Au-delà des tests PCR, de nouveaux modes de prélèvement émergent pour détecter le coronavirus : les tests antigéniques et salivaires.
Monaco en a commandé, et les analyse actuellement pour évaluer leur efficacité.
Pour savoir si vous êtes malade de la Covid-19, l’un des prélèvements les plus fiables actuellement est le test PCR. « Aujourd’hui, c’est effectivement le meilleur, assure Alexandre Bordero, directeur de l’action sanitaire à Monaco. Il est fiable de 70 à 80 % selon la qualité du prélèvement.» Réalisé à l’aide d’un écouvillon enfoncé dans le nez, le PCR présente toutefois plusieurs inconvénients : il n’est pas agréable et le résultat n’est pas immédiat puisqu’une analyse en laboratoire est nécessaire. Depuis plusieurs mois, pour obtenir des résultats plus rapides et des tests plus confortables pour les patients, de nouveaux modes de prélèvement ont donc émergé : les tests antigéniques et salivaires. « Ils sont intéressants. Nous regardons et nous nous documentons. Nous les avons commandés et nous les expérimentons », a indiqué lors d’une conférence de presse début octobre Didier Gamerdinger, conseiller-ministre aux affaires sociales et à la santé.
Avantages et inconvénients du test antigénique ?
Quelle est alors la caractéristique principale du test antigénique ? Il permet de détecter une des protéines du coronavirus. En clair, si cette protéine est trouvée, c’est que le virus est présent. « Le souci est qu’il s’agit d’un prélèvement rhinopharyngé. Ce n’est donc pas forcément moins désagréable qu’un test PCR. Il est aussi un peu moins fiable », note Didier Gamerdinger. Même observation pour Alexandre Bordero : « L’avantage de ce test est que l’on a les résultats en 15 à 20 minutes. L’inconvénient est, effectivement, que ce sont là encore des tests rhinopharyngées ou oraux ( à savoir grattés au fond de la gorge). Il y a également une sensibilité plus faible que les tests PCR. » Autre problème : pour les tests antigéniques, il n’y a pas d’automatisation des processus, contrairement au PCR. « En clair, un laborantin ne peut manipuler qu’un tube à la fois. On ne peut pas industrialiser le test. Cela nécessite de la manipulation humaine. On peut donc en faire peu à la fois », note encore Alexandre Bordero.
Tests salivaires : moins douloureux mais moins fiables
L’autre piste en cours d’étude, ce sont les tests salivaires. L’avantage est qu’ils ne sont pas douloureux. « Soit on recueille un peu de salive sous la langue, soit on gratte le fond de la joue, explique Didier Gamerdinger. C’est intéressant car c’est moins agressif. Le problème est que ce test n’est pas très fiable. Les sociétés savantes considèrent qu’on peut utiliser ce type prélèvement sur des patients symptomatiques. Pour les dépistages des cas contact, ce n’est pas recommandé. » Selon Alexandre Bordero, que ce soit pour les tests salivaires ou antigéniques, il est préférable de les pratiquer sur des personnes symptomatiques, c’est-à-dire des patients qui ont une charge virale importante. « Car même si le test est moins sensible, il détectera quand même le virus. » Actuellement, ces tests sont donc « testés par l’hôpital. Nous allons voir ce que cela va donner », a conclu Didier Gamerdinger.
DEPISTAGE – Testing massif dans les écoles : la majorité au Conseil national est pour
Fallait-il tester l’ensemble de la communauté éducative de Monaco avant la rentrée scolaire 2020 ? Et faut-il faire un testing massif dans les établissements scolaires avant chaque retour de vacances scolaires ? Pour la majorité au Conseil national, la réponse est manifestement oui : « Nous regrettons que des tests de dépistage n’aient pu être proposés pour le personnel éducatif ainsi que pour les élèves, avant cette rentrée scolaire 2020, ce qui aurait permis de rassurer au maximum les parents, les enseignants mais également les personnels d’établissements, eux-mêmes demandeurs », a indiqué Marc Mourou, président de la commission jeunesse et éducation lors des récents débats budgétaires. Cet élu de la majorité a précisé que ce testing massif a été la stratégie retenue à Andorre « petit État comportant des spécificités communes avec Monaco, notamment en raison de l’afflux de touristes durant l’été ainsi que le nombre quotidien de travailleurs frontaliers. » Au total, selon ses chiffres, 11 000 élèves et personnels éducatifs ont pu être testés en Andorre avant la rentrée scolaire (qui a lieu le 9 septembre) avec des tests sérologiques mais aussi un test salivaire, appelé TMA. « D’autres pays ont également opté pour des tests plus rapides tels que les tests antigéniques pour l’ensemble de leurs enseignants et de leurs élèves », a encore rappelé Marc Mourou.
