Soigneur — Depuis quatre ans, c’est sous sa responsabilité que sont placés les 10 000 animaux marins dont s’occupe le musée océanographique. Le chef des soigneurs, Olivier Brunel, a donc une lourde responsabilité mais exerce la profession de ses rêves —
Né dans les Yvelines, en région parisienne, Olivier Brunel n’était pas vraiment voué à occuper le poste de chef des soigneurs au musée océanographique. C’est grâce à son père breton qu’il découvre la mer et tout son univers. « Depuis tout petit, je passe mes vacances au bord de la mer. J’aime tout ce qui tourne autour de cet univers. Je suis autant passionné de voile, de bateau que de poisson. Je savais que j’avais envie de travailler dans le milieu marin. » Son appel ne le quitte plus. Après des études d’ingénieur en agriculture, il démarre par un poste en aquaculture entre Bordeaux et La Rochelle. « Je travaillais pour un élevage d’esturgeon pour la production de caviar. Mais j’avais envie de plus de responsabilités et surtout de plus de sens. » C’est exactement à ce moment-là que le musée océanographique s’intéresse à son profil pour chapeauter l’équipe de 11 techniciens aquariologistes — plus communément appelés soigneurs — et de la responsable de la santé des poissons.
« La santé au quotidien »
« Notre rôle, c’est d’émerveiller le public via des écosystèmes beaux et surprenants, le sensibiliser aux rôles de la faune et flore aquatique et d’essayer de recréer des morceaux d’océans. Ce ne sont pas juste des poissons dans un bassin. On doit adapter un milieu vivant », souligne le trentenaire. Au musée, on attend donc d’Olivier Brunel de prendre soin des quelques 10 000 animaux marins — du poisson clown au requin à pointe noire, de la tortue à l’hippocampe — mais aussi de son équipe. « Les animaux ressentent vite si l’équipe ne va pas bien. Peut-être pas le petit poisson mais c’est très vrai avec les requins par exemple. » Alors, tous les jours, il faut vérifier avec attention les bassins, reconnaître le moindre comportement qui serait un mauvais signe. « L’enjeu principal, c’est la santé au quotidien », reconnaît-il. Dans la réserve du musée se cachent tous les services que rendent chaque jour les soigneurs aux animaux marins. Centre de soins, élevage de corail, reproduction ou encore échange de poisson font partie des compétences garanties par l’équipe d’Olivier Brunel.
Sauver les grandes nacres
« A terme, on aimerait être autonome pour éviter d’aller prélever des animaux en milieu naturel. La démarche du musée m’a beaucoup plu. Ce n’est pas un aquarium à but lucratif, il y a aussi un but scientifique et globalement politique. Cela correspondait vraiment à ce que je savais faire et ce que je voulais faire. » L’un des moments les plus intenses dans ces quatre dernières années reste la remise en mer de la tortue Rana en juin 2018. « C’était vraiment une aventure scientifique. Tout le monde au musée s’est senti impliqué. » Protéger, c’est un mot qui revient beaucoup dans la bouche du soigneur. Depuis six mois, en partenariat avec le gouvernement monégasque, il dirige un programme pour tenter de sauver les grandes nacres de Méditerranée décimées par un mal implacable. C’est dans le tout nouveau centre de soins pour la faune aquatique que cette action sera rendue possible. « En 2020, on aimerait mieux se faire connaître des plaisanciers et que cela devienne un réflexe pour eux de nous avertir quand ils voient un animal blessé en mer. »
