Depuis 1997, la Fédération des entreprises monégasques (FEDEM) a mis en place un dispositif d’aide à la formation professionnelle avec le soutien du gouvernement. Quelles sont les formations actuellement proposées à Monaco ? D’autres vont-elles être créées ? Et sont-elles en partie subventionnées par l’Etat ? Les réponses de Philippe Ortelli, président de la FEDEM
Combien de salariés de la Principauté se forment chaque année via le dispositif proposé par la FEDEM ?
L’utilisation du dispositif mis en place par la FEDEM avec le soutien du gouvernement, qui permettait de former plus de 2000 personnes avant l’épidémie de Covid-19, a très fortement baissé entre 2020 et 2021 car la plupart des formations se faisaient en présentiel. En 2022, la formation professionnelle a repris, sans toutefois retrouver son niveau d’avant la crise sanitaire. Toutes formations confondues, ce dispositif a formé près de 1 200 personnes dans 72 entreprises.
Quels domaines d’activité sont tout particulièrement en demande de formation ?
Tous les secteurs y ont eu recours, même si une analyse plus fine montre que les services, puis les industries et les banques, sont prépondérants.
Est-ce un coût important pour les entreprises ?
En 2022, le montant total investi par les entreprises utilisatrices a atteint 425 000 euros, ce qui n’est pas négligeable dans le contexte économique actuel très incertain. Malgré l’aide vitale du gouvernement, les entreprises monégasques ont été impactées par la crise sanitaire, et se sont retrouvé affaiblies pour affronter les hausses de prix de l’énergie et des matières premières, et les ruptures d’approvisionnement provoquées notamment par la guerre en Ukraine. Cela a amené une volonté de réduire les coûts, et la formation fait naturellement partie des premières suppressions… Sans cette aide financière significative, allant de 25 % à 30 % du montant total HT rétrocédé à l’entreprise selon le type de formation choisie, bon nombre de TPE/PME n’auraient pas les moyens de former leurs salariés. Au-delà, dans l’environnement hyperconcurrentiel qui est le nôtre, si la formation professionnelle est nécessaire pour permettre aux collaborateurs de développer leurs compétences, d’être plus efficaces et plus motivés, elle sert aussi parfois à la reconversion des salariés.
Quelles sont les demandes de formation les plus fréquemment formulées par les salariés et les dirigeants ?
Plus de 80 % des demandes concernent les langues étrangères avec l’anglais toujours en tête, suivi de l’italien, du français pour étrangers, et de quelques demandes ponctuelles de cours de russe, espagnol et portugais. Au-delà, les formations en techniques d’accueil du public poursuivent leur développement. Viennent ensuite les techniques de management, communication et ressources humaines, axées sur des thèmes variés (management d’équipes, gestion des conflits, prise de parole en public, amélioration de l’efficience au travail…). Le pôle de formations en informatique-bureautique permet quant à lui l’apprentissage des systèmes d’exploitation informatique (Microsoft Windows…), des logiciels de bureautique (Word, Excel, Access, PowerPoint…) et de PAO les plus utilisés (Photoshop, Illustrator…).
Quid du numérique ?
Concernant le développement du numérique, en 2020, ce pôle s’est enrichi de formations en marketing digital et en protection des données personnelles. Bien que la Principauté ne soit pas membre de l’Union européenne, elle est concernée par les dispositions du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), qui s’applique aux entreprises basées hors de l’UE proposant des biens et des services, et traitant des données personnelles des personnes physiques résidant dans l’UE. Des formations en cybersécurité, élément essentiel de la digitalisation croissante de notre économie, sont aussi proposées. Le nombre d’attaques étant en hausse constante, il est vital de sensibiliser les entreprises et leurs personnels aux enjeux de la sécurité numérique.
Les autorités monégasques ont récemment indiqué que l’offre de formation était insuffisante à Monaco et que des nouvelles offres pourraient voir le jour. Quels sont selon vous les manques aujourd’hui en matière de formation à Monaco ? Et quelles sont les nouvelles formations que la Principauté pourrait proposer à l’avenir ?
Nous avons constaté un manque en formations à la comptabilité et à la gestion des paies, et le gouvernement nous a soutenu dans cette demande. Ces formations sont à la fois utiles et nécessaires à une majorité d’entreprises en contribuant à améliorer leur gestion globale. Des formations en développement informatique et en administration de systèmes d’information pourraient aussi être développées davantage, même si elles sont plus ciblées pour des développeurs. Au-delà, la méconnaissance du droit social monégasque présente de nombreux risques que les entrepreneurs ne peuvent plus se permettre. Pour favoriser une meilleure compréhension de ses particularités, en complément de son Diplôme d’Université de Droit Social Monégasque créé en 2016, l’Association pour la Connaissance du Droit Social Monégasque organise depuis quelques mois des formations pratiques d’une demi-journée sur des thèmes spécifiques (rupture du contrat de travail, licenciement économique, télétravail, inaptitude au travail, aménagement concerté du temps de travail, salaires minima en Principauté…).
Une collaboration entre Monaco et les formations proposées sur le territoire français est-elle envisagée ?
En tant qu’État souverain, Monaco a su développer un système de formation professionnelle adapté aux spécificités et aux besoins de ses acteurs économiques. La crise sanitaire a révélé l’importance de la transition numérique et la nécessité de former l’ensemble de notre tissu économique à ces nouvelles compétences. Dans ce cadre, dès 2020, la FEDEM et le Monaco Economic Board étaient partenaires des Ateliers du numérique lancés par le gouvernement princier et portés par la délégation interministérielle chargée de la transition numérique au travers d’Extended Monaco. Des formations au numérique sont également mises à la disposition des dirigeants d’entreprises, des salariés, des étudiants et des jeunes diplômés. Aussi, une collaboration avec les formations proposées sur le territoire français ne nous parait pas appropriée car elle ne crée pas de valeur ajoutée à Monaco.
Liste des établissements formateurs agréés
Formations en langues étrangères & français pour étrangers
• The regency school of languages
• Institut d’Études Tertiaires (I.E.T.)
• BG Conseil RH
• Pierre Dick
Formations en informatique-bureautique & digitalisation
• Institut d’Études Tertiaires (I.E.T.)
• Media Computers
• Noeva/Groupe Koesio
• Partner Strategy RH Monaco
• Actis
• A.I.P. Digital
Formations en techniques d’accueil
• BG Conseil RH
• La Classe
Formations en management – ressources humaines – communication
• Institut d’Études Tertiaires (I.E.T.)
• Costa Formation Coaching Monaco (cfc monaco)
• Groupe Expression
• BG Conseil RH
• Partner Strategy RH Monaco
• Grow Up
• Pierre Dick
Pour plus d’informations : www.fedem.mc/formation
