En raison de la crise sanitaire du covid-19, de nombreux emplois liés à la fréquentation touristique sont menacés. Selon Guy Antognelli, directeur du tourisme à Monaco, les métiers de l’hôtellerie-restauration, ceux du transport de passagers, les boutiques, les guides excursionnistes, les saisonniers ou encore les extras seront directement impactés.
Avec plus de 3 milliards d’humains qui ont été confinés chez eux, des compagnies aériennes clouées au sol et de nombreux aéroports fermés, l’activité touristique à travers le monde est à l’arrêt. Dans un communiqué rendu public le 20 mars dernier, le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC) a annoncé une perte d’un million d’emplois par jour dans ce secteur au niveau mondial. La Principauté est également durement touchée. Selon Guy Antognelli, directeur du tourisme à Monaco, tous les emplois liés à la fréquentation touristique seront directement impactés. A savoir les métiers de l’hôtellerie-restauration, ceux du transport de passagers, les boutiques (notamment de souvenirs), ou encore les guides excursionnistes…
Annulation du Grand prix : des agences perdent 60 à 99% de leurs revenus annuels
S’agissant du Grand-Prix qui a été annulé, au-delà de ces catégories, ce sont toutes les agences réceptives qui organisent les événements qui ont été touchées de plein fouet. « Cet événement représente pour la plupart d’entre elles de 60 à 99% de leurs revenus annuels, explique Guy Antognelli. Si l’impossibilité de se réunir est maintenue, ils ne pourront pas non plus œuvrer sur des organisations d’événements privés qui constituent l’essentiel de leur activité le reste de l’année. »
Saisonniers et extras en première ligne
Bien évidemment, les emplois les plus directement menacés sont aussi « ceux des saisonniers et des extras, qui n’ont tout simplement pas été embauchés jusqu’à présent, et qui espèrent une ouverture prochaine des établissements pour lesquels ils ont l’habitude de travailler, rajoute Guy Antognelli. Cependant, même dans ce cas, la fréquentation et donc l’emploi seront conditionnés par les conditions forcément nouvelles d’exploitation et par les restrictions aux déplacements qui seront maintenues dans les pays émetteurs de tourisme. » Tout dépendra aussi de la date de réouverture des frontières… La situation à la fin de l’été ne sera forcément pas la même si les restaurants et hôtels ouvrent le 3 juin ou le 1er août… « De même si les frontières nationales à l’intérieur de l’Union Européenne sont ouvertes ou non, et si l’Espace Schengen prolonge la fermeture au-delà des dates déjà annoncées », précise encore Guy Antognelli
Chaos dans le ciel : des turbulences qui frappent Monaco
En effet, depuis début avril, la plupart des compagnies aériennes européennes sont quasiment à l’arrêt. Le transport aérien n’avait pas connu pareil coup de frein depuis 1940… A l’aéroport de Nice, la situation est également chaotique. Fin avril, Air China a notamment annoncé la suppression des trois vols hebdomadaires Nice-Pékin. Même en cas de déconfinement réussi, la compagnie ne reprendra pas son activité avec Nice avant (au mieux) le mois de septembre. Même chose pour les deux sociétés américaines, United Airlines et Delta Airlines, qui en raison du drame sanitaire qui se joue aux États-Unis, ont annulé tous les long-courriers à destination de Nice.
Pas de retour à la normale avant 2021 voire 2022
Les spécialistes estiment d’ailleurs qu’un retour à la normale n’est pas attendu avant 2021, voire 2022 dans le secteur aérien… Une situation qui, forcément, inquiète beaucoup la Principauté qui accueille chaque année des millions de touristes. « C’est évidemment un source d’inquiétudes pour l’aéroport qui subit de plein fouet une baisse inédite de sa fréquentation. Il est lui-même dans une situation de grande dépendance par rapport aux mesures d’ouverture ou de relâchement des grands pays qui nous entourent, constate Jean Castellini. Oui, c’est un pan tout entier de l’économie qui dépend de l’étranger pour la région voisine et pour la Principauté. Ce qui nous amènera à réfléchir dans un second temps à modifier le modèle de société qui est le nôtre. Et d’être plus dépendant de nos résidents et de nos voisins directs. »
