Liam Fabre est un photographe et vidéaste monégasque entièrement autodidacte, amoureux de sport et de voyages et engagé pour la préservation de la nature sauvage. A seulement 23 ans, il vit déjà de sa passion et a exposé ses clichés d’animaux et de peuples indigènes à deux reprises en Principauté.
Avant la photo vous avez eu une brève carrière de cascadeur. Pouvez-vous nous en parler ?
Je suis né à Monaco et y ai fait toute ma scolarité jusqu’au bac pro hôtellerie. Je l’ai obtenu pour mes parents, mais je savais que ce n’était pas ce que je voulais faire. Mon premier rêve, en tant que fan de catch et de films d’action, c’était d’être cascadeur. Je m’entraînais dans les rues de Monaco bien que ce ne soit pas vraiment autorisé… (rires) et pendant les vacances, j’allais à Agen pour assister aux sessions de formation du Campus Univers Cascades, l’une des rares écoles dans le domaine. J’y ai été formé à toutes les disciplines de la cascade : chutes de hauteur, parkour, torche humaine (prendre feu), chorégraphies de combat… Et à 18 ans, j’ai tourné dans de premières productions. On peut citer les séries françaises Mortel et La Révolution. J’ai aussi participé à des clips du groupe français de Pop/Rap 47Ter. J’ai fait ça pendant trois ans, jusqu’à ce que je découvre la photo et que cela devienne une passion encore plus viscérale.
Pourquoi vous y êtes-vous intéressé et comment vous êtes-vous formé ?
J’ai demandé un appareil photo pour Noël et j’ai regardé des tutoriels sur Youtube, au départ juste pour pouvoir l’utiliser correctement. Finalement, j’ai travaillé pendant six mois sur le sujet et je photographiais jours et nuits. J’aimais tellement ça que j’ai voulu me perfectionner en suivant la formation en ligne de JC Pieri, très reconnue. A ce moment-là, j’ai abandonné la cascade. Ce n’est pas une activité que l’on peut faire « à côté », ça demande de s’entraîner tous les jours, d’avoir une forme physique irréprochable, ce qui n’est plus mon cas. J’ai dû faire un choix.
Puis vous êtes parti avec votre appareil au Kenya et vos clichés de ce voyage seront les premiers à être exposés. Pouvez-vous me raconter ?
Oui, la passion du voyage m’a été transmise par mes parents. Je voulais faire de l’animalier en Afrique et le Kenya était le pays le plus pertinent pour ça. J’ai fait deux safaris avec un guide. On se levait très tôt le matin pour capturer des scènes de chasse. C’était impressionnant, tout comme l’odeur des carcasses de bon matin (rires). On a passé beaucoup de temps avec des tribus indigènes que j’ai aussi photographiées. En rentrant j’ai rencontré Edward Wright, un photographe chevronné à Monaco qui a accepté d’exposer mes photos dans son studio 5MC, place de la Source, et qui m’a beaucoup aidé.
Vous avez réalisé une deuxième exposition en décembre à l’hôtel Méridien Beach Plaza suite à un voyage en Amazonie cette fois. Qu’est-ce qui vous a marqué ?
Je suis parti avec JC Pieri et un groupe de photographes. On a été logé quelques jours par un peuple indigène qui n’avait jamais accueilli de touristes. Ils n’avaient vu que les pasteurs et les infirmiers qui passent parfois dans les tribus. Ce qui m’a marqué, c’est qu’en n’ayant ni la même langue ni les mêmes codes, nous arrivions à passer des moments incroyables. J’ai aussi été très touché par leur volonté de conserver leur culture et leurs rituels. Ils en sont fiers et n’ont pas du tout envie d’intégrer la civilisation, car ils sont très heureux comme ça. Ça donne à réfléchir…
N’y avait-il pas un côté voyeurisme ou exploitation touristique ?
Ça existe en effet, et ça me révolte, mais je me suis attelé pour ma part à ne pas rentrer là-dedans. Je suis parti avec un guide pour qui la protection des animaux est toujours restée la priorité. Tant pis si on n’avait pas la photo pour ne pas les gêner !
Auprès des tribus, j’ai pu constater la puissance de la médecine douce. Tout est là en fait. Les écorces d’arbre avaient exactement l’odeur du baume du tigre… Je me suis aussi rendu compte concrètement du problème de déforestation qui se joue là-bas, et de l’importance de préserver cette forêt.
L’idée, derrière, c’est de montrer une vision du monde différente aux Monégasques, du bling à la nature sauvage, de les sensibiliser à ces paysages et à des réalités qu’ils ne connaissent pas. Rares sont ceux qui voyagent dans ces conditions, ils sont plus adeptes des hôtels quatre étoiles… (rires)
A seulement 23 ans vous vivez déjà de votre passion. D’où proviennent vos revenus ?
Les expositions m’ont énormément apporté, mais pas financièrement. J’ai une étiquette de photographe explorateur, animalier, mais j’ai d’autres cordes à mon arc en réalité. Je réalise des portraits, des photos de mode ou de sport, je couvre des événements… C’est ce qui finance mon activité. Dernière mission en date : j’ai suivi le boxeur monégasque Hugo Micallef à Las Vegas pendant deux semaines, avant, pendant et après son combat. C’était fantastique !
Qu’est-ce que l’on peut vous souhaiter pour 2024 ?
De continuer à gagner en visibilité, encore et encore, et au-delà de Monaco. Je travaille par ailleurs sur la création de mon site web, j’aimerais exposer à l’international, et performer dans la vidéo, une discipline que j’ai commencée il y a un an. Mi-janvier je retourne en Amazonie, justement pour tourner un reportage sur les femmes d’une tribu indigène qui font beaucoup de médecine douce. On peut me souhaiter de le réussir, et qu’il soit le plus regardé possible.





