lundi 25 mai 2026
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    Extension en mer
    Un chantier écolo ?

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    ECOLOGIE/Le chantier de l’extension en mer du Portier a démarré. Logiquement, la question de son impact sur l’environnement est posée par certains scientifiques.

    Au démarrage des travaux du Portier, début septembre, le professeur Alexandre Meinesz, biologiste à l’Université de Nice Sophia-Antipolis, n’a pas tardé à exprimer ses craintes dans les médias pour l’écosystème marin. « En recouvrant ces petits fonds — soit 500 espèces d’algues et des milliers d’organismes marins et des petits poissons, N.D.L.R. —, on va réduire la biodiversité. Ce ne sont pas les travaux qui sont les plus dangereux. Les travaux et les pollutions n’ont qu’un impact temporaire ce n’est rien à côté de cette destruction par recouvrement », a ainsi déclaré le scientifique à France Bleu. En ajoutant : « Monaco a déjà détruit, avec neuf ouvrages par recouvrement, 81 % des petits fonds marins entre 0 et 10 mètres et 60 % entre 10 et 20 mètres. »

    Double contrôle

    Un risque environnemental que réfute aujourd’hui le gouvernement monégasque. « Sur l’impact environnemental, les engagements seront tenus », a indiqué Serge Telle, dès le point presse de rentrée, début septembre. « Une partie des délais (10 ans de travaux, N.D.L.R.) est dûe aux précautions prises par Bouygues Travaux publics pour réaliser ces travaux dans une démarche environnementale. La faune et la flore marines seront préservées », a promis le ministre d’Etat. « Il y aura deux niveaux de suivi », ajoute Robert Colle, le secrétaire général du gouvernement. « Le volet surveillance des milieux naturels est assuré par Bouygues », précise Jean-Luc Nguyen, directeur de la mission urbanisation en mer (Urbamer). D’une part, techniquement, pour la construction de la dalle, les opérations s’effectueront soit par une benne écologique étanche, soit par une “drague aspiratrice”, afin d’éviter toute diffusion de turbidité. Matériaux de remblai lavés au préalable, installation d’un rideau anti-turbidité, évacuation des sédiments pollués, calcul en temps réel de la qualité des eaux à toutes les phases de travaux… En cas d’anomalies, les opérations seront immédiatement déplacées ou arrêtées. Le vrai risque ne pouvant venir que d’un incident de chantier.

    Pour autant, pas question pour le gouvernement de faire une confiance aveugle à l’opérateur. « L’Etat a la responsabilité de vérifier que les engagements pris seront tenus. C’est bien de faire confiance, mais contrôler, c’est mieux », juge Serge Telle. Urbamer a donc mis en place son propre système de mesures, en parallèle des process qualité de Bouygues et de la SAM Anse du Portier, qui finance les 2 milliards de travaux de l’extension maritime. « On lance actuellement des appels d’offres pour les fournitures de matériels. Caméras, pièges à sédiment, capteurs… », indique Jean-Luc Nguyen. A terme, ces capteurs, reliés à des ordinateurs, assureront le monitoring étatique avec des mesures à distance. Un biologiste plongeur vérifiera ce qui se passe concrètement sous l’eau pour stopper le chantier, si besoin.

    En outre, un comité environnemental composé de biologistes et d’ingénieurs (voir encadré) a été missionné pour améliorer le projet. L’objectif étant que l’infrastructure maritime devienne in fine un véritable lieu d’habitat pour les espèces animales et végétales. Il s’agit « d’adapter les parois horizontales ou les caissons. L’idée, grosso modo, est d’utiliser du béton rugueux et pas lisse pour que les organismes marins s’accrochent. On peut aussi imaginer que le fond des caissons soit couvert d’aspérités pour créer des grottes artificielles. Le comité a proposé une vingtaine d’options pour modifier en amont la structure du béton afin de faciliter cet habitat artificiel ». A Bouygues désormais d’expliquer si ces solutions sont faisables techniquement ou pas… L’opérateur planche actuellement sur la question. Une réunion est prévue en octobre, et les décisions devraient intervenir avant la fin 2016. « Le mouvement est en cours », conclut, confiant, Jean-Luc Nguyen.

     

    NUISANCES/

    Le Grimaldi Forum baisse ses tarifs

    Dommage collatéral du chantier du Portier, le Grimaldi Forum a dû baisser les tarifs des séminaires qu’il accueillera dans les prochaines années. Une décision financière prise logiquement en raison des nuisances liées aux travaux, et ce malgré la pose d’un mur anti-bruit. « C’est une grosse contrainte qu’ils devront gérer. On a fait des réunions à trois avec le groupement en charge des travaux pour en discuter », a expliqué Serge Telle lors du point presse de rentrée début septembre. « L’extension en mer est une chance pour le Grimaldi Forum qui va obtenir des m2 supplémentaires qui lui permettront de devenir un concurrent direct de Barcelone », a justifié le secrétaire général Robert Colle. _M.R.

     

    Monitoring/

    7 scientifiques au chevet du chantier

    Le comité de suivi environnemental, qui contrôle le projet d’urbanisation en mer, est composé de 7 scientifiques et ingénieurs. On y retrouve Denis Allemand, directeur du Centre scientifique de Monaco ; David de Monbrison, spécialiste des aménagements portuaires et leurs impacts sur la biodiversité ; Samir Nassif, spécialiste en génie civil et travaux maritimes ; Sylvain Pioch, écologue marin travaillant sur les mesures compensatoires et l’écoconception ; Giulio Relini, membre du conseil scientifique de l’Institut océanographique et spécialiste en récifs artificiels, biocénose benthique, espèces allochtones, cirripèdes ; François Simard, ancien directeur adjoint du musée océanographique, directeur-adjoint du programme marin et polaire de l’IUCN (International Union for Conservation of Nature) ; et enfin Marcel Stive, professeur de génie côtier et de génie hydraulique. _M.R.

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