Pour soigner les enfants et les adolescents scolarisés à Monaco présentant des troubles sévères du spectre autistique ou encore des troubles sévères du développement et de la personnalité, un hôpital de jour franco-monégasque sera créé au cours du deuxième semestre 2022 à Beausoleil. 17 places seront réservés aux enfants et adolescents scolarisés à Monaco.
Ils souffrent de troubles du comportement, du langage, de la personnalité, ou encore de dépression ou de phobie scolaire… Les enfants et les adolescents résidents ou scolarisés à Monaco ayant ce type de pathologies sont majoritairement pris en charge par les équipes – il faut le dire, débordées – du Centre Plati (1). Certains de ces jeunes présentent toutefois des troubles plus sévères nécessitant des soins très spécifiques. Une vingtaine d’enfants serait ainsi concernés, soit 10% de la file active. Problème : la Principauté n’est pas suffisamment armée — en termes de structure d’accueil et de personnel médical — pour les prendre en charge comme il se doit. Faute de pouvoir être soignés en Principauté , certains d’entre eux sont donc suivis, dans les Alpes-Maritimes, dans des structures de type hôpital de jour ou dans des centres médicaux spécialisés , lorsque des places se libèrent. Et c’est là que le bât blesse… Malheureusement, ces places en France sont très rares et manquent cruellement de plus en plus.
Gros déficit dans l’Est du département des Alpes-Maritimes
« Ce déficit de places que l’on a constaté à Monaco , la France le constate également. En particulier dans l’Est du département, explique Ludmilla Raconnat Le Goff, directeur général du département des affaires sociales et de la santé à Monaco. Les structures de type hôpital de jour sont plutôt concentrées vers Nice. Côté pays mentonnais, il y a un vrai manque dans ce domaine. Faute de place, nous n’arrivons donc plus à répondre aux besoins des familles de Monaco. Celles-ci se tournent parfois vers des associations ou des éducateurs privés qu’elles financent elles-mêmes , en plus des prises en charge effectuées par le Centre Plati». Pour ces familles qui vivent déjà un quotidien lourd, l’éloignement géographique de ces structures françaises (situées essentiellement à Nice, ou dans l’arrière-pays) rajoutent du stress, avec l’obligation de faire des allers-retour récurrents.

Situé à l’avenue du professeur Langevin, cet établissement sur trois niveaux de 650 m2, prendra en charge des enfants qui résident à la fois en France et à Monaco. Sur un total de 35 places, 17 seront ainsi dédiées aux enfants qui résident ou qui sont scolarisés à Monaco jusqu’à l’âge de 18 ans.
Un hôpital de jour franco-monégasque
Voilà pourquoi, depuis plusieurs années, la volonté de créer un hôpital de jour, proche de la Principauté, prenant en charge cette jeunesse et ces familles en difficulté est bien réelle. Les besoins étant réels de part et d’autre de la frontière, c’est tout naturellement qu’il a été décidé de créer une structure médicale commune franco-monégasque. Un hôpital de jour, actuellement en cours de construction, sera donc bel et bien livré dans le courant du deuxième trimestre 2022. « Nous avons eu la chance d’avoir trouvé un petit immeuble à vendre à Beausoleil. C’est une maison de ville qui a été achetée par la Principauté. D’importants travaux sont en cours. La maitrise d’ouvrage appartient à Monaco mais au niveau du fonctionnement, ce sera une structure française, avec du personnel recruté par la Fondation Lenval », rajoute Ludmilla Raconnat Le Goff. Les frais seront également mutualisés entre les deux pays. Tout est donc co-financé.
17 places pour Monaco
Situé à l’avenue du professeur Langevin, cet établissement sur trois niveaux de 650 m2, prendra en charge des enfants qui résident donc à la fois en France et à Monaco : « Ce sera une structure française puisque elle située en territoire français. L’établissement sera sous l’égide de la Fondation Lenval mais avec un quota de place réservé à Monaco.» Sur un total de 35 places, 17 seront ainsi dédiées aux enfants qui résident ou qui sont scolarisés à Monaco jusqu’à l’âge de 18 ans. « Cela nous parait suffisamment dimensionné. Pour les parents qui sont eux-mêmes en grande souffrance, cela va être un vrai soulagement d’avoir une structure à proximité. »

Cette structure prendra en charge les troubles précoces du développement, les pathologies neuro-développementales (spectre autistique, retards globaux du développement) mais aussi les troubles de l’adaptation, les souffrances psychiques, (tentative de suicide, trouble anxieux , dépression, phobie sociale ,et phobie scolaire) et les pathologies psychiatriques de l’adolescence à l’adulte débutant.
Pathologies multiples
Quelles sont alors les pathologies prises en charge dans cette structure ? Dans le détail : les troubles précoces du développement, les pathologies neuro-développementales (spectre autistique, retards globaux du développement) mais aussi les troubles de l’adaptation, les souffrances psychiques, (tentative de suicide, trouble anxieux , dépression, phobie sociale ,et phobie scolaire) et enfin les pathologies psychiatriques de l’adolescence à l’adulte débutant. Le fonctionnement se fera par unités. Par classe d’âge mais aussi en fonction des types de troubles touchant ces enfants et adolescents. Pour gérer ce centre, une équipe pluridisciplinaire sera aux manettes , avec entre autres : pédopsychiatre, infirmier, psychologue, psychomotricien, orthophoniste, assistante sociale ou encore éducateur spécialisé.
Pas de déscolarisation
L’objectif de cette prise en charge en ambulatoire, est aussi de permettre à l’enfant de rester dans son environnement habituel. « Le but est que l’enfant reste dans son milieu familial, amical, scolaire, sans passer par une hospitalisation, rajoute Ludmilla Raconnat Le Goff. Ce centre d’accueil doit être un point de passage. Il est important que l’enfant puisse, après une période compliquée, retourner à sa vie normale, et continuer à être scolarisé. Conserver des liens avec les différents partenaires, que ce soit le Centre Plati mais aussi l’éducation nationale, est donc vraiment primordial.»
(1) Le Centre Plati est composé de trois unités complémentaires : le centre médico-psychologique (CMP), le centre d’accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP), et le centre de dépistage des troubles des apprentissages (CDTA).
