive. D’autant que les nouvelles infrastructures qui permettraient de faciliter la mobilité des salariés sont longues à se concrétiser et représentent, pour certaines, un budget colossal. « Des infrastructures en surface et d’autres souterraines sont à l’étude. Mais leur réalisation demande du temps, ont un coût et n’ont pas le même impact sur le plan environnemental. Il y a donc des choix à faire », a rajouté le ministre d’État.
« Des chefs d’entreprise nous signalent effectivement des problèmes de recrutement dans certains secteurs »
Le logement pour actifs
La solution pour alléger le quotidien de ces pendulaires serait également de pouvoir les loger géographiquement plus près. Problème : impossible pour ces travailleurs de vivre à Monaco. Pour deux raisons principales : il n’y a pas l’espace nécessaire, et les loyers, ou les prix à l’achat, pratiqués en Principauté sont totalement inaccessibles pour la grande majorité d’entre eux. « Les salaires sont réputés plus élevés ici mais il y a un vrai problème de coût et de disponibilité du logement à Monaco, vu l’étroitesse du foncier. Cela nécessite donc des collaborations avec le territoire voisin », reconnaît Pierre Dartout. Depuis des années, plusieurs organismes monégasques dont la FEDEM et autres organisations syndicales défendant les salariés, alertent les pouvoirs publics sur l’urgence de loger les actifs dans les villes limitrophes.
« Les salaires sont réputés plus élevés ici, mais il y a un vrai problème de coût et de disponibilité du logement à Monaco, vu l’étroitesse du foncier. Cela nécessite des collaborations avec le territoire voisin »
« Des territoires peu habités en France peuvent faire l’objet de restructuration »
Le gouvernement monégasque étudie donc à l’heure actuelle, et depuis plus d’une décennie déjà, des pistes pour étoffer le parc de logement pour actifs dans les communes limitrophes. Mais là encore, Pierre Dartout n’a pas souhaité dévoiler quels sont les projets en cours. « En France, l’urbanisation peut changer. Des territoires peu habités peuvent faire l’objet de restructuration urbaine et devenir des lieux où résideraient des actifs travaillant à Monaco », a-t-il simplement rappelé sans plus de détails. Il y a quelques années, l’exécutif indiquait qu’il y avait grosso modo deux possibilités pour gagner des logements dans les villes voisines. Le premier : « des acquisitions en toute propriété ». Autrement dit, l’achat d’immeubles entièrement dédiés à des salariés de Monaco. L’autre moyen « l’acquisition de droits de réservation ». Plus clairement : le gouvernement achète le droit de réserver des logements aux salariés de Monaco. Ce qui est certain c’est que les avantages qu’offre la Principauté en termes de salaires, de retraites, ou d’allocations familiales pourraient ne plus suffire pour des salariés qui aspirent de plus en plus à avoir une meilleure qualité de vie.
