samedi 11 avril 2026
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    Demandeurs d’emploi : comment se former ou se reconvertir à Monaco ?

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    Si vous êtes Monégasque ou résident monégasque et que vous n’avez pas de travail, vous pouvez solliciter l’aide du service de l’emploi pour vous former et vous ouvrir de nouvelles perspectives professionnelles… Explications

    Si vous êtes sans emploi, et que vous souhaitez vous reconvertir, acquérir de nouvelles compétences, préparer un diplôme, et envisager ainsi une réinsertion professionnelle, n’hésitez pas à aller toquer à la porte du service de l’emploi au 17 rue princesse Florestine. Les Monégasques et résidents monégasques, démunis de travail, peuvent en effet, après étude de leur dossier, bénéficier d’une aide à la formation individuelle.  « Chaque demande est étudiée au cas par cas avec le demandeur. Nous échangeons sur les formations existantes dans le secteur choisi, les débouchés en Principauté, la reconnaissance du diplôme, et les conditions d’accès à la formation », indique Emmanuelle Cellario, cheffe du service de l’emploi. Précision importante : les personnes inscrites au service de l’emploi, souhaitant bénéficier d’une formation, mais qui vivent dans les communes limitrophes, relèvent de l’agence Pôle emploi de leur lieu de domicile. C’est donc avec cette structure qu’elles doivent définir leur projet personnel, et les formations qui peuvent en découler. Que dire au niveau des coûts ? Bonne nouvelle… Cette formation individuelle, une fois validée, est prise en charge financièrement par le service de l’emploi « entre 50 % et 100 % de son coût. » Quant au lieu de la formation, le service de l’emploi travaille de manière prioritaire avec des prestataires monégasques. « Lorsque la formation n’existe pas en Principauté, ou qu’il n‘y a pas d’équivalent, nous nous adressons à des organismes de formation français », rajoute Emmanuelle Cellario.

    Emmanuelle Cellario
    Emmanuelle Cellario © Photo Stephane Danna / Direction de la Communication

    Des formations collectives

    Au-delà des formations individuelles, le service de l’emploi propose également « des formations collectives-métiers ». Objectif : former les demandeurs d’emploi sur des métiers en tension, qui souffrent d’un manque de personnel. Cela permet d’épauler les entreprises rencontrant des difficultés à recruter, mais aussi d’optimiser les chances d’être embauchés pour les demandeurs d’emploi. Concrètement, quelles sont alors les formations proposées ? Dans la liste figurent : gestion administrative et commerciale, ou comptable, gestion de la paie monégasque, accueil et hospitalité, cours d’informatique (pack office), cours d’informatique de logiciels spécifiques (suite Adobe), et enfin formation en sécurité (SSIAP 1, recyclage, SSIAP 2). D’autres formations collectives peuvent aussi s’organiser en fonction des besoins des employeurs. « Ces formations proposées directement aux demandeurs d’emploi sont entièrement financées par le service de l’emploi », rajoute Emmanuelle Cellario. Élément important : en ce qui concerne les formations collectives-métiers, dans la mesure où il s’agit de formations spécifiques au marché de l’emploi monégasque qui n’ont pas d’équivalence à Pôle Emploi, elles peuvent également être proposées aux demandeurs d’emploi habitant les communes limitrophes « sous réserve de places disponibles non pourvues par des demandeurs d’emploi ayant un rang de priorité supérieur au sens de la loi », précise encore la cheffe du service de l’emploi.

    Magali Imperti
    Magali Imperti © Photo Manuel Vitali / Direction de la Communication

    La formation : une solution à la pénurie de personnels ?

    Depuis quelques mois toutefois, des voix s’élèvent — autorités officielles comme employeurs — pour dire que les formations monégasques sont encore insuffisantes. Et ce, aussi bien pour les personnes sans emploi que pour les actifs déjà en poste qui souhaitent monter en compétences.  « Divers secteurs d’activité ont fait part au gouvernement princier de leur souhait de voir développer la formation professionnelle à Monaco, nous confirme Magali Imperti, directrice adjointe au sein de la direction du travail. Parmi eux, certains ont présenté des propositions plus abouties répondant à leurs spécificités métiers. » C’est notamment le cas de la Chambre patronale du bâtiment avec laquelle des actions ont déjà été menées. Objectif : augmenter l’attractivité de ce secteur en Principauté, et surtout auprès des jeunes. « Étant donné la pénurie de personnel dans certains secteurs d’activité, et à la demande de certaines branches d’activités professionnelles, des réflexions conjointes ont donc été engagées pour identifier les besoins et mettre en place des actions concrètes », assure encore Magali Imperti, sans plus de détails à ce stade.

    Des formations en langues via une plateforme “e-learning”

    Vous ne le savez peut-être pas, mais des formations intensives ou de remise à niveau en langues étrangères sont proposés aux demandeurs d’emplois. Par le passé, des cours en présentiels étaient organisés. Suite à la crise du Covid-19 « et à l’évolution des modes de vie vers le digital », le service de l’emploi a fait évoluer son offre et propose un nouveau format pour l’apprentissage des langues. En clair, tous les demandeurs d’emploi monégasques et résidents inscrits au service de l’emploi — et en « recherche active » — auront accès, dès le mois d’avril, à une plateforme digitale “e-learning” comprenant 9 langues étrangères. « En complément, des cours individuels seront proposés à la demande, de manière personnalisée, après échanges avec le responsable formation et l’évaluation du niveau et des besoins », nous précise Emmanuelle Cellario.

    Des ateliers CV et entretien de recrutement

    Savoir bien rédiger un CV ou savoir comment se comporter lors d’un entretien d’embauche n’est pas évident pour tout le monde. Voilà pourquoi, le service de l’emploi propose — au-delà des formations individuelles et collectives — des accompagnements personnalisés par le biais d’ateliers CV et entretiens de recrutement. Ceux-ci vont d’ailleurs se digitaliser courant 2023 pour permettre de toucher un plus grand nombre de personnes.

    Pascalle Pallanca
    Pascalle Pallanca © Photo Manuel Vitali / Direction de la Communication

    Compte personnel de formation : le dispositif français transposable à Monaco ?

    Vous connaissez peut-être le compte personnel de formation (CPF) proposé en France. Il permet d’acquérir des droits à la formation, utilisables tout au long de votre vie professionnelle. Ces droits sont crédités automatiquement chaque année sur votre compte CPF par vos employeurs (1) L’équivalent à Monaco n’existe pas. Mais est-ce envisagé à l’avenir de mettre en place un dispositif similaire en Principauté ? Non, à en croire la direction du travail : « Le compte personnel de formation (CPF) est un dispositif spécifiquement français qui ne paraît pas adapté à la Principauté de Monaco, estime Pascale Pallanca, à la tête de la direction du travail. Il s’avère que c’est un dispositif assez général et assez complexe à mettre en œuvre, notamment car il mobilise en France de nombreux acteurs. » Selon la direction du travail, le CPF « ne correspond donc pas à un besoin identifié en Principauté » auprès des salariés ou des employeurs. Pascalle Pallanca explique également que les bilans effectués (2) en 2018 par les autorités françaises démontraient que les entreprises de moins de onze salariés étaient sous-représentées parmi les dossiers CPF. « En France, le CPF est donc mobilisé par les salariés d’entités plus importantes. Or en Principauté de Monaco, 78 % des employeurs emploient moins de dix salariés (source IMSEE 2022) », rajoute la directrice du travail. Cette dernière rappelle qu’à Monaco les employeurs se doivent d’assurer et de financer la formation de leurs salariés pour leur permettre de s’adapter à leur poste de travail et notamment aux évolutions technologiques.
    (1) Ce dispositif français a fait l’objectif de très nombreuses arnaques et tentatives d’arnaques.
    (2) Rapport du ministère du Travail : « Réalisation d’une étude qualitative à partir de deux régions sur le Compte Personnel de Formation. »

    Fonction publique : un budget annuel consacré à la formation professionnelle de près de 2 millions d’euros

    Management, efficacité professionnelle, langues, hygiène et sécurité, ou bien bureautique et informatique… Les fonctionnaires et agents de l’État peuvent également bénéficier de formations professionnelles, y compris qualifiantes. Objectif : « optimiser leur efficacité tout au long de leur carrière, et favoriser leur mobilité », fait savoir le gouvernement. D’autres formations très spécifiques sont également dispensées à ces personnels, selon les métiers. Exemples concrets : le traitement des déchets verts pour la direction de l’aménagement urbain, ou bien des stages à la manœuvre des navires pour la direction des affaires maritimes. Des « formations de sensibilisation » sont également effectuées. C’est notamment le cas pour l’accueil des femmes et des enfants victimes de violences, en partenariat avec le comité pour la promotion et la protection des droits des femmes. La direction des ressources humaines et de la formation de la Fonction publique met aussi à disposition des contenus pédagogiques pour que chacun devienne « acteur » de son propre développement. Une plateforme de formation en ligne baptisée “Monaco Digital Academy” est ainsi accessible à tous les fonctionnaires et agents de l’État. Une bibliothèque contenant plus de 100 000 cours développés par près de 250 éditeurs dans une multitude de thèmes (numérique, qualité de vie au travail, efficacité professionnelle, management etc.) est également disponible. Enfin, pour mieux maîtriser les langues, “Mon espace Langues” a également été lancé en 2022, accessible à tous les fonctionnaires et agents de l’État. Sur leur temps de travail, les personnels peuvent ainsi suivre des cours, avec l’accord du chef de service, mais également sur la base du volontariat, hors temps de travail, avec des plages horaires, notamment pour l’anglais de 24h/24, 7j sur 7.

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