mercredi 29 avril 2026
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    Pourquoi la ville de Beausoleil a fait le plein d’escalators en plein air ?

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    Pour faciliter les déplacements dans les rues très escarpées de Beausoleil et alléger la circulation sur les routes, la commune a multiplié les investissements en créant notamment une dizaine d’escalators à ciel ouvert. Quelles sont les infrastructures déjà opérationnelles et les futurs chantiers ? Et qui finance ? Le maire de Beausoleil, Gérard Spinelli nous répond.

    Savez-vous combien de marches d’escaliers il faut emprunter pour se rendre du marché Gustave Eiffel de Beausoleil jusqu’au Riviera palace ? Mieux voir avoir le cœur accroché ! Très précisément… 458 ! Si monter et descendre ces marches est sans doute bon pour le cardio, elles sont toutefois, au quotidien, un véritable handicap pour les quelque 13 500 Beausoleillois, contraints de les emprunter pour rentrer chez eux. Pour faciliter les déplacements dans les rues escarpées de la ville et alléger les routes souvent saturées, la commune de Beausoleil, aidée en partie financièrement par la Principauté de Monaco, a lancé un programme de mobilité douce qui porte sur trois axes : la création d’ascenseurs publics (7 sont d’ores et déjà opérationnels), le lancement d’une flotte de vélos électriques (12 sont déjà disponibles) et la mise en place d’un réseau d’escalators à ciel ouvert (10 sur 12 au total sont déjà en état de marche à ce stade). Ces escaliers mécanisés sont désormais devenus un mode de transport à part entière pour les Beausoleillois. Une véritable colonne vertébrale, dans cette ville à très forte déclivité.

    Escalator Beausoleil
    10 escaliers mécanisés sont d’ores et déjà opérationnels. Deux autres seront créés d’ici la fin de l’année, et 13 autres sont à l’étude. A l’origine, le maire de Beausoleil l’avoue. Il était plutôt contre l’idée de créer un réseau d’escalators dans sa ville pour des raisons esthétiques. Finalement, le côté pratique a pris le dessus… © Photo L’Observateur de Monaco / Sabrina Bonarrigo

    Des escalators plein les rues

    Concrètement, combien d’escalators ont été livrés dans cette commune surnommée la « Ville aux 66 escaliers » ? Les deux premiers ont été inaugurés en 2018. Leur localisation : entre le boulevard du général de Gaulle et celui de la République. Coût global de cette première phase : 1 million d’euros payé intégralement par la commune de Beausoleil. C’est ensuite une deuxième tranche qui a été initiée. En janvier 2022, deux escalators ont été mis en service au niveau des escaliers du Capitole. Quelques mois plus tard, nouvelle livraison : six escaliers mécaniques supplémentaires (inaugurés par le prince Albert II le 12 septembre dernier) sont désormais opérationnels. Ces derniers partent du boulevard de la République et remontent successivement jusqu’à l’avenue du Carnier (soit juste avant le Riviera Palace). Mais ce n’est pas tout. Deux autres escalators sont également prévus d’ici la fin de l’année 2022 au niveau de la rue du professeur Calmette. À terme, ce sont bel et bien douze escaliers mécaniques qui seront déployés sur le territoire beausoleillois.

    Monaco participe au financement

    Bien sûr, tout ceci a un coût, et non des moindres. Cette deuxième tranche de travaux qui comprend la mise en place de 10 escalators, coûte la coquette somme de 11 millions d’euros. Un investissement auquel participe Monaco à hauteur de 5 millions d’euros. Si la partie monégasque a accepté de verser la moitié des frais d’équipement, c’est en revanche Beausoleil qui prend en charge le fonctionnement. « Comme pour les vélos électriques, Monaco nous les offre et Beausoleil prend en charge l’entretien », précise Gérard Spinelli.

    « J’ai eu l’occasion d’observer le système d’escaliers mécanisés déployé à Hong Kong. Des escalators en plein air. J’ai pu voir que cela fonctionnait très bien. Je me suis dit, “pourquoi pas à Beausoleil !” »

    L’inspiration hongkongaise

    Comment est né ce projet de mobilité douce dans la tête de l’édile ? Le maire beausoleillois dit avoir trouvé l’inspiration bien loin de sa commune… À Hong Kong. « C’est un projet qui me tenait à cœur depuis que je suis élu, depuis plus de 30 ans. Nous avions déjà mis en place des escalators à Beausoleil, mais ils étaient souvent en panne. C’était compliqué. Cela ne fonctionnait pas. Nous avions donc privilégié pendant longtemps les ascenseurs publics. Mais à partir de 2008-2010, j’ai eu l’occasion d’observer le système d’escaliers mécanisés déployé à Hong Kong. Des escalators en plein air. J’ai pu voir que cela fonctionnait très bien. Je me suis dit, “pourquoi pas à Beausoleil !”. » A l’origine, le maire l’avoue, il était plutôt contre l’idée de créer un réseau d’escalators dans sa ville pour des raisons esthétiques. Finalement, le côté pratique a pris le dessus. « De plus, nous avons fait en sorte que les escaliers s’intègrent parfaitement dans le site. Nous n’avons pas eu de plainte sur le plan esthétique, ni des habitants, ni même des Bâtiments de France », assure-t-il.

    « C’est un moyen de transport gratuit, qui fonctionne nuit et jour. Très pratique pour faire les trajets domicile/travail ou les trajets domicile/achats. C’est un vrai bouleversement dans les habitudes de vie et de consommation des habitants »

    Quels changements pour les habitants ?

    Dans le quotidien des Beausoleillois, ce réseau d’escalators est une véritable révolution.  « C’est un moyen de transport gratuit, qui fonctionne nuit et jour. Très pratique pour faire les trajets domicile/travail ou les trajets domicile/achats. C’est un bouleversement dans les habitudes de vie et de consommation des habitants », affirme le maire. Et ce dernier en est convaincu : ces escalators vont réduire de façon notable la circulation sur le bassin de vie franco-monégasque. « Environ 7 000 habitants de Beausoleil exercent une activité professionnelle à Monaco. Beaucoup d’entre eux qui jusqu’à présent se déplaçaient en scooter ou en voiture pour aller au travail, peuvent désormais s’y rendre à pied. On pense que cela peut toucher environ 2 000 véhicules. C’est difficile à quantifier de façon exacte mais beaucoup de personnes me disent : “Depuis que l’on a ces escalators, je ne prends plus ma voiture” ». Autre plus non négligeable : les propriétaires d’appartement situés non loin des escalators peuvent désormais mettre en avant cet argument de mobilité pour mieux vendre (et sans doute, vendre plus cher), leur bien.

    Des escalators uniquement en sens montant

    Preuve que ces escaliers mécanisés sont déjà adoptés par les habitants ? Selon un comptage effectué par une société spécialisée, la ligne d’escalators qui mène au Riviera Palace est déjà empruntée par 5 500 personnes par jour (1 500 sur la ligne située près de l’Alcazar.) Si vous êtes toutefois un sportif dans l’âme et que vous voulez garder la ligne, sachez qu’à côté de ces escalators (qui sont uniquement en sens montant et non pas descendant, faute de place suffisante) des escaliers sont toujours présents…

    Troisième tranche de travaux : 13 nouveaux escalators à l’étude

    Le maire de Beausoleil ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. L’édile compte bien remplir encore sa ville d’escalators pour faciliter la vie des habitants.  « Nous sommes encore prêts à étudier la création de 13 escalators supplémentaires. Nous allons lancer les études avant la fin de l’année. Nous verrons si la Principauté sera encore prête à nous suivre sur un cofinancement, explique le maire. Le prince Albert s’est engagé sur la neutralité carbone en 2050. Il est favorable à ces politiques de mobilité douce. A nous de le convaincre sur cette opération. » Ce nouvel axe permettrait de créer une mobilité piétonnière entre les quartiers des Moneghetti et du centre-ville situés sous la route départementale, avenue prince Rainier III, jusqu’à l’établissement scolaire François d’Assise Nicolas Barré (FANB). « Ce programme facilitera également l’accès aux établissements scolaires. De part et d’autre de la frontière : à Beausoleil (école des Cigales, école des Copains, Collège Bellevue) et à Monaco (Institution François d’Assise-Nicolas Barré) », fait savoir la ville. Pour mener à bien ce chantier, le budget est, là encore, colossal : 16 millions d’euros seront nécessaires.

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