jeudi 30 avril 2026
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    Parking de 3500 places à Èze : le très fort scepticisme du Conseil national

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    Coût jugé exorbitant, impact environnemental contesté et incertitudes juridiques… Le projet de parking-relais de la Brasca, à Èze, continue de susciter de profondes réserves au Conseil national. De son côté, le gouvernement rappelle qu’aucune décision n’est arrêtée à ce stade et que le projet ne pourra avancer qu’après la sécurisation du cadre juridique avec la France et la réalisation d’études technico-économiques approfondies.

    C’était en octobre 2023… Le gouvernement monégasque annonçait devant les élus du Conseil national son souhait de créer un vaste parking-relais de 3500 places à Èze, sur le site de la Brasca, à proximité de la sortie du tunnel de l’autoroute. Objectif : permettre aux automobilistes venant de Nice et de l’arrière-pays d’y laisser leur véhicule avant de rejoindre Monaco via une liaison souterraine. Budget prévu pour ce projet : 1,2 milliard d’euros. Dès le départ, ce projet avait suscité un grand scepticisme de la part des élus du Conseil national. Deux ans après cette annonce, les doutes sont toujours aussi tenaces. Mi-décembre, lors des séances budgétaires, le conseiller national, Roland Mouflard, a d’abord fait part de ses réserves sur le budget prévu : « 1200 millions d’euros, soit l’équivalent de trois centres commerciaux de Fontvieille me paraît un montant difficilement concevable au regard des finances publiques monégasques, a-t-il souligné. Sur le plan économique, le coût par véhicule retiré de la circulation est de 350 000 euros. C’est tout simplement exorbitant, et la perspective de rentabilité est inexistante. Dans un contexte où chaque euro public doit être défendu et utile au bien commun, il est difficile de trouver ce budget rationnel. »

    « 1200 millions d’euros, soit l’équivalent de trois centres commerciaux de Fontvieille me paraît un montant difficilement concevable au regard des finances publiques monégasques, a souligné l’élu Roland Mouflard. Sur le plan économique, le coût par véhicule retiré de la circulation est de 350 000 euros. C’est tout simplement exorbitant, et la perspective de rentabilité est inexistante. » © Photo Conseil National

    « Une empreinte carbone immense pour un bénéfice très limité »

    Sa deuxième observation est d’ordre environnemental. Selon lui, le chantier représente « une empreinte carbone immense pour un bénéfice très limité. Si les voitures effectuent déjà l’essentiel de leur trajet jusqu’à La Brasca, l’équation carbone entre construction de béton de cette ampleur, et émissions réellement évitées, sera forcément très, très, défavorable. » Enfin, ce conseiller national évoque l’impact sur la circulation qui, selon lui, restera marginal. « Les difficultés structurelles de l’entrée et de la sortie de ville ne seront pas résolues par le nombre peu élevé de voitures qui seront retirées de la route. Ma question est donc très simple et s’adresse à l’ensemble du gouvernement : pourquoi investir autant, pour si peu ? ». Le scepticisme est tout aussi fort chez le vice-président du Conseil national, Jean-Louis Grinda : « Le gouvernement est dans son rôle de prévoir des solutions. Néanmoins, je trouve, celle-là, particulièrement mauvaise. J’ai les plus grandes réserves sur le côté opérationnel de cet ouvrage. Et j’ai encore de plus grandes réserves sur le risque juridique qu’il nous fera courir à tous », a-t-il indiqué.  

    « Avoir des études technico-économiques très robustes »

    En réponse, le gouvernement a rappelé que rien n’est encore acté sur cette opération. Un appel à projets a bien été lancé et quatre équipes ont candidaté, mais aucun groupement n’a été missionné à ce stade, car le projet nécessite deux conditions préalables. D’abord, établir de façon « très claire » le cadre juridique de l’opération. « Ce projet sera organisé à 95% en France. Il faut donc, avant tout démarrage, que nous puissions avoir un projet d’accord, signé, peut-être même ratifié, par la partie française, sauf à considérer que nous prendrions des risques juridiques importants sur le déroulement de l’ensemble du projet, comme vous le souligniez monsieur Grinda », a précisé Christophe Mirmand.  Deuxième élément tout aussi important aux yeux du gouvernement : « avoir des études technico-économiques très robustes pour confirmer la validité du concept. Aujourd’hui, je ne crois pas que nous en disposions », a ajouté le ministre d’État. « 1,2 milliard d’euros, si c’est effectivement le prix de sortie d’un tel projet, c’est une somme considérable. Il faut donc être sûr que cette infrastructure, soit effectivement une solution pertinente. » Une prudence et une méthode qui ont visiblement convaincu les élus. 

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