jeudi 16 avril 2026
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    Et pourquoi pas une passerelle piétonnière en bord de mer ?

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    Urbanisme — Depuis plusieurs années, l’association monégasque Ecopolis travaille sur un projet de cheminement pédestre qui relierait, au niveau de l’hôtel Fairmont, l’extrémité de l’auditorium Rainier III au prochain éco-quartier de l’Anse du Portier. 275 mètres sous forme de passerelle au-dessus de la mer pour éviter la traversée d’un tunnel jugé étroit, bruyant et odorant —

    « Tout est finalement né d’un constat simple. Ce n’est plus possible de devoir marcher dans ce tunnel de l’auditorium Rainier III. Cela fait 44 ans que l’on passe dans ce tunnel et que personne ne réagit. C’est par exemple la première chose que voient les croisiéristes qui font escale à Monaco. Et ce n’est certainement pas la carte de visite que l’on souhaite montrer de notre pays parce que c’est très agressif. » Claudia Batthyany est membre d’Ecopolis, une association monégasque qui a fait du cadre de vie et de l’écologie ses maîtres-mots. Avec les autres adhérents, elle a planché sur un projet innovant afin de « proposer une solution à la hauteur ». Selon Ecopolis, il est vraiment dommage de ne pas utiliser cette partie de côte qui ferait un argument touristique supplémentaire pour la principauté. Ce cheminement piétonnier d’une longueur de 275 mètres s’inspire volontairement de ce qui a été fait depuis quelques années à Marseille entre le fort Saint-Jean et le MuCem (musée de la Méditerranée). « A Monaco, ce n’est pas un projet utopique, plaide Evelyne Tonelli, présidente de l’association. Nous avons rencontré de nombreux experts pour nous dire si cette idée était farfelue ou bien faisable. » L’ensemble du dossier a été envoyé en février 2017 au cabinet du prince. Notamment les éléments d’ingénierie et le volet financier. C’est le département de l’équipement, de l’urbanisme et de l’environnement, sous la houlette du conseiller-ministre de gouvernement Marie-Pierre Gramaglia, qui a répondu en avril 2017, expliquant que le projet était à l’étude. Et depuis ? « Plus rien ! On veut défendre cette idée. Car c’est aussi ça le rôle des associations », soutient Evelyne Tonelli. « On y croit », confirme Claudia Batthyani.

    Voler au-dessus de l’eau

    Ecopolis a fait appel à Corrado Bevacqua, designer italien établi à Monaco, afin de modéliser concrètement ce que pourrait être cette passerelle. « Il s’agit d’une structure liée à la mer, librement inspirée d’un squelette d’animal marin. Le côté esthétique était important pour nous. Pour moi, c’est comme un balcon sur la mer qui n’est pourtant pas invasif », explique l’homme. Le plus du projet ? Aucun impact sur le milieu marin puisque la passerelle est soutenue par des câbles rattachés aux piliers qui soutiennent l’hôtel Fairmont. Élevée à huit mètres de haut, elle ferait 275 mètres de longueur pour 3,50 mètres de largeur entre l’extrémité de l’auditorium Rainier III au début de la future extension en mer. Ainsi, les marcheurs pourraient rallier le port Hercule au Grimaldi Forum par le front de mer. « C’est suffisamment haut pour résister aux coups de mer ou à la houle. » Pour les porteurs du projet, cette passerelle — outre son côté esthétique — s’adresse aussi bien au touriste, qu’au joggeur, qu’au résident, au Monégasque et permet le passage de fauteuil roulant. La structure porteuse est en métal, les lames sont composées d’un mélange de fibre de lin, le plancher sera fait avec des lattes de récupération de bois. « Nous respectons toutes les règles de sécurité. Il y a moins de 10 cm entre chaque lame. Les éléments sont modulables et faciles d’entretien. Il y aura des zones où l’on pourra s’asseoir et le tout sera positionné à un mètre de la façade de l’hôtel Fairmont. C’est simple, on a comme l’impression de voler au-dessus de l’eau sur cette passerelle », souligne Corrado Bevacqua.

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    « Pas un caprice mais une évidence »

    Concernant le volet financier, le montant du projet — sur cette base — a été estimé à 6 millions d’euros. Mais là encore, l’association Ecopolis a travaillé son sujet en suggérant un système de parrainage financier par des entreprises partenaires pour soulager les deniers publics. « Si jamais cette somme était un frein aux yeux du gouvernement, on pourrait donner la chance à des entreprises d’acheter un mètre de la passerelle en apposant leur logo sur les lattes », développe Claudia Batthyani. Avec les travaux de l’Anse du Portier mais aussi ceux du réaménagement du Larvotto, les membres d’Ecopolis sont convaincus que le moment est venu. « Ce serait malheureux que ces deux mondes modernes, que sont le Yacht Club de Monaco et le nouvel éco-quartier de l’Anse du portier, ne soient reliés que par ce point noir qu’est le tunnel. Ce que nous proposons n’est pas une révolution. Cela ne change rien à ce qui a été programmé mais en même temps, cela change tout », insiste Evelyne Tonelli. Parce qu’ils y croient, les membres d’Ecopolis prennent leur bâton de pèlerin pour convaincre du bien-fondé de leur proposition qui répond, selon l’association, « à toutes les contraintes qu’elles soient techniques, écologiques ou économiques ». « Monaco est en train d’investir pour une ville durable. Ce projet de passerelle n’est vraiment pas un caprice. Pour nous, c’est une évidence. Plus on en parle, plus on est motivés. On ira jusqu’au bout », prévient la présidente.

     

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