Que ce soit au niveau de la rémunération, des primes, des congés payés ou des indemnités légales en cas de licenciement, la convention collective des banques monégasques affiche bien des avantages pour les salariés…
Beaucoup rêveraient d’en bénéficier… La convention collective monégasque du travail du personnel des banques — qui s’applique aux 2 300 salariés travaillant dans ce secteur — affiche bien des atouts. « Il faut reconnaître que c’est une très belle convention. Elle est enviée par beaucoup de secteurs. Elle protège énormément les salariés lorsqu’elle est bien appliquée », reconnaît Pierre-Franck Crespi, secrétaire général du syndicat des employés, gradés, et cadres de banque de Monaco (1). Effectivement, cette convention collective qui date de 1975 a de quoi faire saliver bon nombre d’employés. Le recours à l’article 6 par exemple (le licenciement sans motif) n’est pas autorisé dans les banques monégasques. Et les employeurs qui ont, malgré tout, tenté d’y recourir (et il y en a) ont manifestement été automatiquement retoqué par le tribunal du travail. « Le salarié qui en serait victime est sûr et certain de gagner au tribunal du travail avec des indemnités conséquentes compensant le préjudice moral », nous assure encore Pierre-Franck Crespi. Comment font alors les employeurs qui veulent se séparer de leurs salariés ? Selon ce syndicat, souvent, c’est une négociation qui se fait entre les deux parties. « Même si la rupture conventionnelle n’existe pas à Monaco, c’est une forme de rupture conventionnelle qui se passe dans les banques », indique-t-il.
Primes et jours de congés
Au-delà de l’article 6, cette convention nationale des banques monégasques (qui ressemble presque en tous points à la convention collective qui existait dans les banques françaises avant la loi sur les 35 heures) affiche également des avantages en termes de rémunération. Le personnel bancaire à Monaco est payé sur 14 mois et demi en Principauté. Il bénéficie également de primes bancaires, d’ancienneté et de jours de congés supplémentaires par rapport aux autres salariés du privé. Les indemnités légales en cas de licenciement sont également supérieures. Un mois de salaire par année de présence. Le syndicat et ses membres bénévoles sont donc des « fervents et ardents défenseurs » de cette convention. « Malheureusement, l’application de cette convention collective dans certains établissements bancaires n’est pas optimale. Certains font des entorses. On veille au grain, mais il faut que notre syndicat soit saisi par les salariés touchés pour pouvoir intervenir », indique encore Pierre-Franck Crespi.
Une convention collective pour les sociétés de gestion ?
Dans le paysage financier monégasque, il y a également les sociétés de gestion. Elles sont une soixantaine au total en Principauté. Les salariés de ces sociétés ne bénéficient pas de cette convention collective des banques. C’est justement un souhait du syndicat affilié à l’USM. « Nous aimerions effectivement étendre cette convention des banques aux sociétés de gestion. C’est un combat que l’on a déjà essayé de mener. J’ai souvent des demandes de salariés qui souhaitent en bénéficier. Mais cela représente un travail colossal. Il faut surtout trouver un interlocuteur en face d’accord pour travailler sur ces sujets. C’est assez complexe et chronophage… », reconnaît Pierre-Franck Crespi.

