mardi 21 avril 2026
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    Villa Ida : « Un projet qui ne satisfait personne »

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    POLITIQUE / Le projet Villa Ida, qui doit permettre de loger les enfants du pays dans le quartier Plati est très critiqué par le conseil national et les copropriétaires, qui ont lancé une pétition début juin.

    Pendant la campagne électorale, le groupe politique Horizon Monaco (HM) avait déjà qualifié la Ville Ida, opération pilote de 32 logements destinée à loger les enfants du pays, « d’erreur totale », d’un point de vue « quantitatif » et « stratégique. »

    « Catastrophique »
    Au pouvoir depuis les élections de février, le président HM du conseil national Laurent Nouvion continue de parler d’un « projet qui ne satisfait personne. » Le 3 juin, lors d’une conférence de presse, le président de l’assemblée a insisté : « On ne comprend pas l’entêtement du ministre d’Etat sur ce sujet. L’idée est louable mais la réalisation est contreproductive. » Même analyse pour le président de la commission du logement et ancien président de l’Union pour la Principauté (UP) aujourd’hui élu HM, Jean-Michel Cucchi : « Je considère que l’idée du projet est excellente, sa finalité aussi. Mais la réalisation est catastrophique. »
    Problème principal ? La construction de ce projet hypothèque la possibilité d’un remembrement global du quartier Plati. Et bloque ainsi la réalisation d’une opération mixte plus vaste souhaitée par le conseil national. « Nous pourrions réaliser un grand projet Ida, en le repoussant peut-être de quelques années. Mais cela permettrait de contenter tout le monde. Non seulement de faire plus d’appartements pour les enfants du pays et beaucoup plus d’appartements pour les compatriotes. Mais aussi de réhabiliter ce quartier qui est aujourd’hui vraiment insatisfaisant » estime Nouvion. Même regret pour Cucchi : « On va diminuer le nombre théorique d’appartements qui pourraient être destinés dans ce quartier au secteur protégé, au secteur libre et au secteur domanial. »
    Autre mécontentement affiché : le prix des loyers « qui vont être de toute manière trop chers pour les enfants du pays, estime Nouvion. Ce projet ne répond donc pas non plus à la demande sociale. » Mais le conseil national et les enfants du pays ne sont pas les seuls à critiquer cette opération. Les propriétaires des appartements adjacents à la Villa Ida, eux aussi, sont en colère de voir les chances que leur quartier soit totalement réhabilité s’effondrer.

    Pétition
    « Nous avons reçu au conseil national, et c’est une première, plusieurs propriétaires et des syndics qui sont favorables à l’idée d’un remembrement plus vaste du quartier », raconte Nouvion. Un mécontentement que les copropriétaires ont décidé de faire entendre auprès du gouvernement en lançant une pétition début juin. Une pétition qui demande au gouvernement de revenir sur sa décision.
    Mi-mai, Simone Commandeur (voir son interview publiée dans L’Obs’ n° 120), directrice de l’agence des étrangers et présidente de l’association des propriétaires de Monaco (APM), avait déjà envoyé un courrier au ministre d’Etat Michel Roger et au président du conseil national.
    Cette syndic de 4 copropriétés jouxtant la Villa Ida militait pour un remembrement plus important englobant notamment ses 4 immeubles. Objectif : réaliser une centaine d’appartements.

    26 euros le m2
    Un déluge de critiques auquel a répondu le ministre d’Etat Michel Roger lors d’une conférence de presse du gouvernement le 13 juin. D’abord, sur le nombre restreint de logements : « J’ai lu dans la presse que 32 logements, c’est rien. Mais 32 logements permettraient non seulement à 32 foyers d’habiter un immeuble neuf. Mais aussi de libérer d’autant des appartements du secteur protégé. Cela toucherait ainsi 64 foyers, donc plus de 100 personnes parmi cette catégorie des enfants du pays. » Avant de préciser que le prix des loyers était tout à fait correct, « sur la base de 26 euros le m2. »
    Concernant la réalisation d’un projet plus grand, Michel Roger a indiqué que le gouvernement n’était pas « entêté » mais au contraire ouvert à la proposition : « Deux conseillers de gouvernement doivent recevoir très rapidement ceux qui proposent d’intégrer leurs propriétés dans un projet plus vaste. » Tout en précisant que le gouvernement « n’entend pas s’engager toutefois dans des acquisitions de fonciers. » A noter qu’à l’heure où L’Obs’ était en bouclage, les discussions entre l’opérateur et le gouvernement sur le projet Ida n’étaient pas encore achevées.
    _Sabrina Bonarrigo

    « La SBM a des comptes à rendre »

    POLITIQUE / Le président du conseil national, Laurent Nouvion, a poussé un gros coup de gueule contre la Société des bains de mer début juin.

    Laurent Nouvion n’a pas été langue de bois. Lors d’une rencontre avec la presse le 3 juin, le président Horizon Monaco (HM) du conseil national a réglé ses comptes avec la Société des bains de mer (SBM). En pointant du doigt plusieurs faux pas.

    « Politesse »
    « J’ai appris la nomination de John Galvani à la direction des casinos en mai dernier dans la presse. Monsieur Galvani, que je n’ai d’ailleurs toujours pas rencontré, alors qu’il a rencontré la moitié de Monaco… Les responsables de la SBM n’ont pas eu la délicatesse de m’envoyer ni son nom, ni son CV, ni la nature, ni l’échéance de son contrat. Je crois d’ailleurs qu’à un certain nombre de hautes autorités non plus. J’estime qu’il s’agit soit d’un dysfonctionnement majeur soit d’un manque de politesse institutionnelle », a lancé Nouvion.
    Autre maladresse selon cet élu : le fait que la SBM ait oublié d’envoyer au conseil national le livre commémorant les 150 ans de cette entreprise. « C’est certes un détail, mais c’est symptomatique… »

    Nationaux
    Alors que le conseil national vient de lancer sa cellule de veille pour la priorité nationale, Laurent Nouvion n’a pas caché qu’il était défavorable à la nomination du Britannique : « Si mes informations sont bonnes, John Galvani va de surcroît recruter deux personnes pour le marketing des jeux qui ne seront pas de nationalité monégasque. Cela fait donc 3 personnes dans la structure des jeux qui ne sont pas des nationaux. »

    Désaffectation
    Le président du conseil national dénonce aussi le fait que très peu d’informations parviennent au conseil national à propos du double chantier à 600 millions d’euros du Sporting d’hiver/hôtel de Paris (voir L’Obs’ n° 114) : «Il faut que les responsables de la SBM se disent que l’information reste une nécessité et une obligation pour le bon fonctionnement institutionnel à Monaco. Sinon, il n’est pas question de près ou de loin de se pencher sur une loi de désaffectation. » Avant de conclure : « La SBM a des comptes à rendre, d’abord au gouvernement. Et je ne suis pas sûr qu’elle le fasse toujours. Mais ces propos n’engagent que moi. En deuxième lieu, le conseil national ne doit pas être oublié. »
    _Sabrina Bonarrigo

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