Si les autorités monégasques mettent souvent en avant le fait que Monaco est « l’un des endroits les plus sécurisés au monde », la Principauté n’est pourtant pas référencée dans les classements mondiaux officiels. Pourquoi ?
Si vous tapez sur un moteur de recherche, quels sont les villes ou les pays les plus sécurisés au monde, étrangement la Principauté ne figure jamais dans ces classements… « Monaco a une image de pays sécurisé très importante, mais la Principauté ne fait effectivement pas partie des catalogues officiels des villes ou des pays sécurisés, même si cela va de soi », constate le commissaire Christophe Haget. Pourtant, selon ce professionnel, la Principauté dispose largement des « ressources humaines et techniques » pour faire partie « au moins des 10 premiers. »
« Être présent dans une compétition mondiale »
La Sûreté publique a donc alerté les autorités monégasques sur l’opportunité de figurer sur ces classements officiels effectués par des sociétés privées. « Nous avons effectivement émis l’idée que la Principauté intègre ces classements. Est-ce opportun ou non d’y figurer ? Monaco en a-t-il besoin ? Nous soumettons simplement cela à la réflexion. Étant donné que nous faisons de gros efforts en termes de sécurité, peut-être devrions-nous communiquer sur ce point », suggère Christophe Haget. Quel serait alors l’intérêt de figurer dans ces classements officiels ? Ce référencement permettrait « d’être présent dans une compétition mondiale », estime ce professionnel. Cela pourrait donc constituer un véritable élément d’attractivité. « Les États, tout comme la sphère privée regardent ce type de données. Avant de projeter l’installation d’une société ou d’une filiale, les entrepreneurs scrutent ces éléments. De même, si des organisateurs de congrès basés de l’autre côté de l’Asie veulent organiser un évènement et regardent sur Internet les 10 villes les plus sécurisées au monde, Monaco n’en fait pas partie. Par conséquent, ils ne songeront sans doute pas à la Principauté. »
Les 4 piliers sécuritaires
Sur quels critères se basent alors ces sociétés privées pour effectuer ces classements ? Il y a au total 4 piliers. Grosso modo : les moyens humains et techniques dont disposent les villes et les États pour assurer la sécurité des biens et des personnes. Même logique pour la sécurité numérique. La qualité des infrastructures est également étudiée de près, tout comme la qualité du système sanitaire. « Désormais, c’est une sécurité globale qui est mesurée et prise en compte. Tout est interconnecté », constate Christophe Haget. Qui sont alors — officiellement — les bons élèves ? Selon une étude référence mise en avant par la Sûreté publique (baptisée Safe cities index), le trio de tête en 2019 est Tokyo, Singapour et Osaka. Suivent ensuite Amsterdam, Sydney, Toronto, Washington DC, Copenhague, Séoul et Melbourne. Paris figure à la 23ème place et Rome à la 30ème. Reste à voir à quelle place se trouvera, un jour, peut-être, la Principauté.
