Le tourisme mondial a subi plusieurs crises majeures ces deux dernières décennies : les attentats du Word Trade Center en 2001 et la crise financière de 2009.
Mais la crise sanitaire actuelle est celle qui a les effets les plus dévastateurs pour ce secteur. L’analyse de Guy Antognelli, directeur du tourisme à Monaco.
« Cette année restera à jamais celle de nombreux bouleversements. » Le directeur du tourisme à Monaco, Guy Antognelli, a fait le bilan de l’année 2020 si singulière marquée, dès le mois de mars, par la crise sanitaire. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le Covid-19 a été un véritable tsunami dans ce secteur. « Les résultats sont forts tristes, regrette-t-il. Et pourtant, en janvier et février 2020 tout avait bien commencé. Une excellente année s’annonçait. » Puis, patatras. Le Covid et le confinement sont arrivés.
« Il nous a fallu à l’époque 3 ans pour retrouver le niveau pré-crise »
Selon Guy Antognelli, cette crise fut, dans l’histoire récente, la pire onde de choc : « Les deux dernières crises majeures qui ont impacté le tourisme ont eu lieu en 2001-2002 suite aux attentats du World trade Center et en 2009 suite à la crise financière. Si 2002 est trop loin pour être significative tant la distribution, les comportements d’achat et le trafic aérien est différent, la comparaison avec l’année 2009 a encore du sens »,estime Guy Antognelli. Selon lui, l’impact pour les hôteliers de la Principauté de la crise Covid est trois fois pire que cette crise de 2009. « Il nous a fallu à l’époque 3 ans pour retrouver le niveau pré-crise », rappelle-t-il.
Rétablissement des capacités aériennes entre 2025 et 2027
La question majeure qui se pose donc à présent est la suivante : « Comment le tourisme redémarrera- t-il à l’avenir quand on sait que les prévisions de IATA (1) estiment au mieux à 2025, au pire à 2027, le rétablissement des capacités aériennes qui nous amènent 75 % de nos clients ?, interroge-t-il. Cette préoccupation est bien entendu la nôtre depuis le début de la crise. »
Campagnes de communication
Pour renouer avec les visiteurs, au-delà des actions commerciales, la direction du tourisme et des congrès a énormément misé sur la communication avec plusieurs campagnes. La dernière en date s’appelle For More et sera massivement diffusée sur les télévisions françaises, sur des supports publicitaires situés dans des centres commerciaux de luxe de grande villes françaises et italiennes, ainsi que dans de nombreux magazines européens. Autre approche envisagée : au cours du premier trimestre 2021, un livre blanc conçu par un cabinet privé listera des propositions éco-responsables à tous les acteurs du tourisme à Monaco pour attirer une clientèle qui se sent concernée par le développement durable
(1) The International Air Transport Association (IATA)
Hôtels à Monaco : « 102 % de croissance du marché français sur juillet et août »
Après le confinement du mois de mars 2020, les hôtels de la Principauté ont rouvert progressivement durant le mois de juin. Mais les taux d’occupation sont restés très bas au fil des mois : 26 % seulement en juin, 39 % en juillet (contre 79% en 2019). Et en août, même chute drastique : 55,84% de taux de remplissage (contre 80% en 2019). Seule consolation estivale : l’été a été soutenu par les clientèles européennes, notamment française, venue massivement : « Nous avons enregistré 102 % de croissance du marché français sur juillet et août dans les hôtels. » Mais à l’automne, la situation est à nouveau « catastrophique », reconnaît Guy Antognelli, en raison notamment de l’absence de fréquentation touristique durant l’arrière-saison et de l’annulation de tous les grands événements, à l’exception du salon Ever et des Assises de la sécurité. « A fin novembre, la situation s’établit ainsi : – 59% de chambres vendues, un prix en baisse de 10,5% et un revenu par chambre disponible en chute libre de 63% », déplore-t-il.
