Sport-Santé — Docteurs en science du mouvement humain, Mélanie Emile et Jérôme Vaulerin vous aident à diminuer votre consommation de protéines animales —
De plus en plus de personnes sont soucieuses de leur santé et de l’environnement, et souhaitent diminuer leur consommation de protéines animales (viande, poisson, œuf) pour se diriger vers une alimentation où les protéines végétales (soja, légumineuses, algues, fruits oléagineux) seraient omniprésentes. Selon le rapport de Terra Nova de 2017, la consommation de viande des Français ne cesse d’augmenter. En effet, en 60 ans, celle-ci aurait augmenté de 43 % et serait associée à l’élévation du niveau de vie et au progrès de l’agriculture. En effet, la consommation de viande dépasserait les 49 kg par an et par habitant en 2018. Ce rapport préconise de diminuer par deux la consommation de viande en consommant au moins 60 % de protéines végétales et seulement 40 % de protéines animales. Non seulement ce changement permettrait d’améliorer la santé en réduisant les risques de maladies chroniques, mais également diminuerait les émissions de gaz à effet de serre.
Effet sur la santé
Les produits carnés contiennent des protéines animales et des graisses pour la plupart saturées. Selon l’Organisation Mondial de la Santé (OMS), la consommation de viande et qui plus est de viande rouge et transformées, serait reliée à la survenue de cancer, de maladies cardiovasculaires ou encore de diabète de type 2. Ainsi, l’OMS recommande de diminuer cette consommation de viande et de privilégier les légumineuses (lentilles, pois chiches, pois cassés) qui sont des aliments riches en protéines végétales et en acides gras essentiels (oméga-3) dont le rôle est de réduire les maladies cardiovasculaires. Par semaine, la consommation de produits carnés ne doit pas dépasser 500 grammes, il faut éviter les viandes trop grasses (agneau, bœuf, porc) ou la charcuterie qui sont trop riches en graisses saturées. Il faudra privilégier des viandes provenant d’agriculture biologique afin de limiter l’ingestion des pesticides et d’antibiotiques qui sont néfastes pour la santé. Au-delà de la quantité, il faut faire attention à la qualité des viandes que vous consommez. Les poissons et les œufs ne sont pas épargnés. En résumé, pour rester en bonne santé, privilégiez la qualité plutôt que la quantité, mangez-en moins, mais de meilleure qualité.
Impact environnemental
Chaque année, environ 66 milliards d’animaux sont abattus en France pour la consommation alimentaire. Pour pallier à cet élevage intensif, certaines industries agroalimentaires utilisent des conditions d’élevage et/ou d’abattage douteuses, ne respectant pas ou peu le bien-être animal. De plus, cet élevage entraine une consommation d’eau assez conséquente. Par exemple, pour produire un kilo de viande de bœuf, il faut l’équivalent de 15 500 litres d’eau pour l’irrigation des céréales alors que pour la production d’un kilo de pommes il ne faut que 700 litres d’eau ! L’élevage est responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales dont 9,7 % uniquement pour les bovins. Cet élevage est également responsable de la déforestation puisque 70 % des terres agricoles sont destinés aux animaux. Pour produire un kilo de viande il faudrait entre 7 kg et 12 kg de céréales. Enfin, il y a un impact sur la pollution de l’eau, les industriels rejettent des nitrates et du phosphore provenant des épandages de fumier et de lisier (déjections animales + eau), mais également des rejets de pesticides et d’engrais. Ainsi en 2015, certains pays (Paris, Milan, Oslo, Tokyo…) se sont mis au vert en suivant les recommandations de l’accord de Paris qui consiste à limiter la consommation de viande afin de limiter le réchauffement climatique dû à l’élevage massifs des animaux. Toutefois, sur 195 pays concernés seuls 16 pays ont pris les mesures nécessaires pour respecter cet accord. Ainsi, en adoptant une agriculture durable et biologique, en diminuant le gaspillage alimentaire, et en réduisant la consommation de viande, les émissions de gaz à effet de serre réduiraient de façon considérable.
Astuces
Les alternatives à la viande
Face à ce constat alarmant lié à la consommation de viande, certains consommateurs souhaitent adopter une alimentation plus saine pour eux et pour l’environnement. Alors quelles sont les alternatives pour remplacer les produits animaliers ? 100 g de viande cuite (aliment moyen, toutes viandes confondues) contient entre 25 g et 30 g de protéines, mais à quoi cela correspond-il en termes de protéines végétales ? Voici une petite liste d’exemples :
• 200 g de légumineuses cuites
• 250 g de pois cassés ou pois chiche
• 550 g de quinoa cuit
• 250 g de tofu
• 100 g de seitan
• 45 g de spiruline ou de protéines de soja texturées
• 80 g de graines (courge, chia, soja)
• 100 g d’amandes
Il est important de varier votre alimentation et de combiner des céréales complètes avec une source de protéines végétales afin d’optimiser au maximum l’apport d’acides aminés. Si vous souhaitez passer à une alimentation ne contenant uniquement que des protéines végétales, il est conseiller de consulter un spécialiste, de faire régulièrement un bilan sanguin et de prendre en supplémentation de la vitamine B12 (uniquement dans les aliments d’origine animale) afin de limiter les carences. Si vous souhaitez conserver les protéines d’origine animale, alors primez la qualité.
