POLITIQUE/A l’exception de Daniel Boéri qui s’est prononcé contre et Thierry Crovetto qui s’est abstenu, tous les élus du Conseil national ont voté en faveur de la loi de désaffectation permettant l’extension en mer.
Débat particulièrement calme après la tempête du 27 avril (1). Au terme des discussions, 22 conseillers nationaux sur 24 ont donné leur feu vert à la loi de désaffectation pour le projet d’extension en mer à l’Anse du Portier. Dans son rapport où il enjoignait ses collègues à voter pour, Marc Burini rappelait la singularité d’un projet de loi aux 150 pages de traité et aux 12 000 pages d’annexe ! Le « souhait ardent » de Serge Telle et de son gouvernement de vote du texte pour « donner à la Principauté le moyen de grandir » n’a pourtant pas convaincu le doyen Daniel Boéri. Dénonçant « des risques de dérapages » en matière de coût et de délai mais aussi « une identité nationale absente du projet qu’on nous propose », il a choisi de voter contre. Pas convaincu non plus, Thierry Crovetto s’est abstenu. Son angle d’attaque : la non participation au financement du projet par l’Etat. « Ça a déjà coûté des millions en études et ce n’est pas terminé […] Enfin l’ouvrage occasionnera des frais d’entretien. »
Droit à bâtir
La même question « centrale » avait été posée en lancement des débats par Laurent Nouvion, « préoccupé par l’entretien de cette future dalle, par son coût pris en charge par l’Etat et non par le titulaire du contrat et cosignataire du traité de concession. » L’élu UM Bernard Pasquier enfonçait le clou en soulignant « les 55 000 m2 de droits à bâtir cédés aux promoteurs » qui le faisait voter pour mais « du bout des lèvres ». Autre leitmotiv des élus, celui d’un quartier dont seraient exclus les Monégasques. « Il est plus difficile de s’approprier un quartier qu’on ne peut que traverser et non habiter » insiste Jean-Michel Cucchi, déçu de la « taille réduite » du projet. Thierry Poyet déplorait lui « des coûts majorés et des recettes surestimées ». L’ambiance apaisée des débats n’empêchait pas quelques piques acerbes contre la « méthode » de l’ex-président, Laurent Nouvion et de Jacques Rit, émissaires du Conseil national dans ce dossier. « Goût amer » pour Jean-François Robillon ou enlisement « dans un marécage technico-législatif poisseux » pour Philippe Clérissi.
Rénovation du Larvotto
Si les élus demandaient une meilleure communication entre gouvernement et Haute assemblée, tous saluaient tout de même les contreparties obtenues par le gouvernement de Serge Telle. Celui-ci confirmait la demande « au groupement qui œuvre sur le projet d’assumer la rénovation nécessaire pour mettre en cohérence le quartier du port et celui du Larvotto, pour valoriser notre façade maritime ». Les promoteurs de l’opération devraient en effet prendre en charge la rénovation du littoral du Larvotto. Le président Christophe Steiner concluait finalement la séance en remerciant les élus pour le travail effectué au sein des commissions « quelle que soit leur appartenance politique » et « pour les débats apaisés qu’il y a eu ce soir.»
