Impossible d’y échapper. Dans les rues de Monaco, de très nombreux abribus connectés ont été installés depuis mars 2019. Ce que l’on sait moins en revanche, c’est que ce marché des abribus fait actuellement l’objet d’un litige devant le Tribunal suprême de Monaco. Avec d’un côté, l’État Monégasque et le géant américain Clear Channel qui a remporté le marché, de l’autre, un géant français du secteur, l’entreprise JC Decaux qui n’a pas été retenue, et qui a porté cette affaire devant le tribunal monégasque. Pour l’avocat, Me François-Henri Briard qui défend JC Decaux, l’attribution de ce marché à Clear Channel par l’État est entachée de nombreuses irrégularités et manquements. « L’administration s’est entourée d’une obscurité la plus totale dans le lancement de la procédure. Aucune règle, aucun appel à concurrence, aucun cahier des charges, aucun calendrier. Dans cette affaire, c’est un véritable marché de dupe », a lancé l’avocat devant le tribunal, qui a demandé à l’État monégasque la réparation du préjudice subi : un montant de deux millions d’euros. Tout autre son de cloche en revanche pour Me Molinié qui défend l’Etat monégasque. Selon lui, aucune irrégularité n’a été commise par la direction de l’aménagement urbain (DAU) en charge de ce dossier, et une consultation a bel et bien été lancée aux deux sociétés. « JC Decaux a fourni un bref document de deux pages, incomplet, que la DAU a demandé de compléter sur certains points. De son côté, la société Clear Channel a fourni un dossier très complet de 200 pages », a défendu l’avocat. Délibéré rendu le 5 mars.
