Il avait tué son collègue avant de s’enfuir en Italie. La cour d’Imperia l’a acquittée, le considérant pénalement irresponsable.
La scène de crime avait marqué les enquêteurs monégasques. Ce vendredi 24 février 2017, dans un déchainement de violences, un homme alors âgé de 30 ans avait été retrouvé mort dans la cave du restaurant le Pulcinella, au 17 rue du Portier, le corps lardé d’une trentaine de coups de couteau. Alfio Fallica, née en 1986 en Sicile, vivait avec sa femme dans le centre-ville de Menton et occupait le poste de chef. Quelques heures plus tard, c’est un de ses collègues, Ricard Nika, un cuisinier d’origine albanaise de 30 ans aussi, qui est arrêté à son domicile de Bordighera sur la côte ligure, sa commune de résidence. 4 ans après les faits, c’est le tribunal d’Imperia qui a jugé l’accusé, bien que les faits se soient déroulés en principauté. Aucun accord de coopération judiciaire n’aurait pu être trouvé entre les deux États.
« Il souffrait de délires de persécution »
A l’audience ce lundi 8 février 2021, il encourait une peine de 30 ans de réclusion. Mais le juge a décidé de suivre les réquisitions du ministère public. Une expertise judiciaire ordonnée par les justices italiennes et monégasques avaient déjà montré les troubles paranoïaques dont souffrait le prévenu. Un non-lieu avait même été conclu par le juge d’instruction monégasque. « Son discernement était aboli au moment des faits. Il ne se souvient de rien. Il souffrait de délires de persécution. Ensuite, peu à peu, il a pris conscience de la gravité des faits », a expliqué à Monaco-Matin son avocat MeMarco Bosio. Au moment-même de son arrestation, Ricard Nika, blessé au bras, aurait déclaré avoir fait « une chose grave » dans un restaurant à Monaco. « Je me suis battu avec un homme et maintenant, je ne sais pas s’il est vivant ou mort. »
Abolition de son discernement au moment des faits
Même s’il a été acquitté, Ricard Nika ne recouvrera pas tout de suite sa liberté. Déjà interné dans une structure spécialisée où il suit un traitement psychiatrique, la justice a décidé de l’astreindre à rester 10 ans dans cette structure fermée. En cause ? Un manque de charges et l’abolition manifeste de son discernement au moment des faits. « Il peut être libéré avant le terme des 10 ans si une absence de danger est avérée dans les prochaines années », indique encore son avocat. Et si médecins et magistrats donnaient également leur accord.
