Dans une interview accordée hier sur Monaco info, le ministre d’Etat Serge Telle n’a pas souhaité encore parler de déconfinement en Principauté mais plutôt d’un prolongement du confinement au-delà du 15 avril inclus.
Il a en revanche donné des précisions sur l’approvisionnement des masques à Monaco et sur le dépistage massif.
Déconfinement par région, par âge ou après avoir passé des tests… En France, le gouvernement réfléchit aux différents scénarios possibles pour sortir du confinement. A Monaco, pour le moment, rien n’est officiellement décidé. Si ce n’est qu’un prolongement, au-delà du 15 avril inclus, est bel et bien – et sans surprise – la piste privilégiée « Le confinement produit ses effets en Principauté comme ailleurs. Cela nous permet de ne pas encombrer nos structures de santé. Nous devons poursuivre sur cette voie. Je ne vais donc pas vous parler de déconfinement, a déclaré hier soir Serge Telle, le ministre d’Etat sur Monaco info. Nous sommes plutôt engagés dans une logique de prolongement du confinement. Et nous devons le faire car, encore une fois , les résultats sont positifs. » Jusqu’à quand le gouvernement va-t-il alors prolonger ce confinement à Monaco ? Pas de date pour l’instant : « On va prendre les décisions dans les jours qui viennent », précise encore Serge Telle.
« Des commandes massives de masques » ont été passées à Monaco
Autre domaine qui fait débat à Monaco : les fameux masques. Le gouvernement assure que cela fait plusieurs semaines que « des commandes massives » ont été passées. « Je tiens d’abord à dire que notre personnel de santé médical et soignant n’a jamais été en manque de masques. Les stocks augmentent à Monaco, comme partout ailleurs dans le monde. Nous sommes donc en train d’élargir les catégories professionnelles qui bénéficieront de ces masques. Après le personnel prioritaire de l’hôpital et les médecins de ville, nous avons approvisionné les caissiers de supermarché qui ont un rôle absolument essentiel, et on va continuer à élargir le nombre de personnes qui auront accès aux masques. » Le ministre d’Etat reconnaît également que la doctrine d’utilisation de ces masques a changé par rapport au début de la crise sanitaire : « La science a avancé par rapport à l’utilisation de ces masques. On s’est aperçus que, notamment contre les postillons ,c’était très utile. D’où la labellisation d’un certain nombre d’autres masques alternatifs, notamment en tissu. On doit pouvoir porter des masques plus largement ». Est-il envisagé pour autant à Monaco, comme à Cannes ou Nice ,de rendre obligatoire le port du masque ? « Ce n’est pas encore d’actualité », répond Serge Telle.
Masques : le prince Albert II a écrit au président chinois
Qu’en est-il alors de l’arrivée de ces masques en Principauté ? Serge Telle assure que Monaco « a trouvé sa place » dans les structures d’approvisionnement, mais que la Principauté a effectivement rencontré des problèmes logistiques : « Des problèmes d’avion, de douanes, d’escroqueries, de pays qui se refermaient, de réquisitions à tel endroit, ce qui ne permettait plus aux avions de se poser, énumère le ministre d’Etat. A plusieurs reprises, le prince souverain , notamment au départ, a dû intervenir. Il a notamment écrit au président chinois . Cela nous a permis de débloquer, il y a quatre semaines, de très grosses quantités de masques, qui sont en train d’arriver aujourd’hui. »
Dépistage massif : « Ces tests sérologiques nous permettront d’y voir plus clair »
Autre sujet d’actualité : le dépistage massif de la population. « C’est une priorité, assure Serge Telle. Ces tests sérologiques nous permettront d’y voir plus clair. » Mais des précautions sanitaires doivent être prises en amont avant de pouvoir généraliser ce dépistage à grande échelle. « Nous avons besoin de pouvoir disposer de machines qui soient certifiées et dont l’efficacité et la sensibilité ne puissent pas être remises en cause. Vous avez vu la situation malheureuse en Espagne où, précisément, les tests n’étaient pas suffisamment efficaces. Les derniers chiffres font état de 13 000 morts dans ce pays…, alerte le ministre d’Etat. Nous ne voulons pas être dans une situation où parce qu’il faudrait tester à tout prix , nous achèterions des processus de test qui ne soient pas à la hauteur des exigences sanitaires indispensables à ce recensement de la population. »
