CULTURE / Par Raphaël Brun
Piranhas
de Joe Dante
Miam. Le plaisir rétro du mois nous est offert par Carlotta qui propose de replonger dans le film qui a fait découvrir Joe Dante au monde entier. Nouveau master restauré en HD pour voir Piranhas comme vous ne l’avez jamais vu. A l’époque, en 1978, l’objectif est bien sûr de surfer sur le succès des Dents de la mer (1975). Aidé par son scénariste John Sayles, Joe Dante va plus loin que l’exercice imposé. Son film un peu écolo se moque ouvertement de l’armée et rend un hommage appuyé aux films de monstres des années 50. Pendant que les piranhas se régalent. Miam.
Piranhas de Joe Dante, avec Bradford Dillman, Heather Menzies, Kevin McCarthy (USA, 1978, 1h35), 16,99 euros (DVD), 19,99 euros (blu-ray édition limitée en boitier métal).
Antiviral
de Brandon Cronenberg
Virus. Quand on est fan, on est fan. Et on ne recule devant rien. Comme par exemple s’acheter les virus de ses idoles. Un véritable business voit alors le jour avec des laboratoires spécialisés dans la vente de ces virus. Salarié de l’un de ces labo, Syd a organisé un réseau pour revendre ces virus à des trafiquants. Comment ? Il s’injecte les virus puis, une fois chez lui, les extrait grâce à une machine complexe. Jusqu’au jour où un virus casse cette machine. Le fils de David Cronenberg signe un film à la fois ironique et gore. Caleb Landry Jones est excellent.
Antiviral de Brandon Cronenberg, avec Caleb Landry Jones, Sarah Gadon, Malcolm McDowell (CAN, 2013, 1h44), 19,99 euros (DVD), 24,99 euros (blu-ray). Sortie le 19 juin.
Blancanieves
de Pablo Berger
Gothique. Espagne, années 20. Maltraitée par sa belle-mère, la jolie Carmen croise la route d’une troupe ambulante de nains toreros qui la surnomme Biancanieves. Après Mama (1988) et Torremolinos 73 (2003), Pablo Berger a collectionné les récompenses pour Biancanieves. Mérité pour ce Blanche-Neige dans le monde de la tauromachie. Film muet et en noir et blanc, Biancanieves est bourré de références : Luis Buñuel, Pedro Almodóvar, Tod Browning, Murnau… Gothique, cette relecture du conte des frères Grimm laisse The Artist loin derrière.
Blancanieves de Pablo Berger avec Maribel Verdú, Daniel Gimenez-Cacho, Angela Molina (ESP, 2013, 1h44), 14,99 euros (DVD), 19,99 euros (combo blu-ray + DVD, édition spéciale FNAC). Sortie le 20 juin.
Spring Breakers
d’Harmony Korine
Fête. Braquer un fast food pour se payer de quoi faire la fête à l’occasion des vacances de printemps, dites « spring break. » C’est l’idée de quatre jeunes filles qui vont bien sûr assez vite perdre le contrôle de la situation pour se retrouver libérées par Alien, un voyou local. Korine s’amuse à célébrer le mythe du « spring break » et de la fête sans limite pour mieux le torpiller avec une jolie dose d’humour noir. Cinquième film pour Korine depuis le très indépendant Gummo (1997) et ses acteurs plutôt amateurs. Le scénariste de Kids (1995) confirme son talent.
Spring Breakers d’Harmony Korine, avec James Franco, Vanessa Hudgens, Selena Gomez (USA, 2013, 1h32), 19,99 euros (DVD), 24,99 euros (blu-ray). Sortie le 10 juillet.
Une belle saloperie
de Robert Littell
Chandler. Tout le monde se souvient de La Compagnie — Le grand roman de la CIA (2003). Ex-journaliste à Newsweek spécialisé dans les affaires d’espionnage, Robert Littell est connu pour être l’un des meilleurs romanciers d’espionnage en activité. Cette fois, avec Une belle saloperie, Littell se lance dans le polar noir. Et c’est une réussite. Lemuel Gunn, agent de la CIA est révoqué. Devenu détective privé, il vit au Nouveau-Mexique dans la caravane mythique de Douglas Fairbanks Jr. sur le tournage du Prisonnier de Zenda en 1937. Drogue, FBI, mafia… Raymond Chandler n’est pas loin.
Une belle saloperie (A Nasty Piece of Work) de Robert Littell (Bakerstreet), traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Cécile Arnaud, 316 pages, 21 euros.
Nobody
de Dan Wells
Noir. Après Je ne suis pas un serial killer (2011) et Mr Monster (2012), Dan Wells est de retour. Cette fois, le héros de la trilogie John Wayne Cleaver, un serial killer pas comme les autres, décide de s’attaquer aux méchants plutôt que de chercher à réfréner ses envies de meurtres. Voilà pourquoi il décide d’attirer Nobody, un autre serial killer dans la petite ville de Clayton. L’affrontement peut commencer. Dans Nobody, les fans retrouveront l’humour noir et macabre cher à Dan Wells. Un style qui rappelle parfois celui de la série télé Dexter.
Nobody de Dan Wells, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Elodie Leplat, (Sonatine), 320 pages, 18 euros. Sortie le 6 juin.
Du Polar — Entretiens avec Philippe Blanchet
de François Guérif
Dialogue. Fondateur de la revue Polar, auteur d’une série de livres devenus des références sur le cinéma américain et notamment le film noir, François Guérif s’est imposé comme un véritable expert du roman policier. Dans ce livre passionnant, dans un dialogue avec le journaliste Philippe Blanchet, Guérif revient sur l’origine du polar, de Conan Doyle à Dashiell Hammet ou Raymond Chandler. L’occasion de mieux comprendre l’évolution de ce genre littéraire. Guérif donne aussi la liste de ses 100 polars favoris. De Chester Himes avec La Reine des Pommes au Sanctuaire de William Faulkner, la liste est presque trop courte. Indispensable.
Du Polar — Entretiens avec Philippe Blanchet de François Guérif (Payot & Rivages), 320 pages, 20 euros.
Géante
de Fanny Michaëlis
Fantastique. Difficile de parvenir à identifier où se situe la part de rêve et de réalité dans la nouvelle BD de Fanny Michaëlis. Ce conte fantastique raconte les aventures de trois ados, Véra, Agnès et Abel constamment coincés entre amitié et attirance sexuelle. Et c’est à travers l’imagination de Véra que l’on se balade dans une étrange forêt hantée par un exhibitionniste qui, peut-être, n’existe pas que dans ses songes… Fanny Michaëlis utilise peu de mots et aucune couleur. Pourtant, l’atmosphère surnaturelle et inquiétante de cette BD séduit dès les premières pages.
Géante de Fanny Michaëlis (éditions Cornélius), 192 pages, 18,50 euros.
Le Bleu est une couleur chaude
de Julie Maroh
Cannes. Le Niçois Abdelatif Kechiche a adapté cette BD pour en faire son film, La Vie d’Adèle — chapitres I & 2, palme d’or 2013 à Cannes. Publiée en mars 2010, Glénat propose donc une nouvelle sortie pour ce récit qui raconte l’histoire d’amour entre Clémentine et Emma, une jeune femme aux cheveux bleus. Découverte de son homosexualité, lutte contre les préjugés, jeu de séduction avec Emma… Clémentine doit faire face. Cette BD à la fois délicate et juste qui a reçu en 2011 le prix du public Polar-SNCF au Festival de la BD d’Angoulême est un vrai coup de cœur.
Le Bleu est une couleur chaude Julie Maroh (Glénat), 152 pages, 15,50 euros.
For Now I Am Winter
Ólafur Arnalds
Nue. C’est un disque d’un calme et d’une beauté sidérante que nous livre Ólafur Arnalds. Depuis son premier album studio Eulogy for Evolution (2007), ce musicien islandais est un proche de Sigur Rós avec qui il est même parti en tournée en 2008. A la fois mélancolique et contempatif, For Now I Am Winter est un objet à la fois beau et fragile, comme la voix douce et plaintive d’Ólafur Arnalds qui n’intervient d’ailleurs pas sur tous les titres de ce disque. On retrouve aussi le piano minimaliste déjà entendu dans le très bon… And They Have Escaped The Weight Of Darkness (2010). L’hiver peut venir. On a déjà le disque qui va avec.
For Now I Am Winter, Ólafur Arnalds (Mercury Classics/Universal), 19 euros.
Grande Camouflage
Marklion
Electro. Patron du label Alpage Records, Vincent Thiérion se fait appeler Marklion lorsqu’il sort un album en solo. Après avoir travaillé pendant des années avec le groupe lillois DAT Politics ou avec Tone Rec, Thiérion vient de sortir Grande Camouflage. En 10 titres, il donne un joli panorama de la musique électro, quelque part entre house et pop. Bien secondé par quelques invités comme Rocky, We Are Enfant Terrible, DDDXIE ou encore Etienne Jaumet de Zombie Zombie, Marklion réussit son pari haut la main : pousser tout le monde sur le dance-floor.
Grande Camouflage, Marklion (Alpage Records), 6,99 euros (en téléchargement sur iTunes).
Total Entropy
Asia Argento
DJ. Premier album pour Asia Aria Anna Maria Vittoria Rossa Argento. Si la fille du réalisateur italien Dario Argento est connue pour être à la fois actrice, réalisatrice et scénariste, elle chante aussi et peut se transformer en DJ. Pas étonnant que Total Entropy soit un disque électro. Marqué par la techno minimale, le disco, la house, voire la new-wave, les 16 titres proposés par Asia Argento sont aussi l’occasion d’entendre la voix de Tim Burgess, le chanteur du groupe de rock anglais The Charlatans ou de Brian Molko, de Placebo. My Stomach is the Most Violent of All of Italy, en duo avec Legendary Tigerman, pourrait bien tourner un peu partout cet été.
Total Entropy, Asia Argento (Nuun Records/La Baleine), 13,99 euros.












