Depuis les menaces d’attaque nucléaire du président russe et les combats aux abords des centrales nucléaires en Ukraine, les pharmacies de nombreux pays font face à une demande croissante de comprimés d’iode. C’est le cas notamment chez le voisin français. Qu’en est-il à Monaco ? Qu’a prévu le gouvernement monégasque sur ce sujet sensible ?
Une multiplication des appels en pharmacies, des questions nombreuses aux médecins généralistes, mais aussi des recherches en hausse sur internet… Depuis le début de la guerre en Ukraine, et avec le spectre d’une menace nucléaire, l’inquiétude est montée d’un cran au sein des populations. En France, de nombreux habitants se sont rendus dans les pharmacies pour demander des pastilles d’iode. Qu’en est-il à Monaco ? Manifestement, comme chez le voisin français, la population de la Principauté s’est également ruée dans les officines monégasques pour cette demande très spécifique. « Durant quelques jours, nous avons eu effectivement une forte demande », indique Antonio Sillari qui dirige la pharmacie de Fontvieille. Même constat dans toutes les autres officines monégasques contactées par l’Obs’. Et partout, ce fut le même discours. Les comprimés d’iode ne sont pas disponibles en pharmacie.
Uniquement un stock détenu par l’État
Car effectivement, les officines à Monaco comme en France ne peuvent pas commander ce type de pastilles. Et encore moins les délivrer à la population sur simple demande. Car c’est bel et bien l’État qui détient tous les stocks d’iode. En France par exemple, en cas d’accident nucléaire, ce sont les préfets qui donnent, localement, la consigne de consommer ces comprimés. Comment la Principauté est-elle alors préparée face à l’éventualité d’un accident nucléaire ? Le gouvernement monégasque a récemment précisé sur Monaco info que la Principauté « dispose d’un stock stratégique de comprimés d’iode qui permet de prendre en compte la totalité de sa population, a rassuré Didier Gamerdinger, conseiller-ministre aux affaires sociales et à la santé. La bonne approche, celle que nous avons retenue à Monaco, c’est une distribution très rapide en cas de nécessité, dans les différents quartiers de la Principauté. Comme le font au demeurant la plupart des États voisins ayant retenu une approche identique à la nôtre. »
Inutile voire dangereux de prendre des pastilles en prévention
En revanche, tous les spécialistes mettent en garde contre ces traitements. Ils ne sont à prendre qu’en cas d’attaque ou d’accident nucléaire. « Il ne faut surtout pas prendre les comprimés d’iode prématurément car ils seraient inefficaces », a alerté à son tour Didier Gamerdinger. « En prévention c’est beaucoup trop dangereux », confirme-t-on encore dans une pharmacie monégasque. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) confirme en effet que consommer de l’iode sans que la consigne ne soit donnée expose à des risques pour la santé. Les comprimés peuvent entraîner de nombreux effets secondaires comme des nausées, des vomissements, des diarrhées, des maux d’estomac ou des palpitations cardiaques. Dans de rares cas, une hypothyroïdie peut se déclencher, avec une accélération du rythme cardiaque, des tremblements et de l’insomnie.
