dimanche 12 avril 2026
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    JO de Tokyo : Xiaoxin Yang,
    première athlète monégasque qualifiée

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    La pongiste d’origine chinoise, naturalisée monégasque, vient de se qualifier pour les Jeux olympiques de Tokyo lors d’un tournoi qualificatif à Doha au Qatar.

    Lundi 15 mars 2021, elle a remporté la finale de son tableau contre l’Espagnole Maria Xiao. Cette victoire fait de Xiaoxin Yang la première Monégasque officiellement qualifiée pour participer aux Olympiades prévues cet été au Japon. Retrouvez ici en intégralité le portrait que l’Observateur de Monaco lui a consacré dans son dernier numéro, toujours en kiosque.

    C’est à la sortie d’un énième entraînement que Xiaoxin Yang se pose enfin. Jogging, sweat et baskets, ce petit bout de femme d’environ 1m55 et athlétique ne semble pas très imposant. Pourtant, raquette à la main, elle dévoile une toute autre facette. Redoutable, l’actuelle 44ème mondiale en tennis de table pourrait se retrouver bien plus haut dans le classement mondial. Alors que la crise sanitaire a provoqué l’arrêt des compétitions, et donc l’actualisation de sa position mondiale, elle avait pourtant battu des rivales bien mieux classées. Confiante, elle n’hésite pas à le dire : « J’ai battu les 8ème et 6ème au classement. Je suis confiante. Si j’ai gagné une fois, je peux les rebattre ». Une mentalité de battante issue de ses racines chinoises.

    Une rencontre fortuite

    Née dans la capitale chinoise en 1988, celle qui a fêté ses 33 ans le 8 janvier dernier ne compte pas les entraînements. Cette ténacité, certes culturelle en Chine, lui a aussi été inculquée par son père Liang Yang. Droite sur sa chaise, elle revient sur son enfance marquée par le « ping ». Commencé à l’âge de six ans à la suite d’une rencontre étonnante, le ping-pong devient son sport. « On se baladait avec ma mère dans la rue. Elle a remarqué qu’un homme nous suivait depuis longtemps déjà. On avait peur qu’il nous veuille du mal mais c’était tout le contraire ». Cet homme, Xiao Dong Li, est en fait celui qui lui fera découvrir ce sport, et l’a suivra toute sa carrière jusqu’à son décès en 2005. « Il a demandé à ma mère s’il pouvait me toucher le pied. Là, il a dit que je deviendrai une sportive de haut niveau grâce au ping ». Dès le lendemain, son père l’amena dans la salle la plus proche et c’est la révélation. Alors que les autres élèves réalisaient quelques jongles sur leur raquette, Xiao Xin elle en faisait déjà une centaine. Un don qui a poussé son premier entraîneur à la mettre derrière une table pour effectuer des échanges. Là encore, les retours de balle ont montré qu’elle était faite pour ce sport.

    xiaoxin yang compétition
    Xiaoxin Yang © Photo Manuel Vitali / Direction de la Communication

    « J’ai battu les 8ème et 6ème au classement. Je suis confiante. Si j’ai gagné une fois, je peux les rebattre » Xiaoxin Yang

    « Je n’ai pas eu de vie d’enfant »

    Le début d’une longue vie dévouée à ce sport commence. Avec une progression rapide, elle ne s’est pourtant pas reposée sur ses lauriers. Son père Liang Yang, décédé en 2014, était un ancien soldat de l’armée chinoise et ne lui laissait aucun répit. Inscrite dans une école sportive à huit ans, la moitié de ses journées était dédiée à la pratique. Plus encore, son père l’a faisait dormir dans la salle d’entraînement « sur des lits qu’on dépliait du mur ». Les nombreuses heures passées raquette à la main l’ont privée d’une vie d’enfant normale. En regardant le sol, elle se confie à demi-mot : « Mes camarades partaient en voyage, pas moi. Je n’ai pas eu de vie d’enfant ». Une situation qui parfois l’a démotivée. Des sacrifices initiés par son père qu’elle comprend à présent. « Il y avait des fois où je n’avais pas envie mais il me poussait. Chez nous, quand on commence quelque chose on doit le faire jusqu’au bout. Cela ne peut qu’apporter du bon ». Du bon sur le plan sportif, mais certainement pas personnel.

    « Une femme peut être autre chose qu’une maman »

    Si le mot “sacrifice” revient souvent dans son vocabulaire, il implique surtout d’avoir mis de côté ses relations familiales. C’est avec le visage fermé que Xiaoxin parle de sa mère, Jin Lan Zhang, ancienne infirmière de 70 ans. « Je ne suis pas très proche d’elle, avoue-t-elle. Petite, j’étais avec mon papa et elle s’occupait plus de mon frère Xiao Chao ». D’une voix pleine de regrets, elle confie que cette situation l’a pesée. Cette présence maternelle lui a manqué dans sa vie, et lui fait défaut aujourd’hui depuis qu’elle est elle-même devenue mère. Sa petite Céline, trois ans, elle ne l’a pas beaucoup vue. « Depuis qu’elle est née, j’ai dû passer deux mois avec elle tout au plus ». D’une voix émue, elle confie que sa fille vit en Chine avec ses beaux-parents. Un arrangement qui simplifie tout sur le plan sportif étant donné que Xiaoxin voyage énormément. Mais cet éloignement est un vrai déchirement pour son mari et elle : « Elle nous manque beaucoup. Avec le Covid, cela fait un an que nous ne l’avons pas vue. Je sais que tout se passe bien mais c’est dur », déplore la jeune femme. Pour autant, elle ne compte pas mettre sa vie carrière sportive de côté tout de suite. L’émotion vite effacée, elle reprend d’une manière presque calibrée. « Une femme peut être autre chose qu’une maman ». Ses ambitions sportives sont pour le moment sa préoccupation principale. Les Jeux Olympiques de 2024 sont un objectif qu’elle souhaite réaliser. Seulement après, elle s’autorisera une vraie vie familiale « avec un deuxième bébé », dit-elle tout sourire en se caressant le ventre.

    S’expatrier pour réussir

    Alors que Xiaoxin faisait partie des équipes jeunes de la sélection chinoise, l’expatriation était son seul moyen d’envisager un vrai avenir avec le ping. Étant le sport national, le tennis de table regroupe 10 millions de licenciés. Autant de concurrence face à laquelle Xiaoxin a préféré laisser la place. Après un court passage du côté du Portugal, c’est en France qu’elle a déposé ses valises. Aller en région parisienne à Boulogne-Billancourt, c’était aussi un choix du cœur. Comme elle l’explique, la France et Paris sont très appréciées par les chinois. « En Chine, on adore tout ce qui touche à la France. C’est raffiné, c’est beau, c’est bon. Les baguettes et les croissants on adore. Il y a des boutiques à Pékin qui sont comme des boulangeries françaises », s’extasie la trentenaire. Pour elle, venir en France était un rêve d’enfance depuis qu’elle a vu un film : « celui avec l’église et le monsieur qui a un dos bizarre », comprenez Le Bossu de Notre-Dame et Quasimodo. Maintenant, la culture occidentale fait partie intégrale de sa vie. Son mari, Ji Qing a adopté un prénom français, Pierre, et ce schéma a été répété pour choisir comment appeler leur fille. « On voulait un prénom français mais on ne savait pas comment choisir. On a pris un dictionnaire et Céline j’aimais bien. Donc c’est Céline », rigole la jeune maman. Une adaptation occidentale qu’elle ne regrette pas du tout. Aujourd’hui, si l’athlète peut rêver plus grand, c’est parce qu’elle est partie de sa Chine natale.

    Parcours : Le rêve olympien accessible grâce à Monaco

    «Je ne savais pas où était Monaco avant. Je suis nulle en géographie » s’esclaffe la pongiste. À son arrivée en Principauté en 2017, Xiaoxin s’est vue accorder la nationalité monégasque, grâce à son « papa de Monaco » comme elle l’appelle, Marc Loulergue, président du club de l’A.S. Monaco tennis de table. Cela est signe que ses capacités sportives peuvent apporter beaucoup. Une aubaine pour la trentenaire, qui peut enfin toucher du bout des doigts son rêve olympien. En effet, elle va participer à différents Open au Qatar en mars. Ensuite, place aux qualifications européennes au Portugal en avril en vue des JO de Tokyo. Les objectifs qu’elle se fixe ? Arriver au moins en huitième de finale des Jeux Olympiques, mais remonter dans le classement mondial est aussi important. « Je suis actuellement 44ème mondiale. Je veux aller sous les 40. Mais dès que ça sera fait, je voudrais être en dessous des 30, puis des 20…Je voudrais toujours être meilleure ».

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