C’est une technologie qui fascine autant qu’elle effraie… L’instauration de la reconnaissance faciale en Principauté fait son chemin. Un texte de loi est actuellement en préparation pour encadrer son usage. Richard Marangoni, contrôleur général en charge de la Direction de la Sûreté publique, nous explique en quoi cette technique serait utile à la police monégasque.
Le texte légiférant la reconnaissance faciale à Monaco est quasiment finalisé et devrait être probablement déposé au Conseil national au cours du premier semestre 2023. Si cette technologie est instaurée en Principauté, en quoi serait-t-elle une aide pour la police monégasque ?
Il y a beaucoup de questionnements, parfois des inquiétudes, autour de la reconnaissance faciale, mais en réalité il s’agit simplement d’automatiser un certain nombre de tâches que les policiers effectuent aujourd’hui de manière manuelle. Il s’agit d’un outil qui permettra de faciliter le travail des policiers, de le rendre plus efficace, plus rapide, afin qu’il puisse se concentrer sur les missions les plus importantes de protection des personnes et des biens. Seuls les visages de ces personnes recherchées seront intégrés aux dispositifs. Il ne s’agit pas du tout de surveiller les honnêtes gens, mais au contraire de leur rendre un meilleur service et d’assurer au mieux leur protection.
Pourriez-vous nous donner des exemples concrets d’utilisation ?
Il y a par exemple aujourd’hui des centaines de malfaiteurs qui font l’objet de recherches de la part d’Interpol, de mandats d’arrêts internationaux. Si l’un de ces malfaiteurs venait à circuler en principauté, il serait naturellement souhaitable que la police puisse l’arrêter. Or, aucun policier ne peut se souvenir de manière certaine et infaillible du visage de centaines de malfaiteurs. La reconnaissance faciale permettra d’identifier ces personnes qui sont recherchées par la justice pour des infractions graves, avec une efficacité et un niveau de fiabilité beaucoup plus importants que si ces recherches sont faites manuellement par un policier sur la base de la seule mémoire. Autre exemple, si un enfant a été égaré par ses parents près des plages ou du champ de foire, il faut regarder l’ensemble des caméras qui sont situées à proximité pour espérer le retrouver. La reconnaissance faciale permettra simplement, une fois que la photographie du visage de l’enfant recherché sera intégrée ponctuellement dans le système idoine, de questionner l’ensemble des caméras de la principauté pour retrouver au plus vite cet enfant perdu. Dans cet exemple, aucune image ne sera conservée une fois l’enfant retrouvé par la police.
Des inquiétudes sont tout de même exprimées par rapport à la protection des libertés individuelles : que répondez-vous à cela ?
Il faut redire que cet outil restera toujours sous le contrôle des fonctionnaires de police : c’est l’humain qui aura toujours le dernier mot. Cet objectif d’avoir une vidéoprotection plus rapide et plus efficace s’accompagnera aussi de l’objectif d’un déploiement de ces outils parfaitement conforme à l’État de droit et aux engagements internationaux de la Principauté en matière de protection des données personnelles. La Sûreté publique s’attachera naturellement à ce que ces améliorations technologiques ne se fassent pas au détriment du respect de la vie privée.

