mercredi 29 avril 2026
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    Madeleine Zepter L’art dans la peau

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    Success story — Femme d’affaires, à la tête d’un empire industriel avec son mari Philip, la résidente monégasque de nationalité serbe, Madeleine Zepter, est également un grand mécène dans le domaine des arts et des lettres. L’Observateur de Monaco fait les présentations —

     

    C’était le 17 juin dernier au sein de la Villa Trianon, merveilleuse demeure qu’occupe la famille Zepter à Roquebrune-Cap-Martin. Ce soir-là, c’est face à de nombreux invités qu’elle recevait la médaille française de chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres des mains de l’ancienne ambassadrice de France à Monaco, Marine Carné de Trecesson. Une reconnaissance très importante aux yeux de Madlena Jankovic, son vrai nom. Âgée de 72 ans, elle a accepté de retracer son parcours personnel et professionnel pour l’Observateur de Monaco. Car l’histoire de Madeleine Zepter débute loin de la principauté. Son père fut un ingénieur slovène. Sa mère, de nationalité serbe, a réussi à créer à l’époque communiste une maison de couture renommée. La famille est prospère, les parents transmettent déjà à Madlena leur amour de l’art et de la culture. La vie paisible est pourtant agitée par le divorce de ses parents et « l’élimination par le nouveau régime politique de l’ancienne élite belgradoise après la guerre ».

    100 millions d’utilisateurs

    Pourtant une nouvelle étape déterminante va bientôt avoir lieu. En 1971, alors étudiante à l’université de Belgrade, d’où elle ressort diplômée en langue et littérature serbes, Madeleine fait la rencontre de celui qui est encore aujourd’hui son époux, Philip. Le lien indéfectible qui les relie ? « Ténacité », « persévérance » et « optimisme », nous indique-t-elle. « Nos rêves étaient notre unique départ. » Après Belgrade, direction l’Autriche à Linz pour 12 ans, où est officiellement lancée en 1986 leur entreprise Zepter International. Son concept se base sur une « mission de santé à travers le bien-être et la beauté pour tous ». Et ce, via la vente directe de produits « qui possèdent tous quelque chose d’original et de spécifique ». Ce qui fait leur renommée rapide ? Des ustensiles de cuisine. Depuis, c’est une ribambelle de produits estampillés “Zepter” qui sort de leurs sept usines en Allemagne, en Italie et en Suisse. La société compte également de nombreux magasins répartis dans les plus grandes villes du monde telles qu’Athènes, Barcelone, Belgrade, Budapest, Chicago, Moscou, Munich, Paris, Prague, Vancouver, Varsovie, Zagreb etc. « Cette réussite n’aurait pas été possible sans une vision à long terme doublée d’un sens de l’opportunité dans le monde des affaires. » A Monaco, la boutique se trouve sur l’avenue Saint-Laurent. En 2019, l’empire Zepter est présent dans une quarantaine de pays et comptabilise 100 000 collaborateurs. « 100 millions de personnes utilisent nos produits au quotidien », glisse Madeleine Zepter.

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    « Si je devais conseiller des jeunes, je leur dirais d’identifier une passion, d’être prêts à l’échec, de travailler très dur, de rester soi-même et de suivre ses convictions »

    « L’art est humain »

    Ce n’est qu’en 1991 que le couple et leur fille Emma s’installent à Monaco. Encore un moment essentiel aux yeux de Madeleine qui n’hésite pas à en parler comme un « catalyseur d’une grande créativité » lui ayant permis « d’en apprendre plus » sur elle-même. Avec son pays d’adoption, elle multiplie les actions : participation à la réalisation d’un livre sur la salle Garnier, Grand Prix de Formule 1, Golden League Athletic Meeting, Herculis, Monte-Carlo tennis open, World music awards, Monaco Yacht Show, tournoi de golf. Et c’est paradoxalement en étant éloignée de sa terre natale, la Serbie, qu’elle a ressenti le besoin de revenir à ses origines. « C’est un sentiment qui dépasse la seule raison, c’est comme aimer ses parents, sa fratrie, assure-t-elle. C’est une reconnaissance pour la culture, l’art, l’histoire, la langue offerte par le pays de mes racines. » Les allers-retours entre la principauté et Belgrade sont d’ailleurs très réguliers. Autre amour qui la pousse à l’action : celui qu’elle porte depuis son enfance à l’art. « Mon amour pour l’art est devenu quasi obsessionnel. Il répond au besoin d’épancher ma soif de beauté. L’art est essentiellement humain donc authentique », nous confie-t-elle.

    « Travailler très dur, rester soi-même »

    Femme d’actions, portée par un statut social plus qu’enviable, elle enchaîne les initiatives en faveur de ce domaine. A l’image de l’ouverture en 1998 de l’opéra-théâtre Madlenium à Belgrade, la capitale serbe, seul opéra entièrement privé d’Europe. Il y a également le musée (2010) et le palais Zepter, légués à la ville de Belgrade. Il y aura aussi la naissance d’un prix littéraire européen Madeleine Zepter qui a récompensé pendant plusieurs années à Paris le roman d’un auteur européen, écrit ou traduit en langue française. On peut aussi citer Madl’art, maison de ventes aux enchères, Zepter Book World, maison d’édition, ArtZept, un concours international de design, ou encore le fonds pour les jeunes talents. « Tout ceci n’aurait pas été possible sans un soutien sans faille de ma famille », réagit Madeleine Zepter. Quand on lui demande ce qu’elle pourrait conseiller à un jeune qui démarre sa carrière, elle défend immédiatement l’idée de « courir vers les rêves » et de « défier les structures et intérêts préétablis ». « Si je devais conseiller des jeunes, je leur dirais d’identifier une passion, d’être prêts à l’échec, de travailler très dur, de rester soi-même et de suivre ses convictions. » Au vu de son parcours, on ne peut que recommander à tous les hommes et femmes d’affaires en herbe de ne pas oublier ces précieuses indications.

     

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