mardi 21 avril 2026
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    Des automobiles de collection bichonnées au garage des Moneghetti

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    Situé au 11 rue Jean Jaurès, à Beausoleil, le garage des Moneghetti est la crème de la crème du milieu. Ici, les automobiles de collection sont chouchoutées autant que possible par une équipe de vrais spécialistes.

    « On n’a pas vraiment pignon sur rue, les gens n’arrivent pas ici par hasard », explique Jérôme de Salvador, gérant du garage des Moneghetti, spécialisé dans les voitures anciennes. Situé à quelques marches d’escaliers de la Principauté, l’établissement, qui a ouvert ses portes en 2013, est à l’abri des regards. Pour s’y rendre, il suffit de suivre les indices dispersés sur le chemin. Les belles d’antan commencent à pointer le bout de leur nez au fur et à mesure que vous vous en approchez. Des effluves d’huile moteur et d’essence parfument l’air, le tout dans une symphonie de cliquetis de clés et autres outils.

    Garage Moneghetti Automobiles Collection Mélanie Jérôme de Salvador Voitures
    Jérôme jette un coup d’œil au moteur d’une Mercedes-Benz 600 ayant appartenu à Elvis Presley. © Photo Chloé Rouil / L’Observateur de Monaco

    À l’intérieur de l’atelier, un véritable ballet est en train de se produire. Deux jeunes mécaniciens sont attelés à inspecter les dessous du capot d’une Pontiac. Un peu plus loin, une vieille Mercedes semble donner du fil à retordre à David, un ouvrier plus expérimenté. Tout ce petit monde circule dans un espace assez restreint dans lequel presque chaque mètre carré est utilisé. Avant de devenir maître dans l’art de bichonner d’anciennes autos, Jérôme s’est d’abord lancé un défi.

    « Si on ne payait pas le loyer, c’était terminé »

    « Quand on a commencé, on a ouvert avec deux paires de chandelles, deux tournevis, des pinces et un cliquet », plaisante le gérant du garage. Le mécanicien fait ses premières armes au sein du groupe Cavallari. Sa carrière continue chez Mercedes, où il rencontre Mélanie, alors assistante d’accueil. Après la naissance de leur premier enfant, ils décident de se mettre à leur compte, font leurs valises et débarquent à La Ciotat. Peu de temps après, « on a eu vent de la disponibilité d’un local à Beausoleil, situé juste à côté de là où j’ai commencé, commente Jérôme, on s’est dit que cela pouvait être une bonne idée. »

    Ni une ni deux, à peine vidées, les valises sont derechef rechargées, nouveau départ en direction de Beausoleil. Une course contre-la-montre débute. Anciennement occupé par Brossette, le local est encombré par du matériel de plomberie en tout genre. « Le premier mois, si on ne parvenait pas à sortir un seul euro, on pliait bagage et on retournait vivre chez nos parents. Si on ne payait pas le loyer, c’était terminé », confie le quadragénaire.

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    À l’intérieur du garage, les belles d’antan occupent l’espace du sol au plafond. © Photo Chloé Rouil / L’Observateur de Monaco

    « C’est comme une vieille maison, on ne sait pas ce qu’on va découvrir à l’intérieur »

    « Au départ, on disait oui à tout, peu importe ce que les clients nous amenait (…) que ce soit trois vespas ou une trottinette », ironise Jérôme en souriant. Si à l’origine le garage ne se destinait pas nécessairement aux voitures classiques, des propriétaires commencent à emmener en réparation leurs véhicules de collection. De nature curieuse et doté d’une petite expérience sur ce genre d’auto, Jérôme saute sur l’occasion pour parfaire sa formation.

    Des centaines d’heures passées le nez dans des livres, d’autres à « téléphoner à des vieux de la vieille qui acceptaient de répondre » et la machine était lancée. Réparer et restaurer des voitures modernes est une chose, le faire sur des “charafis” (sic) (objets sans utilité, hors d’usage, N.D.L.R.) en est une autre. « Ce sont des autos qui ont 50 ou 60 ans (…) c’est comme une vieille maison, on ne sait pas ce qu’on va découvrir à l’intérieur ». De façon générale, Jérôme déclare que « les sensations sont différentes (…) tout doit être manipulé avec beaucoup de soin ».

    « En 2013, j’avais noté dans le planning qu’il fallait candidater en 2023 »

    « Quand j’ai commencé, on me prenait difficilement au sérieux. Les clients me demandaient “Vous connaissez ce genre de voiture ? Vous en avez déjà touché ? ” », confesse Jérôme. Devoir batailler avec ses clients pour obtenir leur confiance, c’est désormais de l’histoire ancienne. Au mois de février dernier, le mécanicien a obtenu la plus haute distinction dans le domaine : le titre de Maître-Artisan. « C’est un peu une revanche pour moi », explique le quadragénaire, pour qui cette reconnaissance est une véritable consécration.

    Pour l’obtenir, il faut respecter certains critères : une bonne gestion et réputation, la formation d’apprentis, et un minimum de dix ans d’inscription au répertoire des métiers. Une candidature qui était en préparation depuis déjà un moment. « En 2013, j’avais noté dans le planning qu’il fallait candidater en 2023 pour l’obtention du titre », divulgue Mélanie, épouse et bras droit administratif de Jérôme.

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    © Photo Chloé Rouil / L’Observateur de Monaco

    « Il n’y a pas de hiérarchie, chacun fait en sorte que le bateau avance »

    Pour les épauler, Mélanie et Jérôme peuvent compter sur une équipe de choc. Cinq mécaniciens automobiles et un spécialiste des deux-roues. L’ambiance qui règne est familiale et bon enfant, comme en atteste l’onglet “à propos” de leur site internet. Tout le monde a droit à son surnom et sa petite description. Jérôme et Mélanie “le tôlier” et “la tôlière”, Cyril Cujus, le “mécanicien sénior et opiniâtre nissart. Si lui ne sait pas faire, il ne reste que le cierge”.

    Derrière ces mots se cache la plume délicate de Lionel Aubert, le “vendeur-rockeur, virtuose de l’annonce et poète de l’auto”. Mélanie de Salvador révèle qu’ “il n’y a pas de hiérarchie, chacun fait en sorte que le bateau avance”. Tous les éléments de cette bande de joyeux lurons sont complémentaires et travaillent efficacement. « On s’admire tous sur ce qu’on ne sait pas faire, ou ce que sait faire l’autre », développe Jérôme.

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    Lionel Aubert accueille ses clients dans un bureau contemporain aux tons bois et noir. © Photo Chloé Rouil / L’Observateur de Monaco

    De célèbres véhicules à la vente

    « On a un vivier de véhicules de collection juste au bout de la rue », indique Lionel, ou “Lio” pour les intimes. L’un des petits derniers de l’équipe, arrivé en fin d’année 2023, s’occupe de mettre en valeur et de finaliser les transactions de voitures d’exception. Parmi elles, on peut trouver une Chevrolet Bel Air de 1957, couleur turquoise, “celebrity owned” (sic) (appartenant à une célébrité, dont l’identité est dévoilée au moment de la vente, N.D.L.R.), ou encore une Morgan 4/4 de 1969, conduite par Gérard Depardieu dans le film Les Valseuses.

    « Ce ne sont pas les célébrités qui nous contactent. On nous contacte pour vendre de belles autos, et à Monaco, la concentration de célébrités est plus importante qu’ailleurs », commente Lionel. Récemment, une Cobra Replica un peu particulière a fait son entrée au catalogue. Le “vendeur-rockeur” précise qu’« elle a appartenu pendant vingt ans à l’ancien champion du monde de Formule 1, Keke Rosberg, le père de Nico Rosberg, lui aussi pilote de Formule 1 ».

    Des demandes un brin loufoques

    Côté réparation et restauration, le quadragénaire et ses camarades sont habitués aux commandes singulières. « Monter une direction assistée sur une voiture qui n’en a pas, ça paraissait assez fou il y a dix ans », plaisante Jérôme. Les demandes particulières ne sont pas inhérentes à la vente de véhicules. « On a hybridé le moteur d’un pick-up des années 50 en rajoutant un moteur électrique en plus du V8 américain. On a laissé le moteur d’origine et on a ajouté un système d’injection à la place du carburateur (…) pour rouler à Monaco, c’est pratique », développe le gérant du garage.

    Pour diverses raisons, certains clients demandent à ce que les réparations soient faites à domicile. « Ces dernières années, il y a eu une augmentation du nombre de carspotters (passionnés de voitures anciennes ou de luxe qui photographient les automobiles dans l’espace public, N.D.L.R.). On a un client qui a une Alfa Roméo de course des années 30. Enzo Ferrari a couru avec cette auto. C’est le premier véhicule sur lequel le cheval cabré (le logo Ferrari, N.D.L.R.) a été posé. (…) Ce genre voiture, c’est compliqué de les amener jusqu’ici. »

    Le Garage des Moneghetti continue d’avoir des objectifs et de rêver toujours plus grand. Mélanie indique qu’un de leurs souhaits à long terme serait d’ouvrir « un deuxième local pour pouvoir faire de la restauration plus poussée, sans sous-traitance ». Au final, c’est tout le mal qu’on leur souhaite.

    Mehari Eden Monte-Carlo Garage Moneghetti Voiture Collection
    © Photo DR

    Dix exemplaires : la Méhari Eden Monte-Carlo

    En partenariat avec le 2 CV Méhari Club Cassis, le garage des Moneghetti a coproduit un modèle de Méhari 100 % électrique, baptisée “Méhari Eden Monte-Carlo”. « On s’est rapproché de l’artiste monégasque Anthony Alberti, aussi connu sous le nom de Mr OneTeas, pour faire le design », commente Lionel. Aux couleurs de la Principauté, l’auto présente « des cordages de marine et même des pare-battages sur le côté pour rappeler les bateaux. L’arrière peut se déplier complètement et faire un sunbed comme sur un Riva. Un logo “Monte-Carlo” en titane est apposé au centre du klaxon et sur le levier de vitesse. (…) Il y a même un parasol inclus, qui vient se mettre dans un emplacement réservé sur l’arceau. » Limitée à dix exemplaires, la Méhari Eden Monte-Carlo est disponible à la vente au garage des Moneghetti. Pour se l’offrir, il faudra débourser entre 50 000 et 55 000 euros.

    Iconique : les voitures de Grace Kelly

    Alpine automobile collection Grace Kelly Garage des Moneghetti
    © Photo L’Observateur de Monaco

    Dans la lignée des autos extraordinaires qui sont passées par le garage, Jérôme garde le souvenir d’une Ford Thunderbird plutôt spéciale. « Elle appartenait à Grace Kelly. Le premier véhicule de ce type mis en vente avait le chiffre deux comme numéro de série. On sait que le tout premier modèle construit a été offert à Grace Kelly. Tout était personnalisé. Elle a choisi une carrosserie couleur pastel qui n’était pas disponible au catalogue, tout comme l’intérieur (…) Sous les sièges, cachées derrière les ressorts, il y avait encore les petites étiquettes avec écrit “Grace Kelly” à la main ». Mais cette Ford Thunderbird n’est pas le seul véhicule lié à la princesse Grace qui est passé par le garage. « En ce moment, on est en train de monter un système d’hybride sur l’Alpine Sunbeam du film La Main au Collet ».

    Société Monégasque d'Assainissement SMA

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