samedi 2 mai 2026
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    Construction de navires de croisière : l’industrie a tourné à plein régime

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    Si les navires de croisières n’ont pas pu naviguer durant de longs mois en raison de la crise sanitaire, le secteur de la construction de bateaux, lui, n’a pas chômé. De nouveaux navires, moins polluants et esthétiquement, plus attractifs ont été construits

    Manifestement, la crise sanitaire n’a pas ébranlé le secteur de la construction des navires de croisières. Bien au contraire. Tout un tas de bateaux flambant neufs sont arrivés sur le marché durant cette période pourtant très critique. « La construction ne s’est jamais arrêtée, affirme Pierre Pélissier, dirigeant de l’entreprise Cruise line basée à Monaco. Les commandes sont réalisées plusieurs années à l’avance et la construction de bateaux requiert entre deux et trois ans. » Selon ce professionnel, y compris durant la crise sanitaire, plusieurs navires de croisières ont donc été livrés, mais interdits de naviguer durant la pandémie. Ils ont donc été mis en attente dans les ports. Ces constructions concernent aussi bien des bateaux sur le mass market (6 000 passagers), que des navires premium (autour de 3 000) ou des bateaux luxueux (entre 200 et 600 passagers). « Il y a donc aujourd’hui des navires neufs extrêmement attractifs, beaucoup plus efficients, esthétiquement plus beaux, avec de surcroît plus de loisirs, et plus de restaurants intégrés. »

    Bon rapport qualité/prix

    De plus, toujours selon ce professionnel, le prix des croisières serait à l’heure actuelle moins élevé qu’en 2019. « Il y a donc un rapport qualité/prix extrêmement bon en ce moment. » Si cette modernisation de la flotte était déjà engagée avant la crise sanitaire, la tendance s’est accélérée avec la pandémie. Les vieux bateaux très polluants et au design suranné ont donc été ferraillés.  « Au bout d’une trentaine d’années, s’il n’y a pas de repreneur, les navires sont découpés et vendus à la ferraille. Pendant la crise sanitaire, des armateurs ont détruit environ une trentaine de bateaux », rajoute Pierre Pélissier.

    Photo @ DR

    « Les nouveaux bateaux de croisières polluent beaucoup moins »

    Ces immenses hôtels flottants, extrêmement polluants, le seraient moins à présent selon ce professionnel. Et ce, grâce aux nouvelles réglementations en vigueur. Celles-ci obligent les armateurs à prendre un virage plus écolo.  « Les nouveaux bateaux polluent beaucoup moins. La nouvelle réglementation oblige à avoir des scrubbers, des filtres à particule. Une grande partie des nouveaux bateaux sont au gaz naturel liquéfié (GNL), il n’y a donc plus de fioul lourd, donc plus de pollution au soufre, rajoute Pierre Pélissier. Tous les nouveaux bateaux ont également des centrales de traitement des eaux usées à bord. Il n’y a donc aucun rejet d’eaux grises ou noires. Tout est traité à bord via une centrale qui rejette de l’eau claire en mer. »

    Des faillites en série dans le secteur des croisières ?

    Combien de sociétés spécialisées dans les croisières ont-elles fait faillite en raison de la crise sanitaire ? Selon Pierre Pélissier, quatre au total n’ont pas réussi à tenir le choc. Il y a notamment, le croisiériste espagnol Pullmantur ainsi qu’une compagnie indienne qui venait de se créer. « Plus récemment, on peut citer également Crystal Cruises, une compagnie haut de gamme rachetée en 2016 par une holding chinoise qui a fait faillite, indique-t-il. En revanche, les bateaux seront revendus. Ils vont donc réapparaître sous un autre pavillon avec une autre compagnie. » Le Britannique Cruise & maritime voyages (CMV), qui naviguait avec des bateaux anciens datant des années 80 /90, a également fait faillite. « Les vieux navires ont désormais beaucoup de mal à être attractifs », rajoute Pierre Pélissier. La cause ? Ils sont économiquement trop chers à exploiter et consomment trop d’essence. Autre raison avancée par ce professionnel : ils génèrent beaucoup de pollution et ne sont donc plus aux normes par rapport aux nouvelles réglementations en vigueur. « Pour mettre à jour ces navires anciens, les investissements à faire sont colossaux et ne sont pas justifiés par rapport aux nouveautés qui existent aujourd’hui, rajoute-t-il. Les compagnies qui naviguent avec des vieux bateaux doivent donc les détruire et renouveler leur flotte. À défaut, elles meurent. »

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