En conférence de presse hier matin, le président-délégué de la Société des Bains de Mer, Jean-Luc Biamonti, a affirmé que son groupe est confronté à un réel déficit de main d’oeuvre. Entre 30 et 40 saisonniers manquent actuellement. Un constat qui oblige la SBM à revoir son offre de restauration.
Le constat est le même en France, mais aussi plus largement en Europe. Le secteur de l’hôtellerie/restauration ne séduit plus, et peine à trouver de la main d’oeuvre. En Principauté où l’activité touristique est très dense, cette pénurie inquiète forcément les professionnels du milieu, et tout particulièrement la SBM confrontée de plein fouet à cette difficulté. « Difficulté est d’ailleurs un euphémisme. On ne trouve personne… », a reconnu Jean-Luc Biamonti, le président-délégué du groupe en conférence de presse hier matin. Le type de main d’oeuvre qui manque cruellement à la SBM actuellement ce n’est pas le personnel permanent, mais bel et bien les saisonniers, dont la présence est capitale pour faire tourner la machine et répondre au pic d’activité qui s’étend essentiellement de mai à septembre en Principauté. « Le fait de ne pas avoir assez de saisonniers et beaucoup de clients, cela crée forcément des tensions. Le surcroît de travail pèse sur les employés que nous avons », indique-t-il.
Un avant et après Covid
Comment expliquer alors cette désertion de ce personnel ? « Je pense fondamentalement que beaucoup de personnes qui travaillaient dans les années précédentes dans ce milieu sont sorties de ce secteur durant la crise sanitaire, a rajouté Jean-Luc Biamonti. Il est vrai que le rythme est difficile. Il faut travailler le week-end, le soir, ou la nuit. C’est ce qui décourage ces salariés qui, durant cette période Covid, ont pris l’habitude d’avoir une vie familiale un peu plus normale. » Selon le directeur-délégué, sur 700 saisonniers employés généralement par la SBM, il en manque actuellement une quarantaine. Suffisant pour « que ça fasse mal », reconnait Jean-Luc Biamonti.
Obligation de moduler l’offre restauration
Face à ce manque de personnel, la SBM est contrainte de revoir et d’adapter son offre de restauration. Très concrètement, il ne sera plus possible pour certains restaurants du groupe d’ouvrir chaque jour, midi et soir. « Par exemple, le restaurant libanais Em Sherif qui est un grand succès, ouvre actuellement 5 jours sur 7 midi et soir. Nous allons passer aux alentours du 20 juin à une ouverture 7 jours sur 7 mais à partir de 16h, jusqu’à minuit. Nous allons arrêter le déjeuner. »
Baisser le niveau des réservations
Pour palier ce manque de main d’œuvre, la SBM a choisi deux options. D’une part, baisser le niveau des réservations. « On s’est d’ailleurs un peu loupés pendant le Grand Prix à ce niveau-là », reconnait-il. Par exemple, dans un restaurant qui peut accueillir 80 couverts, il arrive durant l’été que la SBM en accueille 85 voir 90 . « A l’heure actuelle, ce n’est plus possible car nous n’avons pas les effectifs pour. On ne le fera plus. Sinon, on va mécontenter tout le monde. On sera donc plus disciplinés sur le volume de réservations. On ne va pas prendre les trois tables en plus qui risquent de déstabiliser tout le service »
Mieux rémunérer les salariés payés au fixe ?
Deuxième élément : la SBM a décidé de prendre plus en considération les salariés payés au fixe et qui ont souvent les revenus les moins élevés. Car le personnel de la SBM est divisé grosso modo en deux catégories : les salariés payés à la masse et qui bénéficient du surcroît d’activité. En clair, plus ils travaillent, plus ils gagent. En revanche, une partie du personnel est payé au fixe. « Ce personnel a lui aussi beaucoup plus de travail mais ne bénéficie pas de l’augmentation du chiffre d’affaires, explique encore Jean-Luc Biamonti. En ce moment, nous nous préoccupons donc énormément de ce segment de personnel qui est souvent celui le moins bien payé. Qu’est-ce qu’on pourrait faire pour compenser ces salariés qui ont beaucoup plus de travail mais pas une augmentation de leurs revenus ? On y travaille et on y réfléchit », a-t-il assuré. Après avoir fait grève durant le Grand prix historique, les syndicats de l’hôtellerie/restauration affiliés à l’Union des syndicats de Monaco (USM) menaçaient de mener une nouvelle action durant le Grand prix de Formule 1. Finalement, un accord a été trouvé, à l’exception du personnel de la sûreté de la SBM qui a tout de même fait grève. « Je remercie ces employés d’être venus au travail car il y avait beaucoup de tension », a conclu Jean-Luc Biamonti.
