Le quotidien sportif a réactivé « la mécanique des souvenirs » du Prince Albert II.
Des souvenirs et anecdotes du Grand Prix, le Prince Albert en a plein. Le souverain, qui y assiste chaque année depuis ses sept ans, en a conté quelques-uns au journal français L’Équipe, qui les a relatés dans un article paru fin mai. Évidemment, il a été marqué par plusieurs accidents, notamment par celui qui a coûté la vie à Lorenzo Bandini en 1967. Le Prince avait 9 ans mais il dit avoir encore en tête les flammes, la fumée, et les larmes de sa voisine. Il cite un autre accrochage survenu en 1980 : « On a vu la Tyrell de Derek Daly décoller dans le peloton pour aller atterrir sur celle de son coéquipier Jean-Pierre Jarier et semer le chaos ». « J’ai l’impression que depuis quelques années les pilotes sont plus prudents. Il y a bien moins d’accidents à Sainte Dévote », a-t-il souligné. Albert II a lui-même vécu un moment de frayeur au volant d’un Biturbo qui lui avait été prêté pour faire des tours de circuit en amont du Grand Prix en 1982. « On ne faisait pas la course mais on y allait fort tout de même. J’avais fait un tête-à-queue à la deuxième esse de la Piscine, heureusement sans toucher le rail. Je suis reparti sans casse », raconte-t-il. Il a aussi des anecdotes bien plus réjouissantes comme la fois où le président de l’Automobile Club, pour lui faire plaisir, avait demandé à Graham Hill de venir lui signer un autographe. Le souverain dit avoir gardé précieusement cette signature depuis ses 8 ans. « Je garde tout. On m’accuse d’ailleurs de garder trop de choses », apprend-on. Il a aussi évoqué sa nostalgie du bar le Chatham tenue par Rosie, un personnage mythique de la Principauté. Il se trouvait à l’emplacement de l’actuel centre médical cardio-thoracique. Le souverain allait y boire des verres avec des amis et avait l’habitude d’y croiser les pilotes pendant les Grands Prix. Il se rappelle aussi du restaurant Le Calypso, qui se trouvait à la place du Yacht Club. « C’était un rendez-vous très sympa, ça donnait sur les rochers, et on pouvait s’y baigner. J’y allais souvent. Il y avait une échelle pour descendre dans l’eau ». Le chef d’Etat monégasque a par ailleurs dit un mot sur le quartier de la Condamine : « C’est sans doute l’âme de Monaco. Là où tout le monde se croise, parle, discute, là où sortent les indiscrétions, où on affabule aussi », explique-t-il au journaliste français. Citons enfin le mythique virage du Fairmont, que le Prince continue à appeler le virage du Loews, nom de l’établissement qui s’y trouvait jusqu’en 2005. « Je suis désolé pour le Fairmont et ils ne sont pas contents, je les comprends (…) Les noms restent, il faut du temps pour les effacer. C’est générationnel aussi je crois », a-t-il expliqué, poursuivant : « Ce qui est incroyable, c’est que le virage le plus lent de l’histoire de la Formule 1 soit le plus célèbre du monde ».
