Si tous les chantiers publics ont été arrêtés en Principauté en raison de la crise sanitaire, ce n’est pas le cas de certains chantiers privés qui ont pu continuer,
comme l’extension en mer, les travaux sur la place du Casino, ou encore le Palais de la plage. Une décision qui a fait jaser en ville et qui a fortement déplu au conseil national qui a demandé l’arrêt de tous les chantiers, sans exception.
S’il y a bien un sujet qui a fait polémique à Monaco et qui a été âprement commenté sur les réseaux sociaux, ce sont les chantiers… Il faut dire que les résidents ont été surpris de voir (et surtout d’entendre) que nombre d’entre eux ont continué d’être actifs, malgré les annonces du prince Albert, le 17 mars, demandant leur arrêt. En réalité, il a fallu attendre le lendemain pour comprendre, via un communiqué officiel, que seuls les chantiers publics seraient arrêtés. Sont concernés : Helios, Jardins d’Apolline, Engelin, nouveau CHPG, îlot Pasteur, darse nord, complexe du Larvotto, Honoria, Ida, Testimonio II, Picapeira, le maintien à niveau du CHPG, l’entrée de ville Jardin exotique, le 17, rue Princesse Florestine, mais aussi tous les travaux de voirie et d’espace public. Durant plusieurs jours, sur la plupart de ces chantiers, il a donc fallu mener des opérations de sécurisation avant de les stopper.
Mesures d’hygiène pour les ouvriers
Quid alors des chantiers privés ? Eh bien… Pas d’obligation d’arrêt pour ceux-ci. Le gouvernement a uniquement précisé que les entreprises devront respecter des mesures d’hygiène et des mesures barrière (comme la distanciation sociale) pour les ouvriers qui viennent sur place. « Pour maintenir l’activité sur un chantier, les maîtres d’ouvrage devront confirmer qu’ils sont en capacité de faire respecter ces mesures », a annoncé le gouvernement. L’exécutif assure que des contrôles seront réalisés pour s’assurer que les « normes sanitaires sont effectivement bien respectées. Tout manquement constaté au respect de ces normes impliquerait l’arrêt immédiat du chantier. ».

« Les sacrifices, nous devons les faire ensemble »
En revanche, cette décision qui a été prise à Monaco d’autoriser la poursuite des chantiers privés n’a pas du tout plu au conseil national, qui l’a clairement fait savoir. En séance publique extraordinaire le 19 mars, c’est l’élu Franck Lobono qui est monté au créneau. Ce conseiller national s’est d’abord exprimé sur les chantiers publics arrêtés : « Je veux dire au gouvernement et aux Monégasques que nous assumerons les retards que cela impliquera sur la livraison des futurs immeubles domaniaux parce que la santé n’a pas de prix !, a indiqué le président de la commission logement. Mais si cela est vrai pour les chantiers publics, comment cette logique peut-elle s’arrêter aux palissades des chantiers privés ? Dans un aussi petit territoire, aussi dense, est-ce bien responsable de croire que tous les ouvriers des chantiers privés peuvent encore et librement aller et venir sans être des vecteurs de transmission, pour eux, leurs collègues, leurs familles ou leurs amis ? ». Cet élu rajoute : « Au-delà même du bruit que ces chantiers font subir à une population confinée chez elle, nous considérons déraisonnable la seule idée qu’un promoteur puisse être autorisé à maintenir un chantier en activité sur notre territoire. Les sacrifices, nous devons les faire ensemble, en toute équité face au danger ! » Dans une résolution adoptée à l’unanimité au conseil national le 19 mars, les élus ont donc demandé de « suspendre immédiatement tous les chantiers publics et privés de la Principauté ».
