Le Premier ministre français Jean Castex a annoncé à l’instant qu’un couvre-feu généralisé sera appliqué dès ce vendredi 23 octobre à minuit dans 38 nouveaux départements français, dont les Alpes-Maritimes ainsi qu’un territoire d’Outre-Mer, la Polynésie.
La mesure va durer 6 semaines. Monaco, pour l’heure, se dit uniquement « en état d’alerte et vigilant ». Et les autorités monégasques n’expriment pas pour le moment « d’inquiétude sur les capacités hospitalières » de la Principauté.
Comme on pouvait le redouter, le premier ministre français Jean Castex a annoncé à l’instant qu’un couvre-feu va bel et bien être instauré dans 38 départements, dont les Alpes-Maritimes. Il sera appliqué dès ce vendredi 23 octobre à minuit. Les sorties et les déplacements nocturnes seront interdits entre 21h et 6h du matin, et ce, pour six semaines, sous peine d’une amende de 135 euros , jusqu’à 3750 euros, en cas de récidive (1). Cette décision a été prise en raison de la grande circulation du virus dans ces départements, et pour éviter une saturation des lits de réanimation.
« Nous devons rester sensibles au fait que les indicateurs sont à la hausse à Monaco aussi »
A Monaco, pas d’annonce officielle de ce type pour l’heure, bien que les cas se multiplient aussi en Principauté. Selon les derniers chiffres livrés hier par les autorités sanitaires, dix patients Covid-19 sont pris en charge au CHPG : cinq patients (dont un résident) sont hospitalisés. Et cinq autre patients (dont trois résidents) sont soignés en réanimation. « Il n’y a pas d’inquiétudes des autorités monégasques sur les capacités hospitalières, confirme à l’Obs’ une source proche du gouvernement. Cependant, nous restons vigilants et en état d’alerte car la situation empire sur l’ensemble du territoire européen. Même si les chiffres restent bien plus favorables en Principauté qu’ailleurs, nous devons rester sensibles au fait que les indicateurs sont à la hausse ici aussi. » Demain soir toutefois, des annonces pourraient être faites par le gouvernement monégasque. Mais pas de couvre feu prévu selon nos informations.
Christian Estrosi avait lancé l’alerte dans une interview
Ce couvre-feu instauré dans le département des Alpes-Maritimes n’est pas vraiment une surprise, même si au départ, on croyait qu’il serait uniquement instauré sur la métropole niçoise. Dans une interview accordée au quotidien Nice-Matin le mardi 21 octobre, le maire de Nice Christian Estrosi avait déjà alerté sur la menace qui pesait : « « Je veux lancer l’alerte générale. Nous voyons une courbe qui, en France comme chez nous, ne cesse de progresser. On est dans une deuxième vague qui pourrait être plus forte que la première. Certaines métropoles sont en zone rouge écarlate, jusqu’à présent, nous étions nettement en dessous de ce seuil mais nous nous en rapprochons dangereusement. Je suis inquiet des résultats du prochain classement. On risque de subir des mesures comme le couvre-feu… », avait-il déclaré, estimant, de surcroît, que les services de réanimation sont quasiment saturés. Selon lui, « sur les 100 places Covid départementales de l’ensemble des établissements de santé, 81 lits sont occupés » et « il ne reste donc plus que dix-neuf lits de libres »
Objectif du couvre-feu : limiter les rassemblements
Pourquoi les autorités françaises ont-elles choisi ce confinement nocturne ? Le gouvernement estime que les interactions privées constituent une source importante de contaminations. « La majorité des contaminations touche aujourd’hui les jeunes gens, entre 15 et 40 ans (44% des contaminations entre 15 et 40 ans, 30% entre 40 et 65 ans). La plupart des contaminations se font de façon diffuse, lors d’interactions sociales, expliquent les autorités françaises. L’objectif du couvre-feu est ainsi de limiter les rassemblements durant lesquels les gestes barrières sont moins bien appliqués, où le virus circule rapidement, tout en limitant l’impact sur l’économie déjà mise à rude épreuve par l’épidémie. »
Dérogations
Des dérogations seront prévues pour se rendre chez le médecin, la pharmacie de garde ou l’hôpital, pour raison professionnelle, pour les déplacements en avion ou train (le billet faisant foi), pour l’aide aux personnes vulnérables ou précaires, pour motif familial impérieux ou garde d’enfant, pour une convocation judiciaire ou administrative ainsi que pour se rendre auprès d’un proche dépendant ou pour sortir son animal de compagnie.
(1) D’abord une amende de 135€, majorée à 375€ en cas de non-paiement ou de non-contestation dans le délai indiqué sur l’avis de contravention. En cas de récidive dans les 15 jours qui suivent, une nouvelle amende de 200€ majorée à 450€. Après trois infractions en 30 jours, la personne s’expose à une amende de 3.750€ passible de six mois d’emprisonnement.
