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    Agnès Falco Aux manettes d’UBS

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    A la tête d’UBS Monaco, Agnès Falco est l’une des deux seules femmes directrices de banque en principauté. A l’Observateur de Monaco, elle livre les clés de son management et son parcours professionnel.

    «Ce que j’aurais du mal à accepter, c’est que l’on mette une femme à un poste juste parce qu’elle est une femme. C’est la compétence qui doit faire que l’on est là où on est. » Depuis quatre ans, c’est la Monégasque Agnès Falco qui dirige l’antenne locale de la banque suisse UBS. « J’ai commencé en faisant de l’audit, du conseil et de la fusion-acquisition chez Andersen Consulting. Nous n’étions pas nombreuses dès le départ, c’est vrai. Mais nous avons toujours été intégrées dans les équipes comme n’importe quel autre consultant. C’est à force de travail — j’étais déjà mariée et maman — que j’ai toujours réussi à tout mener de front, insiste Agnès Falco. Cela venait naturellement. Chez Andersen, ils avaient compris qu’il fallait des équipes diverses de par le sexe, la religion, l’origine de la formation. C’était cette diversité de profils et de nationalités qui faisaient que l’on arrivait à délivrer quelque chose de bonne qualité. » Après des études et ce premier poste à Paris, cette Marseillaise d’origine décide finalement de rejoindre la Principauté.

    « Accepter de progresser »

    La transition entre le monde de la fusion-acquisition bancaire et Monaco est rendu possible par un chasseur de tête qui propose son profil pour intégrer la banque HSBC Monaco. En 2001, elle prend alors ses fonctions en tant que responsable “stratégie développement” puis membre du département exécutif en 2010. « J’apprends le métier vers des fonctions opérationnelles, on redéfinit l’équipe pour passer les premiers de la place bancaire monégasque et nous multiplions par 3,5 les revenus de la banque », se remémore-t-elle. Parce qu’elle a « toujours accepté de progresser » et « d’être challengée tout le temps », Agnès Falco se laisse happer par une autre destination bancaire. Cela tombe bien, la banque Lloyds de Monaco a besoin de remplacer son directeur général. Elle en prendra la direction à 38 ans. Sa première fois en tant que directrice et une première aussi pour la Principauté qui voit (enfin) sa première femme atteindre ce niveau de responsabilités. « J’étais la plus jeune directrice de la place », sourit-elle. Par le jeu des fusions-acquisitions, la banque Lloyds se retrouve vendue à l’UBP. Qu’à cela ne tienne, Agnès Falco devient responsable locale au Crédit Suisse.

    Siège UBS Monaco interview Agnès Falco
    Crédits photo l’Obs

    A Monaco, la banque œuvre depuis 1956. Agnès Falco y remplace un directeur de nationalité suisse, Urs Minder, qui y a opéré pendant 20 ans.

    Siège social éco-responsable

    Il s’agissait de la dernière étape avant son arrivée à UBS Monaco. Une banque suisse dont les sièges sociaux se trouvent à Zurich et Bâle. Depuis l’été 2019, c’est une autre femme, Christine Novakovic, qui a pris les rênes de l’Europe chez UBS. A Monaco, la banque œuvre depuis 1956. Agnès Falco y remplace un directeur de nationalité suisse, Urs Minder, qui y a opéré pendant 20 ans. Les changements se font vite ressentir. Déjà parce que la masse salariale passe de 150 à 300 collaborateurs. Dont 37 % de femmes et une moyenne d’âge de 35 ans. « Ils avaient besoin d’une vision locale, de s’ancrer plus », souligne la directrice dont le nom avait été soufflé au siège suisse par deux clients monégasques. Installés sur trois sites différents à Monaco, les collaborateurs pourront prochainement intégrer le futur siège, avenue de Grande-Bretagne, qui a reçu son permis de construire le 12 novembre dernier. Un projet écoresponsable qui met en œuvre les valeurs du label bâtiment durable méditerranéen de Monaco (BD2M).

    La patte Agnès Falco

    Charge à la Monégasque de motiver les troupes locales. Et pour cela, elle a une méthode bien précise. La directrice a opté pour une hiérarchie plate. « Un patron a un rôle social. J’essaie de créer une banque où on se sent comme dans une maison. Ma plus grande fierté, c’est d’aider mes collaborateurs dans leur avenir professionnel. On a essayé de créer une relève, faire en sorte que les gens s’en sentent capable. La différence, ce n’est pas le succès, c’est l’impact », argumente-t-elle. Il a entre autres fallu gérer la crise sanitaire. Si seulement 35 % du personnel est resté travailler sur place, pendant le confinement, la banque ne ferme pas un seul jour. « Nous avons fait une année exceptionnelle parce qu’on s’est serrés les coudes », défend-t-elle. Passionnée par le monde bancaire qu’elle a choisi, Agnès Falco met un point d’honneur a rappelé la valeur qui a jalonné à ses yeux son parcours professionnel : l’empathie. « La banque c’est un métier de tête mais avant tout de cœur », conclut-elle.

    Agnès Falco : Bio expresse

    Agnès Falco est née à Marseille, ville qu’elle a quittée définitivement à ses 18 ans pour rejoindre Paris. Dans la capitale française, elle suit des études à Sciences-Po où elle obtient un DEA en économie appliquée et un DEA en droit. Elle décide de se lancer dans le monde bancaire avec une première expérience professionnelle au sein du cabinet d’audit, de consulting et de fusion-acquisition Andersen. « J’aimais la nature et la matière bancaire », décrit-elle. Elle quitte Paris pour Monaco en 2001 lorsqu’un chasseur de tête lui propose un poste à la HSBC Monaco en tant que responsable “stratégie développement” puis devient membre du département exécutif en 2010. Elle est ensuite recrutée comme directeur général de la Lloyds Monaco. Son premier poste de directrice à 38 ans. Après un passage au Crédit Suisse, elle intègre UBS Monaco il y a quatre ans comme directrice. Sur le plan familial, Agnès Falco est mariée à Emmanuel Falco, conseiller privé du Prince, et mère de leurs deux enfants. Elle est naturalisée monégasque.

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