SOCIETE/Le refuge, l’Abri, qui accueille à Èze les animaux abandonnés de Monaco et des villes avoisinantes est totalement saturé et se dégrade. Le gouvernement espère la création d’un nouveau refuge à Peille.
Gouvernement et conseil national font le même constat : le refuge baptisé, l’Abri, situé sur la commune d’Èze est non seulement totalement vétuste mais aussi ultra-saturé. Depuis de nombreuses années, les autorités monégasques et la SPA bataillent ainsi avec les communes avoisinantes pour construire un nouveau refuge. Problème : « Toutes les communes avec des terrains disponibles en France ont toujours refusé d’accepter la construction d’un nouvel abri pour les chiens et les chats abandonnés, a rappelé le président du Conseil national, Stéphane Valeri lors des séances budgétaires. Le nôtre, on ne peut plus l’améliorer car les règles préfectorales françaises font qu’il est désormais situé trop près de maisons d’habitation. Résultat : le refuge se dégrade toujours plus ». Autre problème : cette structure inaugurée en 1954 n’ouvre quasiment plus ses portes au grand public : « Les familles qui ont envie d’adopter doivent pouvoir être accueillies. Or, aujourd’hui, c’est quasiment impossible. Étant donné le contexte, les animaux aboient énormément. Pour toutes ces raisons, il faut trouver une solution », a encore insisté Stéphane Valeri.
Un abri au Jardin exotique ?
Justement, une solution avait été envisagée sur le territoire monégasque. Le gouvernement avait étudié la piste de construire un abri à l’entrée de Monaco au Jardin exotique, à côté du musée d’anthropologie. Mais a priori, cette piste n’est plus vraiment à l’ordre du jour : « C’est une solution qui ne nous satisfait pas pour plusieurs raisons, a indiqué Marie-Pierre Gramaglia, conseiller-ministre à l’équipement et à l’urbanisme. D’abord, le m2 est rare à Monaco. Ensuite, nous avions chiffré la construction de cette SPA à plus de 7 millions d’euros. Je considère enfin que dans un environnement hyper urbain comme le nôtre, enfermer des animaux dans des cages, ce n’est pas optimal pour leur bien-être. C’est pour cela qu’on essaie de privilégier des solutions en France ».
La piste de Peille
La piste la plus concrète actuellement étudiée se situe sur la commune de Peille. Mais avant de concrétiser ce projet, les autorités monégasques doivent produire en amont deux études assez « complexes » précise le gouvernement. D’abord une étude d’assainissement qui est en cours par la Direction de la prospective et de l’urbanisme, et ensuite une étude faune/flore pour mesurer l’impact de cette petite construction. « Pour la mener, il faudra toutefois attendre le printemps 2019 », précise encore le gouvernement. Sur le nombre d’animaux, cela n’ira pas au-delà de 50. Car, au-dessus de ce seuil, les études d’impact sont encore plus longues. Autre annonce faite lors des débats budgétaires : la Spa proposera une offre pour acquérir le terrain à Peille. Ce qui permettrait de faire avancer le projet plus rapidement.
_Sabrina Bonarrigo
