Dans le quartier de Fontvieille, au Gildo Pastor Center, un nouvel établissement médical a ouvert ses portes depuis février dernier. Son nom : La Clinique Monte-Carlo. Cette nouvelle entité accueille deux spécialités encore non traitées à Monaco : la greffe de cheveux (et autres pilosités), et la chirurgie des yeux, 100 % laser. De la première consultation, jusqu’à l’opération, tout est réalisé sur place.
Après le CHPG, l’IM2S et le centre cardio-thoracique, un quatrième établissement de santé a vu le jour en Principauté… Son nom : La Clinique Monte-Carlo. Aux manettes de ce projet, deux fondateurs : le docteur Enrica Segond-Romeo, chirurgien esthétique spécialisée dans la chirurgie mammaire (et désormais capillaire), et Philippe Berros, chirurgien ophtalmologue, tous deux officiant depuis de nombreuses années en principauté. « Nous travaillons à Monaco depuis plus de 25 ans, chacun dans nos spécialités, indique le docteur Segond-Romeo. Nous nous connaissons à travers la patientèle que nous avons en commun, mais aussi à travers de congrès médicaux où nous étions présents. Lors de ces rencontres, nous avons eu l’idée d’ouvrir un établissement proposant deux spécialités médicales qui n’existent pas sur le territoire monégasque, et pour lesquelles il y a une demande croissante ». Après plusieurs mois de travaux et l’achat de matériels dernier cri, la Clinique Monte-Carlo est née au Gildo Pastor Center. Deux spécialités sont désormais proposées : la chirurgie de greffe de cheveux, et la chirurgie des yeux, 100 % laser. De la première consultation, jusqu’à l’opération, tout est réalisable in situ, dans des locaux flambant neufs de 400 m2.
Deux blocs opératoires pour la greffe capillaire
Qu’il s’agisse d’un souci médical ou d’un besoin purement esthétique, ce nouvel établissement sanitaire assure proposer « les technologies les plus avancées » pour pratiquer une greffe de cheveux, mais aussi de barbe, de sourcil et de toutes autres pilosités. Selon le docteur Segond, les pathologies capillaires sont d’ailleurs monnaie courante, et ce, quel que soit le sexe : « 80 % d’hommes souffrent d’alopécie androgénétique, plus communément appelée calvitie, et 50 % des femmes rencontrent des problématiques de cheveux, surtout après la ménopause. C’est donc une pathologie très fréquente. Pour les alopécies féminines, les causes sont multiples : cela peut être lié au stress, mais aussi à la suite d’une prise de médicament, notamment après une chimiothérapie. Cela peut être aussi lié à une maladie congénitale », explique cette spécialiste qui s’est formée à cette discipline « auprès des meilleurs chirurgiens. »

De la teigne à la trichomanie
Outre la calvitie et l’alopécie, il existe également d’autres pathologies capillaires moins courantes mais tout aussi impactantes. Il peut s’agir de la “teigne” une infection fongique du cuir chevelu ou de la peau, causée par des champignons, les dermatophytes. « On peut citer également la trichotillomanie, également appelée trichomanie, qui est un trouble psychique poussant la personne qui en souffre à s’arracher compulsivement les cheveux, poursuit le docteur Segond. On peut constater aussi parmi les patients des pertes capillaires provoquées par le tirage répété et prolongé des cheveux lors de coiffures très serrées (queue de cheval, chignons, tresses africaines…) ou encore de lissages trop fréquents. »
Une chirurgie sur une journée voire deux
Si la chirurgie des yeux est très rapide — une poignée de minutes suffit — la chirurgie capillaire est, elle, bien plus longue. « Même s’il s’agit d’une anesthésie locale, le patient reste avec nous durant la journée. Pour les grosses séances, cela peut durer deux jours », indique cette spécialiste. Pour les patients qui viennent de l’étranger, cette clinique propose également un service de conciergerie, en réservant par exemple des hôtels pour séjourner à Monaco ou des soins aux Thermes marins. Quant aux prix pratiqués en principauté, « le tarif dépend du nombre de greffons. Donc il est très difficile d’avoir un prix précis », précise l’établissement.


Ne plus porter de lunettes ou de lentilles
La Clinique Monte-Carlo est également devenue le premier centre de chirurgie réfractive de la Principauté. Qu’est-ce que l’on entend par chirurgie réfractive ? Il s’agit de techniques chirurgicales dont le but est de corriger les anomalies de la réfraction oculaire, telles que la myopie, l’hypermétropie, l’astigmatisme et la presbytie. Ainsi, si vous voulez dire adieu à vos lunettes ou à vos lentilles, la clinique monégasque propose de réparer vos yeux par une technique 100 % laser ou par implants. « Quatre à six minutes d’opération suffisent et c’est sans douleur, garantit le docteur Berros, chirurgie ophtalmologue. À la suite de l’opération, vous ressentez le soir comme du sable dans les yeux, mais le lendemain vous pouvez aller travailler. La seule précaution est de ne pas faire de sport, car il y a un risque de traumatisme dans l’œil, et de ne pas se baigner dans une piscine pour éviter les infections. »
Les ophtalmologues de la Principauté n’ont plus à se rendre à Nice
La présence de cette clinique sur le sol monégasque va également considérablement faciliter la vie des professionnels exerçant dans ce domaine médical, puisqu’auparavant, les chirurgiens ophtalmologues de Monaco et des communes limitrophes devaient se rendre dans le centre laser le plus proche situé à Nice pour opérer leurs patients. Désormais, les praticiens de la Principauté et des communes avoisinantes peuvent louer les locaux et le matériel de la Clinique Monte-Carlo pour soigner leur patientèle.
Prise en charge : des chirurgies non remboursées par les caisses sociales monégasques
Que ce soit pour la chirurgie des yeux ou la chirurgie capillaire, aucun acte pratiqué au sein de la Clinique Monte-Carlo n’est remboursé par la sécurité sociale. « Nous avons essayé d’obtenir une petite partie de remboursement de la caisse sociale monégasque mais cela a été refusé. Souvent, la nomenclature des actes remboursés à Monaco suit celle de la France, et ces actes ne sont pas remboursés en France non plus », précise le docteur Segond. Pour la chirurgie réfractive en revanche, des mutuelles acceptent de prendre en charge une partie des frais. « De la même manière qu’il existe des forfaits lentilles ou des forfaits lunettes, un forfait chirurgie réfractive a été mis en place. On donne ainsi un devis aux patients, et certaines mutuelles peuvent rembourser jusqu’à 2000 euros pour des actes généralement tarifés entre 2 500 et 3 500 euros selon les interventions », rajoute le docteur Berros.




