Le Conseil national, via l’institut BVA Xsight, a demandé aux 7775 Monégasques inscrits sur les listes électorales de donner leur avis sur des thématiques centrales qui concernent leur quotidien. Voici ce qu’il faut en retenir.
Est-ce un exercice de démocratie participative ? Une enquête citoyenne ? Un sondage ? Le Conseil national préfère nommer cela “grande consultation“. Du 11 septembre au 10 octobre 2024, la Haute assemblée a souhaité recueillir l’avis des Monégasques sur des thématiques centrales de leur quotidien : qualité de vie, logement, commerces, priorité nationale, harcèlement scolaire, santé, sans oublier, la délicate question de la légalisation de l’avortement. Au total, 7 775 Monégasques inscrits sur les listes électorales étaient invités à répondre (anonymement) à une série de questions, soit en ligne, soit sur papier. Près de 2 768 questionnaires ont été reçus (1), représentant un taux de participation de 38 %. Une mobilisation saluée par Thomas Brezzo, président du Conseil national : « Cette consultation est pour nous une réussite. Elle nous amène à réfléchir et à prioriser certains sujets par rapport à d’autres », a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse, tout en insistant sur le sérieux de l’exercice. « Je tiens à préciser, bien sûr, que rien n’a été modifié sur les chiffres. Ce sont uniquement ceux de l’institut BVA. Tout est transparent. Ce n’est pas le rapport du Conseil national.»
La qualité de vie en tête des préoccupations
À la question : aujourd’hui quels sont les enjeux auxquels vous prêtez le plus d’attention à titre personnel ? 63 % des Monégasques placent la qualité de vie au sommet de leurs préoccupations. « C’est un chiffre qui nous a étonnés. On imaginait que l’éducation et le logement seraient beaucoup plus hauts. Et on s’aperçoit que la qualité de vie est la priorité des Monégasques. Concrètement, ce sont les nuisances, les travaux et surtout les problèmes de mobilité », résume Stephan Machère–Doherty, conseil en communication du Conseil national. Alors que le pays affiche un taux de délinquance quasi nul, la sécurité arrive en deuxième position (à 34 %). Une inquiétude probablement amplifiée par un climat voisin tendu. « Le contexte extérieur, notamment en France, joue sans doute un rôle dans ces chiffres », estime ce communiquant. Au-delà de la qualité de vie et de la sécurité, la santé (37 %) et le logement (26 %) figurent également parmi les priorités. Le coût de la vie (21 %) et l’éducation (19 %) arrivent en revanche un peu plus bas dans la hiérarchie des préoccupations.
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Les autres points à retenir
Les Monégasques se sentent heureux à Monaco à 89%
Quel est le niveau de bonheur ressenti par la population nationale ? C’est ce que les élus ont voulu savoir à travers sa grande consultation. La question était la suivante : « Personnellement, je dirais que je me sens heureux ou heureuse. » « A l’époque, c’était l’indice français du bonheur, et depuis, Ipsos a étendu ça sur tous ses marchés. Cela devient l’indice international du bonheur. J’ai donc demandé à l’institut BVA qu’il nous fasse exactement le même questionnement au niveau local », indique Stephan Machère–Doherty, conseil en communication du Conseil national. Et le résultat est plutôt clair. Près de neuf Monégasques sur dix se sentent heureux dans leur vie (89 %). Un résultat qui place Monaco en tête des sociétés les plus satisfaites de leur sort par rapport à d’autre pays. Cependant, l’enquête révèle une nuance intéressante lorsque la question se fait plus collective. Lorsqu’on demande : « En règle générale, j’ai le sentiment que les Monégasques se sentent heureux », le taux de réponses positives tombe à 74 %. Ce contraste révèle un paradoxe intéressant. Comme l’explique ce communiquant : « C’est un peu comme dans un village gaulois : chacun se sent bien dans son cocon, mais pense que ses voisins râlent… ».
Faut-il une classe préparatoire à Monaco ?
C’est un débat qui dure depuis des années en Principauté. Et les élus ont voulu savoir ce qu’en pensent les Monégasques. À la question : selon vous, faut-il créer une filière de classe préparatoire après le Bac, par exemple, pour l’accès à de grandes écoles de commerce ? La réponse des nationaux est positive à 67%. 13% ont répondu non, et 20% ne se prononcent pas. « Il ne s’agit évidemment pas de faire un campus de 800 hectares mais de créer simplement une classe préparatoire en Principauté. Lorsque l’on regarde en détail les chiffres, ce sont surtout les jeunes qui y sont favorables mais, chose étonnante, les plus de 65 ans le sont aussi à plus de 70 %. Ce sont sans doute des grands-parents pour leurs petits enfants », commente Stephan Machère–Doherty, conseil en communication du Conseil national.
Lutte contre le harcèlement scolaire, alerte rouge ?
Pensez-vous que la question du harcèlement scolaire au sein des établissements de Monaco soit traitée à la hauteur du phénomène ? A cette question, les Monégasques sont plutôt critiques. 36% seulement ont répondu oui. 31% ont dit non, et 33% ne se prononcent pas.
Commerces : des Monégasques insatisfaits du rapport qualité/prix
Que pensent les Monégasques des commerces en Principauté par rapport à ceux présents dans les régions voisines ? Selon l’enquête BVA Xsight, 70 % des Monégasques se disent satisfaits de la qualité de l’accueil des commerces à Monaco. Cependant, la satisfaction chute drastiquement lorsqu’il est question du rapport qualité/prix. Seulement 29 % des répondants se déclarent satisfaits sur ce point. Les nationaux souhaitent des commerces plus accessibles et estiment que la Principauté fait un peu trop la part belle au luxe. A noter également que moins de la moitié des Monégasques (43%) se disent satisfaits de la variété des enseignes à Monaco. Concernant le Centre commercial de Fontvieille, 47 % des nationaux plaident pour une restructuration complète, 25 % estiment qu’une remise à niveau limitée suffirait, tandis que 26 % se contenteraient de quelques aménagements.

