Publié au Journal officiel le 18 novembre dernier, le récépissé de déclaration de l’association monégasque pour le culte des Témoins de Jéhovah (A.M.C.T.J.) met fin à une longue bataille administrative et judiciaire menée contre l’État monégasque.
« Le 18 novembre 2022, l’association des Témoins de Monaco a été enregistrée légalement dans la Principauté. Les Témoins de Jéhovah souhaitent exprimer à l’État toute leur reconnaissance pour cette décision impartiale. La religion chrétienne des Témoins de Jéhovah est présente à Monaco depuis plus de 50 ans. Elle est également reconnue dans plus de 200 pays et territoires à travers le monde. » C’est par un communiqué adressé à la presse que l’association monégasque pour le culte des Témoins de Jéhovah s’est réjouie de cette publication officielle. Elle met fin à plusieurs années d’un affrontement administratif et judiciaire entre les autorités monégasques et l’association. Pour Cédric Galès, président de l’association monégasque pour le culte des Témoins de Jéhovah, « il est rassurant de constater que la liberté de religion est effective à Monaco. Toutes les personnes attachées aux libertés fondamentales, et elles sont nombreuses ici, s’en réjouiront. »
Dérives sectaires
Même si depuis 2011, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) la considère comme une religion, plusieurs pays, dont la France, restent prudent vis-à-vis de ces associations. Toutefois sortie de la liste des sectes en 2002 en France, elle fait l’objet d’une attention particulière dans l’Hexagone. En juillet 2012, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) réagissait à cet arrêt de la CEDH concernant les Témoins de Jéhovah en indiquant continuer à « exercer sa vigilance à l’égard des Témoins de Jéhovah, en raison de signalements de dérives sectaires qu’elle reçoit régulièrement de la part d’anciens membres ou de proches des membres de cette communauté. » À Monaco, le ministre d’Etat avait décidé de s’aligner sur la position de la France en refusant notamment de donner ce récépissé de déclaration. En cause, « un doute sérieux et légitime quant au caractère sectaire du culte des Témoins de Jéhovah que ladite association aurait vocation à représenter à Monaco, ainsi qu’aux atteintes à l’ordre public que l’activité déployée par ses membres pourrait générer en Principauté ». Mais l’association a saisi le Tribunal suprême monégasque, puis la Cour européenne des droits de l’homme qui ont jugé leur demande recevable. Ce qui a abouti le 18 novembre 2022 à cette publication du récépissé au Journal officiel de Monaco.
